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Business : quand les publicitaires deviennent des commerçants


Publié le 13/09/2015

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Le commerce n'a jamais autant excité le publicitaire ! En Suède, DDB Stockholm conforte la tendance des " agences commerçantes " en co-fondant une start-up qui clame révolutionner le marché des écouteurs sans fil. 

 

« La plupart des talents du digital et de la tech veulent travailler dans une start-up, pas dans la pub. Ils veulent construire des produits et des services, pas les vendre en faisant leur pub. » En juin dernier et en exclusivité pour INfluencia, Digge Zetterberg, Head of Talent & Promotion du réseau scandinave The North Alliance, résumait le défi de la pub en Suède : « Se moderniser en étant plus entrepreneuriale dans ses méthodes de travail. »

 

Ce tournant structurel est déjà en marche au pays de Zlatan mais son avènement programmé vaut aussi pour la France et toutes les sociétés consuméristes « pubardisées ». L’hybridation des métiers et des secteurs économiques est en plein essor, alors pourquoi les agences de communication fortes de leurs expertises ne pourraient-elles pas se lancer dans le commerce ? DDB Stockholm rejoint le mouvement en co-fondant Pugz, une start-up qui clame avoir produit les plus petits écouteurs sans fil au monde, chargeables sur son téléphone. Ni plus ni moins.

 

Malgré l’investissement de l’agence suédoise du groupe DDB Worldwide, Pugz est allée solliciter les sous et le plébiscite du consommateur sur Kickstarter. Sa campagne sur le site de crowfunding constitue un modèle de réussite : plus de 2 400 contributeurs pour plus de 310 000 euros de fonds récoltés avec encore 27 jours restants. C’est bien simple, l’objectif de levée (50 000 euros) a été atteint en neuf heures seulement !

 

 

Et si chaque agence possédait son sex-shop ?

 

Dans la guéguerre technologique du marché des écouteurs sans fil, l’innovation est la meilleure arme et forcément, chaque nouvel acteur doit débarquer avec une nouveauté. Pugz annonce fièrement ses atouts : une performance auditive qui n’est plus restreinte par la taille ni la forme des écouteurs, et surtout la possibilité de les charger via son smartphone tout en pouvant les utiliser en même temps. Pugz annonce pouvoir commercialiser ses premiers modèles dans le monde entier en novembre prochain. « Nous sommes très enthousiastes de faire partie de cette aventure. Constater un intérêt aussi rapide pour le produit est encourageant et nous avons hâte de travailler main dans la main avec Pugz pour révolutionner le marché dès cette année », commente officiellement David Sandstöm, CEO de DDB Stockholm.

 

Avec cet investissement concrétisé par la formation d’une venture, l’agence fait peut-être jurisprudence en Suède, mais pas du tout dans le reste du monde. Le phénomène existe déjà. Alors que chez les grosses marques, comme par exemple Warner Bros, l’entreprenariat et l’esprit des start-up deviennent très courtisés, certaines agences indépendantes créent carrément leurs propres start-up pour mettre en avant leur expertise.

 

C’est le cas depuis septembre 2014 de Wolfgang Digital et addictive. Et si chaque agence de marketing digital possédait son propre sex-shop ? C’est le Guardian qui le clamait en février dernier, dans une tribune offerte à Alan Coleman, CEO de l’agence Wolfgang, fondatrice et propriétaire de ThesexShop.ie. Si le quotidien britannique s’est intéressé à la boutique en ligne pour adultes, c’est qu’elle est devenue un gros succès commercial en Irlande. On peut aussi rappeler le projet, déposé sur KissKissBankBank, de l'agence Dan Paris qui propose un réveil en forme de cube en bois connecté à son smartphone. L'objet, baptisé " Just The Bell " a du mal à rassembler les fond nécessaire sur la plateforme de crowdfunding. Mais l'important c'est que l'objet existe et que le pari ait été tenté. 

 

En 2012, l’AACC et Cap Digital ont eux développé Startup Project, afin d’accompagner les start-up dans leur développement et de les associer avec différentes agences. Ensemble, elles peuvent créer des produits et services pour une marque ou directement pour l’agence. Les start-up sont accompagnées sur différents aspects par l’agence, et ont accès à un large portefeuille de clients. Le plus souvent, ces projets sont créés directement par les agences : elles développent un incubateur ou un lab et choisissent un certain nombre d’entreprises avec qui collaborer. Ici, l’AACC et Cap Digital marient simplement une agence à une start-up. Parfois cela fonctionne et parfois ça rame...L' autre cas d'école est la création par le groupe Fred & Farid d'un fond d'investissement intitulé Fred & Farid Digital Investment Fund. Son rôle, au delà de l'investissement et d'une prise de participation minoritaire, est un accompagnement dans le developpement puis une fois le produit finalisé, son utilisation dans les projets et campagnes des annonceurs. Un autre montage mais tout aussi efficace et qui démontre bien la mutation de la corporation publicitaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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