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S’intéresser au PIB du bonheur des Français


Publié le 02/05/2016

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Une enquête de la Fabrique Spinoza dévoile le besoin, pour nos compatriotes, de remettre le bonheur au cœur des préoccupations françaises. Une demande à ne pas prendre à la légère…

 

Le Français, fidèle à lui même, passe beaucoup de temps à râler et à revendiquer. Des attitudes qui semblent nous faire défaut mais qui cachent au plus profond d'elles, une envie de mieux vivre et de ne pas se sentir exploiter. Et pourquoi ? Peut-être pour atteindre une forme de plénitude sociale où le bonheur régirait notre vie. Car notre culture est ainsi faite. Aujourd’hui un Français ne se reconnait pas à travers son amour pour un drapeau ou ses origines. Mais à travers une culture et un caractère.

 

L’étude, réalisée par le Think-Tank, la Fabrique Spinoza, met en avant l’ITBF qui est un chiffre synthétique mélangeant trois dimensions du bonheur : l’environnement perçu, le fonctionnement de l’individu et le bonheur exprimé. De cette combinaison ressortent des chiffres traduisant une large demande puisque 72% d’entre nous veulent faire du bonheur, une préoccupation politique majeure. Les Français, par ailleurs moyennement heureux, puisqu’ils ne sont que 56% à demeurer positifs. Ils sont aussi 57% à se dire fatigués. Cela révèle, selon l’étude, un besoin politique de créer un cadre favorable à l’épanouissement. Un cadre qui doit aussi être pris en compte par les publicitaires et les annonceurs qui ont du mal à faire passer des messages qui vont bien au-delà d’une forme d’optimisme rattachée à un prix.

 

 

Un niveau de bonheur disparate

 

18% s’estiment vraiment malheureux et plus de 1,6 million de personnes estiment avoir une vie très médiocre. Des inégalités de bonheur qui révèlent un nouveau type de fracture à résorber. Ces disparités sont avant tout des critères sociodémographiques : jeunesse, inactifs, étudiants, employés, faibles revenus voire même régionalisé avec les habitants du Nord-Est. Un point crucial à ne pas prendre à la légère est le manque de foi dans l’éducation. La défiance, la comparaison aux autres, la résignation ou bien encore le pessimisme sont des enjeux à inclure dans la réforme du système éducatif.

 

L’étude pointe dix faits marquants qui, pris en compte, peuvent permettre de s’adresser différemment au peuple français et peut être faire évoluer l’atmosphère ambiante…

 

 

1/ Le score général du bonheur des Français, relativement moyen, cache de très grandes inégalités de bonheur


Le score du bonheur des Français est de 5,9/10. 56% des Français sont heureux, dont 28% très heureux (notes de 8 à 10), mais 18% se déclarent vraiment malheureux (notes de 0 à 3). 1.6 millions de personnes vivent la pire vie possible (3% de notes de 0 à 1 sur 10) à leurs yeux, alors que plus de 3,6 millions* de personnes vivent la vie de leur rêve (7% se notent entre 9 et 10 sur 10). *Extrapolation à partir de chiffres INSEE 2016 de 52 millions de personnes de 18 ans et plus Des différences significatives entre groupes de population. Les personnes âgées (et donc les retraités) se déclarent plus heureuses (6,2/10). À l’inverse, les plus jeunes (moins de 24 ans) se déclarent en moyenne les plus malheureux (5,7/10) sur l’ensemble des critères constitutifs de l’ITBF. Le bonheur « déclaratif » augmente graduellement avec les revenus : de 5,3/10 pour les plus pauvres à 6,4/10 pour les plus riches. Les plus malheureux sont les employés (5,7/10), et les inactifs et étudiants (5,6/10). Les habitants du Sud-Ouest sont les plus heureux (6,1/10) alors que les plus malheureux sont ceux du Nord-Est (5,8).

 

 

2/ Les sympathisants Front National les plus malheureux


Les sympathisants du Front National sont les plus malheureux en France. En moyenne, leur indicateur du bonheur se situe à 5,7/10. Ils sont suivis par ceux qui sont sans proximité politique (5,9/10). Les sympathisants des autres partis politiques se situent entre 6,1 et 6,2/10.

