AccueilETUDESVICTIMES DES RéSEAUX : LA CYBER-VIOLENCE PERSISTE CHEZ LES JEUNES

Victimes des réseaux : la cyber-violence persiste chez les jeunes


Publié le 05/02/2019

Image actu

La dernière enquête #Moijeune de 20 MinutesXOpinionWay, qui compte déjà plus de 70 études réalisées auprès des 18-30 ans, met en lumière le cyber-harcèlement que subissent les jeunes Français. Une consommation des Internets pas toujours saine et dont les conséquences sur la santé mentale peinent à être considérées. 


 

À mesure que le monde digital s’épanouit et prend ses aises, de nouvelles locutions font leur entrée et s’installent profondément dans la culture ambiante. Ainsi, « hashtag »,  « feed », « influenceur », « chatbot », « datavore » deviennent monnaie courante. Malheureusement, des mots à connotation bien moins enthousiasmante prennent aussi place dans le vocabulaire des Français. Parmi eux : « cyber-sexisme », « cyber-harcèlement »  ou encore « cyber-violence ».

 

Et pour cause, 63% des 20-24 ans font l'objet d'agression verbale sur les réseaux sociaux. La dernière enquête réalisée par 20 Minutes et OpinionWay : «  #MoiJeune », qui s’attelle a mieux comprendre les comportements et attitudes de nos nouvelles générations, se penche aujourd’hui sur la question du cyber-harcèlement et ses jeunes victimes. Des chiffres inquiétants résumés en quatre points clés.

 

 

Une cyber-violence sans frontière de genre ou de relation

 

Première donnée et pas des moindres, 53% des 18-30 ans ont déjà subi au moins une situation de cyber-violence sur les réseaux sociaux. Une expérience qui concerne aussi bien les femmes (51%) que les hommes (54%).

 

Et si vous pensiez courir alerter votre ado des dangers qu’il encourt à la vue de ce chiffre, ne vous méprenez pas : 37% d’entre eux connaissent personnellement des victimes. Un sujet qui fait partie de leur réalité et ne surprend plus. Pire encore, ils sont 35% à avouer avoir fait subir au moins une situation de cyber-violence à autrui. Entre l’amour et la haine il n’y a qu’un clic, c’est bien ça ?

 

 

Un laxisme sur tous les fronts face à l’impact de ces violences numériques

 

Si plus d’un tiers des jeunes admettent avoir été témoins de cyber-violence, 37% d’entre eux n’ont pas pour autant agit pour dénoncer ces comportements. Manque de moyens pour se mobiliser, fausses excuses, lâcheté ? Comment justifier une telle non-assistance à personne en danger ? La frontière poreuse entre le réel et le virtuel laisserait-elle penser que les incitations verbales à la haine de 140 caractères sur Twitter n’ont pas d’impact sur la santé mentale de la victime ?

 

Selon 36% des répondants, « rien n’a été fait » après leur signalement. Et parmi les victimes, seulement 12% ont informé leur entourage à chaque fois, 26% certaines fois mais une majorité écrasante (61%) a préféré s’en cacher par honte ou par peur des représailles. En plongeant dans cette donnée, on note aussi que les hommes (29%) informent significativement moins souvent leurs proches que les filles (46%). Ah ! la fierté masculiniste...

 

 

Un manque de soutien et d’information

 

Mais si la plupart des individus restent silencieux face aux violences qu’ils subissent, c’est aussi parce que celles-ci peinent encore à être considérées comme telles : importantes, virulentes et non sans conséquences. Parmi les situations de cyber-harcèlement les plus fréquentes, on note les insultes (29%), les moqueries (27%), le tag sur une photo inappropriée (21%) ou encore les propos diffamatoires (13%).

 

Des actions jugées anodines qui pourtant conduisent beaucoup à la dépression, à un déséquilibre mental ou la perte de confiance en soi menant parfois jusqu’au suicide. Et bien évidemment, les lois et les interlocuteurs à activer sont encore flous et les faits toujours considérés comme « virtuels », donc illégitimes : 25% des sondés ne savent pas que le cyber-harcèlement est puni par la loi. Résultat, seulement 4% des victimes ont porté plainte.

 

 

La vigilance comme seule arme

 

Tandis que les plans d’action et représailles clairs et légiférés tardent à impacter les mentalités, les Français s’arment comme ils peuvent de méfiance et de vigilance avec l'espoir d’un cadre plus sain pour leurs prochains. Flairer le danger d’accord, mais où exactement ? L’étude révèle que 81% des jeunes victimes ont été harcelées sur Facebook. Il semblerait que l’atmosphère amicale que Mark Zuckerberg promet sur sa plateforme soit quelque peu illusoire…

Commentez


VOUS POURRIEZ AIMER AUSSI



Abonnez-vous à la revue
RECHERCHER PAR