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SXSW DAY 2 : Privacy is dead


Publié le 11/03/2019

Image actu BETC Digital est à Austin pour le festival interactif SXSW et nous partage chaque jour, en direct, ses impressions, trouvailles et surprises au fil des conférences, en direct du Texas.

 

Cette année, un mot revient à peu près dans toutes les conférences : la confiance. Et quel que soit le sujet abordé, les speakers se posent tous la même question : comment regagner la confiance des gens. Comment les plateformes peuvent-elle retrouver la confiance de leurs utilisateurs, après les multiples scandales qui se sont accumulés ces dernières années ? Comment les femmes et hommes politiques peuvent-ils retrouver la confiance de leurs concitoyens et leur donner à nouveau envie de croire à la politique ? La question est évidente, mais les réponses apportées varient en fonction des intervenants.

 

 

Privacy is dead

 

Prenez Amy Webb, l’une des grandes stars de SXSW, et fondatrice du Future Today Institute. Sa conférence du samedi matin est toujours pleine à craquer car elle édite un rapport sur les tendances technologiques qui traversent la société et les connecte entre elles pour nous donner des perspectives sur le futur. Elle nous expose notamment à sa première « mega trend » : « Privacy is dead ». Alors, oui, dit comme ça, ça ne vous étonne pas plus que ça. Mais pour elle, ce n’est plus une question, c’est un fait : elle accumule les preuves et nous parle à la fois des avancées spectaculaires dans l’analyse des données biométriques, dans la collecte des données ADN par les géants de la Silicon Valley comme 23andMe ou Ancestry, ou encore dans les modifications ADN rendues possibles par le procédé CRISPR. Très vite, on doit se demander comment rester maître de ses données biométriques ? Et d’ailleurs, à qui appartiennent les données que j’envoie « volontairement » à 23andMe ? « Privacy is dead » oui, mais on parle bien finalement de la « privacy » de notre corps et de l’ADN qui le compose… Un peu flippant n’est-ce pas ? Et évidemment, la question de la confiance dans les acteurs de ces nouvelles technologies se pose de manière centrale : qui me donne suffisamment de preuves de confiance pour que je lui donne mon ADN ? Les plateformes vont-elles pouvoir s’échanger ces données ? Les États peuvent-ils réguler ces nouveaux marchés en prenant en compte le bien des utilisateurs ?

 

 

Howard Schults, ancien patron de Starbucks propose un modèle alternatif

 

De vastes questions auxquels le rapport tente de répondre. Il est d’ailleurs disponible gratuitement en ligne ici et je ne saurais trop vous conseiller de le parcourir dans tous les sens, c’est une mine de data et d’analyse extrêmement impressionnante. La confiance, c’est encore le sujet de l’intervention d’Howard Schultz, ancien patron de Starbucks, milliardaire, et qui a annoncé il y a quelques semaines sa candidature à l’élection présidentielle en tant qu’indépendant. Il explique que le pays a une dette tellement colossale, de plusieurs trillions de dollars, qu’il ne faut plus compter sur le gouvernement seul pour améliorer la vie des citoyens américains. Il propose alors un modèle alternatif, dans lequel les citoyens peuvent et doivent faire confiance aux grandes entreprises pour améliorer leur vie quotidienne, leur offrir des salaires décents et une assurance santé digne de ce nom. Et il se fait fort, au vu de son passé, de convaincre tous les grands patrons d’avancer dans ce sens. Une pensée louable, mais le journaliste qui l’interroge semble douter de manière assez légitime : peu nombreuses sont les entreprises qui ont mis au cœur de leur modèle le bien-être et la rémunération juste de leurs employés !

 

 

Alexandria Ocasio Cortez veut redonner de la dignité à chacun

 

Enfin, dernière perspective sur la confiance, celle de la jeune Congresswoman démocrate du Queens, Alexandria Ocasio Cortez. Plus jeune élue du Congrès Américain à 29 ans, elle est accueillie en véritable star sur la scène de SXSW : salle debout et déjà conquise dès son entrée sur scène ! Elle se revendique fièrement « democratic socialist » et attaque frontalement le système politique tel qu’il existe aujourd’hui. Pour elle, le problème n’est pas que les socialistes pourraient nationaliser toutes les entreprises, mais bien que « les entreprises ont pris totalement le contrôle de notre gouvernement » à travers le système des lobbys à Washington. Et elle fait un plaidoyer assez enflammé pour convaincre la salle qu’il faut en finir avec la peur, peur du changement qui a été instillé dans l’esprit des gens par les politiciens depuis longtemps. Il faut au contraire, selon elle, avoir confiance dans l’avenir, avoir confiance dans les nouveaux représentants politiques dont elle est l’égérie pour redonner de la dignité à tout un chacun, quel que soit son travail, son origine sociale ou ethnique. Un discours qu’on a presque envie de croire, tant SXSW porte toujours un regard positif sur le futur !

 


 

 

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