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Observatoire Cetelem : les Français écartelés entre le pour et le contre le télétravail


Publié le 30/03/2021

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La dernière étude de L’Observatoire Cetelem montre notre rapport pour le moins compliqué au travail à distance. Entre tiraillements et opportunité, bons, et mauvais côtés, les Français auront les idées plus claires une fois cette pandémie maitrisée.

 

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L’euphorie des premières semaines a vite laissé un goût doux-amer dans la bouche des salariés. Lors du premier confinement, des millions de collaborateurs ont été contraints de travailler de leur domicile. Lors de la seconde mise sous cloche de notre pays au début du mois de novembre, près de la moitié des employés du privé (45%) ont été en télétravail et 23% l’ont été à temps complet, selon une étude réalisée par Harris Interactive pour le Ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. Du jour au lendemain, des personnes qui étaient habituées à se rendre chez leur employeur chaque matin ont dû apprendre à bosser dans leur salon, dans leur cuisine ou, pour les plus chanceux, dans un bureau ou leur jardin. Des études montrent que les télétravailleurs sont plus efficaces que les employés dans une société. Mais beaucoup d’actifs ont du mal à travailler seuls. Cette forme de « salariat à distance » aurait-il donc un « potentiel inexploité » ou ses adeptes mettraient-il trop en avant un « dogme excessif », s’interrogeait dans La Quotidienne d’INfluencia, Isabelle Rouhan qui dirige le cabinet de recrutement et d’outplacement Colibri Talent. La réponse à cette question pourrait être celle d’un Normand…

 

 

Lassitude, quand tu nous tiens

 

L’Observatoire Cetelem, accompagné par Harris Interactive, vient d’interroger 1 000 Français sur leur rapport au travail et à ses nouvelles modalités. Cette étude réalisée tout juste un an après le début de la pandémie montre l’ambivalence des salariés vis à vis de leur « nouvelle vie ». Suite à la crise sanitaire, le travail a pris une place plus importante dans leur vie pour 31% d’entre eux, notamment chez les jeunes (41%). Presque la moitié des actifs (49%) déclare avoir été amenée à télétravailler depuis mars 2020. Un chiffre encore plus élevé dans l’agglomération parisienne (69%), et au sein des métiers qui s’y prêtent plus facilement, comme les cadres et les professions libérales (73%). Accueilli globalement de manière positive pendant le premier confinement (74% des sondés qui ont télétravaillé durant la période l’ont bien vécu), il commence néanmoins à provoquer une certaine lassitude : 32% des employés qui télétravaillent depuis le second confinement de notre pays vivent cette pratique comme une contrainte. Les Français, oscillent entre les bénéfices et les inconvénients que représente le travail à distance...

 

 

 L’œuf et la poule

 

Eviter le « métro, boulot, dodo » nous fait gagner du temps (77%) notamment dans les transports pour les habitants de la région parisienne (65%). Il offre aussi plus de flexibilité (75%), que ce soit dans l’organisation du travail ou de la vie quotidienne, et permet de réduire ses dépenses (48%). Mais le télétravail engendre également des contraintes, que ce soit de l’isolement (52%), la perte de la convivialité (37%), ou encore de la sédentarité (32%). 22% de ceux qui le vivent mal actuellement déclarent souffrir d’une mauvaise installation et 18% d’un manque de matériel informatique adapté. Mais c’est surtout l’affaiblissement des liens sociaux (46% d’entre eux) et le découragement face à une situation sanitaire qui s’éternise (45%) qui les dépriment. Les interactions habituellement associées à la vie professionnelle manquent aux employés :  discussions entre collègues (73% des actifs occupés),  déjeuners (68%), ou événements festifs ponctuels (63%). « J’ai été surpris de voir l’importance qu’avaient les déjeuners entre collègues, reconnaît Flavien Neuvy, le directeur de l’Observatoire Cetelem. Cela prouve bien que c’est le contact humain qui manque le plus aux télétravailleurs qui montre aujourd’hui des signes d’un véritable épuisement moral. »

 

 

Un marché de l’emploi bouché

 

Pour environ 1 actif occupé sur 3, la crise a également eu un effet délétère sur ses perspectives d’avenir professionnel. Elle aurait, selon lui, réduit ses possibilités de recevoir une promotion et des primes (33%) tout en augmentant sa charge de travail (31%). La pandémie a aussi eu un impact négatif sur le marché de l’emploi (32%). Mais ces graves inconvénients n’empêchent pas les salariés de vouloir continuer à télétravailler. Bien au contraire.

 

 

7 Français sur 10 souhaitent la généralisation du télétravail

 

La généralisation du télétravail est en effet souhaitée par plus de 7 Français sur 10 (72%). Les actifs aimeraient télétravailler en moyenne 2,3 jours par semaine, et pratiquement la moitié d’entre eux (49%) apprécierait, au moins de temps en temps, pouvoir travailler dans un tiers lieu comme un espace de coworking. Plus plus des trois-quarts des sondés (76%) pensent que le télétravail est une bonne chose tant pour les entreprises que pour les salariés (76% également). Les télétravailleurs se montrent plus positifs que le reste des Français, surtout lorsqu’il s’agit d’évaluer l’effet de cette pratique pour eux, personnellement : ils sont 38% à estimer que le télétravail est une très bonne chose pour eux (contre seulement 28% en moyenne chez les actifs). Beaucoup souhaiteraient même qu’il se développe (72%). Les jeunes actifs de 25-34 ans (83%) et les habitants de l’agglomération parisienne (82%) y sont encore plus favorables, tout comme les Français qui ont travaillé à distance ces douze derniers mois (81%).

 

 

Vivement un retour à la normale

 

Cette dichotomie qui semble déchirer les employés révèle un profond bouleversement dans notre rapport au travail. « Le sentiment qui ressort de cette étude est qu’il y aura un « avant » et un « après » cette crise sanitaire, conclue Flavien Neuvy. Le télétravail qui était très peu utilisé avant l’arrivée de la Covid-19 est entré dans les mœurs mais nous devons encore trouver un juste milieu pour satisfaire les actifs. » Cet équilibre fragile entre nos vies professionnelles et privées n’a toujours pas été atteint. Les vrais-faux confinements qui bouleversent actuellement nos journées nous empêchent d’atteindre cet objectif. Le télétravail trouvera sa place définitive dans notre pays lorsque notre quotidien aura retrouvé un peu de normalité. Patience…

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