 

 

3/ Une demande puissante pour que le bonheur soit au cœur des politiques publiques


Les Français sont très nombreux (72%, dont 37% sont très convaincus) à réclamer que le bonheur soit une préoccupation politique majeure.

 

 

4/ Des Français plutôt joyeux mais qui courent et sont fatigués


Ils ressentent en prédominance des émotions positives (rire, sourire, plaisir, joie, calme), tout en exprimant être souvent fatigués (57% l’ont été la veille) et dormir de manière agitée (53% la semaine précédente). o Au total, 41% d’entre eux déclarent ne pas prendre assez de temps pour apprécier ce qu’ils font.

 

 

5/ Des Français plutôt satisfaits de leur cadre de vie et de leurs relations sociales proches


Les Français sont fortement satisfaits de leur logement (81% satisfaits dont 53% des gens très satisfaits). Ils se révèlent également plutôt satisfaits (environ 79%) de leur environnement (nature, beauté, calme), même si une partie se plaint de la pollution (43%). o Ils apprécient leur lien social de proximité (environ 71%) : leur famille, leur vie sociale, et les gens sur qui compter.

 

 

6/ Des Français défiants, défensifs, tentés de se replier sur eux-mêmes


 Les Français se sentent inquiets pour leur emploi ou celui de leur proche (52%) et moyennement en sécurité (50%). Ils sont plus ouverts sur ce qui peut leur arriver dans la journée (61%) qu’ils ne sont ouverts sur les autres, puisqu’ils disent ne pas faire confiance à la plupart des gens (seulement 1/3 estime pouvoir faire confiance aux autres). o Leur engagement est modéré dans la société (41%) et ils sont peu à exprimer ou ressentir de la gratitude (à peine 30%).

 

 

7/ Les attentats d’hier affectent encore émotionnellement les Français aujourd’hui


Si les Français sont globalement peu inquiets (1/3), ils déclarent pourtant être moins joyeux qu’avant les attentats (47%). Si pour 44 % des Français, les patrouilles militaires devant les écoles favorisent la sérénité des enfants, à l’opposé pour 33% elles sont sources d’anxiété.

 

 

8/ Des Français qui ressassent et partiellement résignés


La moitié des Français déclarent regardent le passé avec regret ou le ressassent (51%), et envisagent l’avenir du monde avec pessimisme (60%). o Ils sont plus nombreux à évaluer leur vie passée positivement (65%) que leur vie future (56%). o Ils sont nombreux à ressentir une certaine résignation et un manque de liberté personnelle( 43%), en déclarant qu’ils ont peu le sentiment d’être libre et de pouvoir influer sur ce qui leur arrive.

 

 

9/ Des réflexes et fonctionnement psychologiques positifs, mais à développer


Les Français déclarent bien se connaître (6.7/10) et sont ouverts sur ce qui peut arriver (61%), mais leur propension au bonheur est parfois grevée par une comparaison aux autres (30%), un sentiment de liberté modéré (55%) et surtout un rapport au temps nocif (note de 5,3/10), une faible résilience (39%), ainsi qu’un pessimisme important (4,7 sur 10).

 

 

10/ Des différences hommes-femmes marquées qui se traduisent par une différence de satisfaction de vie


En général, les hommes déclarent avoir une meilleure opinion d’eux-mêmes que les femmes. Ils disent se sentir plus en sécurité, plus sereins et optimistes. o Les femmes se sentent plus fatiguées, stressées et inquiètes de perdre leur emploi (ou qu’un de leurs proches perdent leur emploi). Elles se disent également moins bien entourées par leur famille et leurs amis, qui ne sont pas toujours présents dans les moments difficiles. Elles se relèvent donc moins facilement des épreuves. Elles disent également avoir plus de regrets par rapport aux choix réalisés par le passé, et ont tendance à davantage ressasser des souvenirs douloureux. o Au global, ces différences font que les hommes sont davantage satisfaits de leur vie que les femmes.

 

 

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