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« Couple-Free Living » : vers de nouveaux codes amoureux


Publié le 25/06/2019

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Polyamour, pansexualité, femmes « childfree », rencontres express 2.0, relations sexuelles fictives… les codes amoureux se réinventent plus que jamais. Extrait du nouveau trend book « SocioTrends 2020 », le bureau de tendances et prospective Vitamin fait le point pour Influencia sur la tendance « Couple-Free Living », soit la redéfinition des lois de l’amour.

 

Pendant des siècles, la société a été structurée autour du concept de couple monogame marié avec enfants, composant ainsi traditionnellement le concept de « foyer ». Mais avec des taux de mariage en baisse, plus de personnes vivant seules, la montée de la monoparentalité, la remise en question de la binarité du genre et de la monogamie, l’explosion des sites et applications de rencontre… les codes de l’amour se modifient. Le fait de ne pas vivre en couple ou de ne pas être parent n'est plus considéré comme une anomalie, voire est parfois perçu comme libérateur. Avec en ligne de mire le fait que ces nouveaux statuts à l’ère contemporaine donnent lieu à une plus grande diversité de relations amoureuses à explorer.

 

La montée des amours plurielles ou « polyamour »

 

Le polyamour suppose la multiplication des relations amoureuses, indépendantes les unes des autres, de façon honnête, transparente et libre. C’est le concept étudié dans la série américaine ‘Wanderlust’ (2018) dans laquelle Joy Richards, une thérapeute, tente de raviver la flamme dans son couple et se demande si la monogamie est la meilleure solution pour se faire. Dans son livre « Le nouveau Guide des amours plurielles » (2019), la sociologue française Françoise Simpère explique que « le polyamour, c’est oublier le couple et inventer ses propres valeurs d’amour ».

 

 

Série ‘Wanderlust’ (2018)

La démocratisation du mouvement « childfree »

 

Dans « La Servante écarlate », série américaine télévisée adaptée du best-seller de Margaret Atwood, une catastrophe naturelle entraîne une infertilité généralisée. Le besoin d'être mère est en ligne de mire. À l'inverse, pourtant, des femmes choisissent de ne pas se reproduire. Aux États-Unis, de plus en plus de femmes défendent un mode de vie sans enfants, 100% assumé et décomplexé, on les appelle les « childfree », et elles sont en pleine expansion. Le Huffington Post américain et l’institut de sondage YouGov ont demandé à 124 femmes pourquoi elles ne désiraient pas avoir d’enfant. Si c’est un choix propre à chacune, quatre grandes catégories ressortent dans leurs réponses : elles préfèrent leur style de vie actuel (64%), elles n’aiment pas les enfants, ont de mauvaises relations avec leurs parents, ne veulent pas de responsabilité financière ou ont préférént privilégier leur carrière (9%).

 

Mouvement « childree » aux Etats-Unis

 

 

Les rencontres amoureuses 2.0

 

Selon la sociologue française Marie Bergström, qui publie « Les nouvelles lois de l’amour » (2019), à l’ère des applications de rencontre, le véritable changement dans la nature des relations serait la « privatisation de la rencontre ». Autrement dit, on se rencontre sans l’intervention de ses proches, loin de leur regard et de leur jugement moral, ce qui permettrait de libérer les comportements. Notamment, ces sites de rencontres hétéros permettent plus facilement aux femmes d’avoir des histoires d’un soir, analyse la sociologue.

 

Mais ces nouvelles formes de rencontres ont leurs limites : dans le roman de fiction « L’Amour sous algorithme » (mars 2019) de Judith Duportail, une jeune femme essaie de rebondir après une rupture amoureuse en s’inscrivant sur l’application de rencontre Tinder. Après avoir goûté aux joies de la rencontre facile, elle s’aperçoit que l'application note secrètement ses utilisateurs sur leur “désirabilité”. C’est ainsi qu’elle met tout en œuvre pour décrypter les rouages des algorithmes et de son intimité…

 

 

 

 

Vers des relations sexuelles fictives

 

Vous avez dit partenaire sexuel ? Oui, mais ce ne sera ni votre conjoint, ni votre ex, ni votre dernière rencontre… BorDoll, à Dortmund en Allemagne, est la première maison close de poupées sexuelles, toutes venues de Chine. Les clients, tous masculins et âgés de 18 à 34 ans, sont invités à faire un tour pour une nouvelle expérience tarifée 80 euros de l’heure.

 

Franchissant un pas supplémentaire, un article du média Usbek & Rica publié en janvier 2019, de la journaliste Maïa Mazaurette, auteure de plusieurs romans, essais et BD sur les questions de sexualité, envisage un scénario futur selon lequel les relations sexuelles pourraient demain être pratiquées avec des… robots.

 

BorDoll à Dortmund

 

 

La trend book « SocioTrends 2020  » by Vitamin, par ici.

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