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Diversité, inclusion, représentativité : entre gimmick et réalité


Publié le 19/06/2019

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Cannes Lions jour 3 ! En pleine 66ème édition du Festival International de la Créativité, la rédaction  fait le tour des conférences qui inspirent et ouvrent le débat sur les sujets qui comptent. L’une d’entre elles, organisée par le collectif The Female Quotient, a retenu notre attention :  « Is your business divers-ish ? ».  Compte rendu, entre bienveillance et superflu, d'une industrie qui, sous couvert d'engagement, joue la carte de la représentativité sans pour autant évoluer.  

 


Si le terme de diversité comme celui de l’engagement et de l’égalité semble faire sens dans l’économie capitalo-progressite actuelle comme pour sauver les pots cassés de ses logiques élitistes et écrasantes, son sens est encore souvent trop pris à la légère comme un gage de bonne conscience, et le respect des quotas ne suffit pas.

 

En témoigne même l’audience et les intervenantes de la conférence dédiée à la question. Un seul genre, une seule couleur de peau, un seul milieu social : des femmes, blanches et bourgeoises. Cocasse quand le sujet est celui d’une vrai diversité…Et si ce détail ne nous a pas échappé, c’est bien parce que la plupart des comités, collectifs et autres programmes dédiés à l’égalité se retrouvent facilement pris dans l’étau de la suprématie blanche. Alors oui, la question des moyens joue sur la mise en place de telles initiatives, et celles-ci permettent effectivement de créer le débat, élever des voix, donner de la visibilité, récolter des fonds en contribuant à faire bouger les lignes de conduite des industries, mais gardons simplement en mémoire que la représentativité ne s’arrête pas là. 

 

Malgré tout et puisque les mastodontes de l’industrie créative en parlent, écoutons leurs intentions. Être représentatif, inclusif, et embrasser la diversité, ça veut dire quoi aujourd’hui en entreprise ?

 

 

Discrimination de genre au coeur de la conversation 

 

Pour Alana Calderone Polcsa, SVP of Branded Content and Partnerships chez Ellen Degeneres, « l’absence quasi constante de parité dans l’organisation des Comex reflète très bien les politiques tout aussi absentes de diversification et d’inclusion réelles en entreprise ».  Effectivement, quand les décisions émanent de dirigeants aux portefeuilles garnis et à la peau aussi blanche que leur cheveux, difficile de croire à une évolution conséquente de leurs structure. Et quand bien même le second sexe monte au pouvoir, sa crédibilité est affectée. « Être exigeant par exemple, est un caractère extrêmement genré et soumis aux stéréotypes », explique Tara Walpert Levy, VP, Agency and Brand Solutions chez Google. « Recherchez « personne exigeante » sur Google et vous-vous apercevrez que les images associées sont celles d’homme d’affaires. N’est ce pas tout à fait révélateur ? ». 

 

Enfin, un stéréotype flagrant selon Aline Santos, Global EVP of Marketing and Chief Diversity and Inclusion Officer chez Unilever : le drame de la situation maritale absente. « Au Brésil,  85% des femmes ne se sentent pas représentées en société car elles sont célibataires et donc « marginales ». Une injonction de plus qui s’ajoute à la longue liste de celles subies par les femmes de manière globale ». 

 

 

Rendre visible l’invisible 

 

Et si la liste des stéréotype est longue et ne  concerne pas que la question du genre, parlons un peu des solutions. Chez ELLEN, la question de la diversité des programme est au coeur du moteur. « nous veillons à montrer autant de personnes représentatives que d'histoires inclusives. Les prémices de la représentation d’Ellen DeGeneres est tout à fait parlant. Au moment de son coming out public il y a 20 ans, elle a été rejetée par Hollywood pendant presque 5 ans ! En revenant, elle a évidemment voulu mettre en avant la nécessité absolue d’une meilleure représentativité des communautés opprimées pour aider le grand public à s’ouvrir au monde », explique Alana Calderone Polcsa. Chez Unilever, Aline Santos s’engage à investir une meilleure représentation de tous les profils en commençant par une presque parfaite parité de genre : «  49% de nos employés sont des femmes, c’est un bon début »

 

Attention cependant à ne pas confondre diversité et inclusion. « La diversité, c'est comme inviter des gens à une fête, là où l’inclusion invite ses convives à danser. Lorsque vous incluez vraiment, vous investissez toutes les parties prenantes dans le processus de décision. Mettez-les en action. Commencez à créer un environnement dans lequel les gens se sentent en sécurité pour dire ce qu'ils pensent et prenez leur opinion avec considération », insiste Aline Santos. 

 

 

Décloisonner pour mieux régner

 

Des remarques et des intentions engageantes et nécessaires qui aspirent à du mieux et donne de l’espoir pour les années à venir. Encore faut-il décloisonner le débat et investir la reflexion à tous bords et sous tous aspects.

 

En effectuant quelques recherches, la rédaction note aussi que « Is your business divers-ish ? » (« Votre entreprise rime-t-elle avec diversité ?), comme interroge The Female Quotient, est aussi et d’abord le nom d’un programme d’inclusion des personnes handicapées en entreprise, proposé récemment au Forum économique mondial de Davos par l’entrepreneuse sociale irlandaise Caroline Casey. « Divers-ish »,  (à peu près diversifié) un terme que Caroline Casey et ses collègues ont inventé  pour décrire « des entreprises qui se disent diverses, mais qui négligent, ignorent ou retardent tout ce qui touche l’invalidité ». A travers son  programme, l’entrepreneuse fonde la « Valuable 500 ». L’idée ? Amener 500 entreprises mondiales à mettre l’inclusion du handicap à leur programme. Avec plus d'un milliard de personnes handicapées dans le monde, l’inclusion est plus que fondamentale. Un projet de plus mais pas de trop pour mettre à mal un validisme, que malheureusement personne n’aura mentionné au moment du talk. 

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