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Les jeunes et la mobilité : quel est le meilleur chemin ?


Publié le 16/02/2018

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La mobilité de l’Homme est un sujet qui revient sur la table chaque année avec de nouveaux enjeux, de nouvelles solutions et de nouveaux freins. Si sa fluidification est incontestable avec la démocratisation des transports, du voyage, de la soif de découvrir «  l’étranger » et d’accéder à tout, tout de suite et sans problème, il n’est pas moins vrai que des freins subsistent empêchant les citoyens à s'ouvrir et se former au monde d'aujourd'hui et de demain. 

 

 

En écrivant « l’Homme est un roseau pensant » Blaise Pascal résume bien la situation. Malgré la force de la nature qui tend à dispenser les hommes d’une mobilité totale à travers le monde, l’Homme pense, réfléchi, s’ouvre au monde, trouve des solutions et en fait sa force ultime. Citoyen c’est bien, citoyen du monde, c’est mieux. INfluencia qui a consacré une de ses revues à la mobilité en rappelle le caractère essentiel pour l’Homme : « Puisque l’immobilité caractérise la mort, la mobilité c’est la vie, le mouvement ». En effet la mobilité, physique ou mentale est un gage d’ouverture sur le monde et sur soi-même. Elle permet d’appréhender les enjeux sociétaux d’une manière plus frontale et ainsi de se former en tant que citoyen, et professionnel. « La mobilité peut aussi se définir par sa dimension intellectuelle, psychologique, mentale. Être mobile, c’est être capable de changer sa vision du monde, ses habitudes, ses attitudes, ses comportements. C’est s’adapter à son environnement pour y trouver sa place et si possible progresser », détaille le sociologue Gérard Mermet.

 

 

Mobilité étudiante : essentielle mais dysfonctionnelle

 

Une récente étude d'Opinion Way et Smartrenting pour Airbnb France, menée sur la question du logement dans les projets de mobilité des jeunes, analyse leurs comportements, leurs freins et leurs motivations. Les résultats sont sans appel : au delà de l’aspect récréatif, 60% des projets de mobilité permettent de gagner en compétence professionnelle. Entre 2010 et 2015, on compte +37% d’étudiants en mobilité internationale. Par ailleurs, à l’occasion des 30 ans du programme de mobilité étudiante internationale Erasmus cette année, on constate que la France est le premier pays à y « exporter » ses jeunes. Thibault Martin, CEO et co-fondateur de Smartrenting apporte son brin d'optimisme à la bataille de la mobilité en ajoutant que 56% des moins de 30 ans ont un projet de mobilité pour l’année 2018 dont 61% de 18-24 ans et 79% en écoles supérieures types commerce ou ingénierie. Leur motivation ? A 60% pour se professionnaliser et gagner en compétence. Mais qui devrait s'étendre à bien davantage car on compte actuellement, selon l'étude, près de 2,6 millions d’étudiants en France, et ils passeront, en 2025, la barre des 3 millions.

 

Dans une société française où l’éducation rime en principe avec excellence, la mobilité est devenue un prérequis pour se former au monde de demain. La maîtrise de celle-ci est donc essentielle à l’épanouissement du futur professionnel. La question est alors d’identifier les principaux freins à la mobilité et de les solutionner. Sans grande surprise, il y a le coût bien évidemment, malgré une démocratisation du transport, et le logement. Deux paramètres non négligeables car si cette jeunesse a envie d’apprendre et de se former, elle est souvent dans la précarité, un frein à sa mobilité. « Les profils d’étudiants « mobiles » sont plutôt issus d’un milieu favorisé. Il y a donc injustice sociale dans cette mobilité. Il est essentiel que les pouvoirs publics puissent se saisir du sujet pour permettre aux jeunes, peu importe leur statut social, d’être mobiles », constate Jimmy Losfeld, Président de la Fédération des Associations Générales Etudiantes. « L’hébergement est la clé d’entrée à la mobilité. Cette clé doit rester le plus démocratique possible », poursuit Emmanuel Marill, Directeur général d’Airbnb France.

 

 

Quelles mesures pour les citoyens du monde de demain ?

 

« La problématique du logement est un frein majeur à la mobilité. Plus d’un jeune sur deux préfère conserver son logement quitte à payer un deuxième loyer », complète Thibault Martin. Sous-location, une solution ? Si 77% des Français s’accordent à penser que celle-ci est illégale, Smartrenting, entre autres, est là pour leur expliquer que non. Agence spécialisée dans cette pratique, elle accompagne les locataires dans leur démarche et s’improvise « concierge » pour la gestion des biens de locataire, en accord avec les propriétaires. Qui tente rien, n’a rien, il s’avère en plus que 80% des propriétaires avertis du projet de sous-location de leur locataire sont d’accord. Au delà de la sous-location, le modèle disruptif des plateformes d’hébergement provisoire entre particuliers se développe et diversifie son offre pour s’adapter au freins identifiés (système de co-hôte, partage des revenus avec le propriétaire, conciergerie etc) tout en collant aux valeurs de leurs cibles : les jeunes. En effet, « Le modèle de mobilité des plateformes communautaires de location correspond bien aux attentes des millennials : un cadre authentique, unique, immersif », confirme Emmanuel Marill « Sur Airbnb, par exemple, 1 hôte français sur 5 a moins de 30 ans ». Si l’intervention de l’État par la législation semble être un point de passage non négligeable pour optimiser pleinement les flux de mobilité, il semblerait que les jeunes n’ont pas peur de trouver des alternatives pour pallier à leurs difficultés matérielles. Et répondre à cette volonté obligatoire !

 

 

 

 

 

 

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