AccueilETUDESALIMENTATION 3.0 : QUEL IMPACT SUR NOS ASSIETTES ?

Alimentation 3.0 : quel impact sur nos assiettes ?


Publié le 24/11/2019

Image actu

Après le flexitarisme, et  l’impact des genres sur nos habitudes alimentaires,  le MeatLab de Charal vient d'achever sa troisième table ronde ronde avec des spécialistes pour parler d’alimentation connectée. Compte-rendu.

 

 

Imaginé comme un « laboratoire sociétal », le MeatLab Charal s’arme chaque année d’experts pour mieux comprendre  et analyser les enjeux qui rythment nos comportements alimentaires. Avec en ligne de mire l’invasion d’applications en vogue que sont Yuka, Y-a quoi dedans ? ou FoodAdvisor, utilisées frénétiquement par chaque fois plus de consommateurs comme pour garder le contrôle sur leur nutrition, une discussion s’impose. Comment le digital impacte-il notre alimentation ? Et dans quel sens ? 

 

 

Grand boom des app en zone urbaine


En collaboration avec l’IFOP, la marque propose une étude clé en main. Au sortir de cette table ronde, quelques conclusions s'imposent : l’intérêt du grand public pour ces application est croissant : 1 Français sur 2 connaît aujourd’hui au moins une application alimentaire et 1 sur 4 en est utilisateur. Un chiffre impressionnant quand on sait que 76 % des utilisateurs l’utilisent depuis moins d’un an. Évidemment, ces outils et ce temps passé ne concerne pas tout un chacun. Parmi les clients fidèles, une grande majorité d’urbains, de familles et de CSP+. tandis que pour 90% des utilisateurs, ces applications sont utiles en tout lieu ! 

 

Utilisation croissante donc, et influence notable aussi. On observe un impact réel des applications sur les habitudes d’achat de produits alimentaires puisque plus de 1/3 des utilisateurs changent de marque si le résultat n’est pas conforme. Pour les produits « veggie », plus d’un consommateur sur deux n’hésite pas à changer. Quant aux produits transformés, leur impact a été flagrant sur les comportements d’achat (environ 80% d’abandon d’achat sur les snacks, plats cuisinés et traiteur végétaux  contre 70% sur la viande rouge et la volaille)

 

 

Réseaux sociaux : quelle influence ?

 

Au-delà de ces applications, les réseaux sociaux et le poids des communautés qui s’y créent influencent également nos habitudes. Sur Instagram, le hashtag #food représente plus de 360 millions de posts et, sur Facebook, ce sont plus de 1 milliard d’interactions par mois. #Vegan #foodlover #foodporn #healthyfood et j’en passe : les hashtag twitter et comptes instagram dédiés à des particularités alimentaires nourrissent les comportements, tout comme leur lot d’influenceurs nous impactent au quotidien. Comme pour parfaire une construction identitaire toujours renouvelée, les habitudes alimentaires se modèlent et s’ajustent au fil des évolutions technologiques et nouvelles propositions. 

 

 

Connection sans limites

 

Les technologies d’objets connectés en lien avec la consommation alimentaire en sont encore au stade du balbutiement mais n’ont pas fini de modifier notre façon de manger. Poêle intelligente, balance connectée, les possibilités sont infinies et viennent compléter d’autres tendances, comme l’alimentation personnalisée (avec l’exemple de plates-formes web offrant des programmes personnalisés de prise de vitamines). Toutes ces innovations apportent un regard strictement nutritionnel qui est en rupture avec le modèle alimentaire traditionnel français, basé sur le plaisir et le partage des repas. 

 

 

Quel équilibre alimentaire dans une société hyperconnectée ?

 

Warning, on remarque également des incohérences dans les résultats proposés par ces applications. Si la composition des produits est le critère d’évaluation le plus important (présence d’additifs, quantité de sucre, de sel, de graisse, de certains ingrédients) : des critères en lien avec la santé donc, l’origine, la traçabilité du produit ou la présence de label (bio…) passent au second plan. À l’heure actuelle, aucune de ces applications ne prend en compte tous les indicateurs et critères des produits (nutrition, impact environnemental, origine, etc.), ni la quantité à consommer ou réellement consommée.  

 

Pour la marque, « il est important de garder en mémoire qu’au sein de ces univers digitalisés, il existe une distorsion réelle entre la vraie vie et ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux. Les adolescents constituent une population fragile et vulnérable face aux réseaux sociaux. Sensibles à ce qui se dit sur le web, ils ne jurent que par certains profils d’influenceurs et peuvent à la longue développer des tics en imitant des comportements alimentaires extrêmes ». Selon Ysabelle Levasseur, diététicienne-nutritionniste, le mangeur connecté est informé mais il reste encore en phase d’apprentissage dans le décryptage des produits. De plus, les informations dont le consommateur dispose sur les réseaux sociaux sont celles de la communauté qu’il a choisie, qui va donner des conseils sans légitimité. On note effectivement une confiance élevée de 8/10 chez les utilisateurs d‘applications.

 

Néanmoins, les applications ont du bon car elles ont rendu le patient ou le consommateur plus acteurs de ce qu’ils mangent. « Ces outils pointent du doigt les sujets et permettent de se poser les questions sur ce que l’on a dans l’assiette, et de prendre conscience que ce que l’on mange peut avoir un impact sur sa santé et la planète. On observe un cercle vertueux avec des applications qui incitent les marques à modifier leurs recettes afin de répondre au mieux aux attentes des consommateurs », souligne-t-elle. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentez


VOUS POURRIEZ AIMER AUSSI



Abonnez-vous à la revue
RECHERCHER PAR