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Génération Green : pourquoi et comment les jeunes s’engagent-ils ?


Publié le 11/03/2020

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Engagée, revendicatrice et inspirée, loin de céder à un certain fatalisme climatique, la génération green prend place. Une relève citoyenne à la rescousse d’un monde en mal de durabilité met aux défi le monde actuel de se transformer, et vite. Mais qu’en est-il en pratique ? Les jeunes changent-ils leurs modes de vie pour respecter la planète ? Sont-ils en train de convaincre leurs propres parents de changer leurs habitudes de consommation ? En quoi la mobilisation de la jeunesse transforme-t-elle la société française ? Réponses en étude chiffrée de faireparterie x GECE.

 

 

Symptomatique d’une époque où le fracas de nos industries capitalistes ne passe plus inaperçu, les citoyens prennent la parole et légitiment leur place comme acteurs du monde face aux politiques inefficaces. Parmi eux, une jeunesse bouillonnante, née après 2000, dans une explosion digitale facilitant incontestablement leur engagement. Résultat, pas un climato-sceptique à l’horizon. Ambitieux, antispécistes et franchement à gauche, ils et elles ont des choses à dire et à faire, et osent. Avec Greta Thunberg en porte parole intrépide, les attentes ne manquent pas et la communication suit. La faireparterie, spécialisée dans les faire-part éco-responsables, a mené l’enquête en France avec l’institut de sondage Gece en interrogant 1 000 jeunes parents dont les enfants sont agés de 6 à 18 ans sur ce nouveau type de dynamiques.


 

 

Le rôle et l’opinion des parents 

 

Face à l’implication de leurs enfants sur les sujets politiques bouillants que sont notamment l’urgence climatique, quelles opinions et encouragement des parents ?  56 % d'entre eux croient au pouvoir des initiatives des jeunes pour la planète. Responsables de leur éducation, ils sont 85 % à dire s'intéresser aux problématiques du changement climatique, 31 % s'y intéressant même « beaucoup », assurent à 66% que leurs enfants (de 6 à 17 ans) aussi. Et pour cause, ils sont 78% à penser que les conditions actuelles promettent à la génération de leurs bambins une moins bonne vie. Un sujet de conversation familial hebdomadaire (37%) voir quotidien pour 18% des familles avec enfants.  

 

 

Parentalité inversée 

 

Même si nés à une époque définitivement moins avertie, ils sont 65 % à avoir déjà entendu parler de l’éco-citoyenneté et 83 % à vouloir  transmette ces valeurs à leurs enfants. Penser à éteindre les lumières en quittant une pièce, s’assurer de ne pas utiliser de l’énergie inutilement, trier ses déchets… Des gestes quotidiens nécessaires qui pourtant ne suffisent pas. En regardant le phénomène de plus près, le sondage note que 22% des enfants sont mieux renseignés que leurs parents sur les problématiques de l’écologie ! A cela s’ajoutent 16 %  qui vont jusqu’à déclarer que leur enfant est un ambassadeur de l’écologie à la maison et que 14 % d’entre eux désirent travailler plus tard dans une entreprise éco-responsable. Une information qui  donne du sens à l’expression  « OK Boomer » employée par les jeunes pour tourner au ridicule les commentaires hasbeen de la génération des papy boomers. 


 

 

« Dépression verte »

 

À la traine donc, mais conscients ! 50,3 % des parents adoptent des comportements écologiques influencés par leurs enfants. Une étude réalisée par Opinea en 2017 dévoile que 91 % des parents effectuent leurs décisions d’achats en fonction de leurs enfants, notamment en matière de choix des produits textiles. Et pour cause, ils ne sont que 3% à penser que la génération X vivra mieux que la leur…un phénomène nouveau que les psychologues qualifient de « dépression verte ». Un mal déjà bien connu des militants verts, qui tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs décennies. La France, championne mondiale du déclinisme, confirme être inquiétée par le réchauffement climatique et n’avoir que peu d’espoir pour les conditions de vie des générations futures. 

 

 

 

Concrètement, que font nos jeunes ? 

 

74 % des parents ont déjà entendu parler d’initiatives de jeunes pour la planète, et 76 % ont une opinion positive de ces initiatives : 56 % croient que les jeunes peuvent entraîner de réels changements, et  21 % croient que ces initiatives ont un impact fort. Ils sont ainsi près de 30 % à soutenir et à inciter leurs enfants à participer à ces initiatives. Quand à l’ambassadrice Thunberg, un petit 24 % dit admirer son engagement, tandis que  54 % pensent que les politiques devraient s’engager plus.  De manière plus classique, l’école ne semble pas y être pour rien dans la transmission de valeurs écocitoyennes, et 91% des parents en sont reconnaissants. À la rentrée 2019,  Jean-Michel Blanquer déclarait sur le réseau social Twitter que « l’action pour l’environnement est au cœur de cette rentrée scolaire », le but étant de « permettre aux élèves de s’approprier les enjeux de la lutte contre le changement climatique et de la préservation de la biodiversité, de façon scientifique, pédagogique et civique ». Depuis l’inscription de l’Éducation au Développement Durable (EDD) dans les programmes scolaires en 2004, les établissement scolaires sont encouragés à inciter leurs élèves à avoir une conduite éco-responsable. Entre les mots et les actions, affaire à suivre.

 

Mais au delà des l’école, la consommation change. À titre d’exemple et selon l’Institut Français de la Mode, le marché des vêtements d’occasion pèse près d’un milliard d’euros en 2018. 30 % des Français ont acheté au moins un vêtement d’occasion cette même année. Une tendance qui touche les millénials et les 18-24 ans en majorité : ils étaient 46 % de plus à choisir ce type de consommation qu’en 2017. D’ici 2028, d’après une étude de Thred Up, le marché du seconde main devrait peser plus lourd que celui de la fast fashion. Grâce au boum des réseaux sociaux et des applications en tous genres, la Génération Climat peut facilement adopter des habitudes durables de manière ludique.

 

Aussi, le « vendredi pour le climat » ou « Fridays for Future » à l’international, lancé par la militante suédoise de 16 ans voit un taux de participation mondial dépasser les 6 millions en septembre 2019. Un mouvement en ébullition qui promet. 

 

 

Changer nos modes de vie

 

Pour 84 % des parents, leurs enfants sont prêts à changer leurs comportements de consommation et la moitié des parents prend en compte l'avis de ses enfants dans ses comportements écologiques. 

 

La où la jeunesse agit, les parents, eux, se déclarent plus pessimistes pour le futur que connaîtront leurs enfants. Ils souhaitent leur transmettre des valeurs utiles pour les décénnies à venir, tout en apprennant eux-mêmes à adopter de meilleurs codes de conduite. Car si changer la société d’un jour à l’autre peut sembler difficile, une première étape consiste à éduquer et sensibiliser à la question.

 

 

 

Infographies tirées de l'étude faireparterie x Gece

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