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L’aéroport : du simple arrêt à l’écosphère


Publié le 09/03/2016

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Qu’il soit un point de départ, d’arrivée ou de correspondance, l’aéroport est plus qu’un lieu de transit : reflet d’un accueil et d’une hospitalité locale en même temps qu’une source vitale de chiffre d’affaires. D’où toute l’importance d’en tirer le meilleur parti sur fond de démocratisation.

 

En évoquant sur quelques notes bien rythmées tout ce que les aéroports peuvent déclencher en termes d’émotions et de sensations, jamais « L’aéroport de Fuimicino », le tube des années 80 de Romain Didier, n’a été autant d’actualité. Puisque ces passages obligés à vocation purement utilitaire sont désormais l’objet de toutes les attentions. Et pour cause. Non seulement pour gagner en efficacité et en sécurité face à un trafic aérien qui n’a pas fini d’exploser ou s’améliorer en humanité et en praticité face à leur taille souvent gigantesque. Mais aussi parce qu’ils sont l’antichambre d’une ville ou d’un pays. Or, on sait à quel point les premières impressions comptent dans la perception qu’on a d’un lieu et quel rôle essentiel jouent les valeurs comme la modernité, l’accueil et l’hospitalité auprès des visiteurs, même en transit, dans la réussite d’un vol long-courrier ou d’un séjour. Offrant une autre dimension au voyage quelque soit son but : agrément ou affaires.

 

 

Des hubs où l’escale n’a plus rien de l’épreuve de force ni du confinement

 

Alors pour jouer à la fois le rôle de représentant actif d’un savoir vivre, d’une culture et d’un peuple en même temps que celui d’un lieu où il fait bon tromper son attente et oublier le stress d’une escale, leurs responsables travaillent d’arrache-pied à leur architecture, leur ergonomie, leur propreté, leur équipement technologique, leurs services ou leur accessibilité. Tout en se focalisant sur leurs activités de tous ordres garantes de bien être, de flânerie, de distraction et de levier de consommation, source de chiffre d’affaires : le nerf de la guerre ! Ainsi, pour gagner cette bagarre, se faire préférer et être bien positionnées dans les classements de plus en plus nombreux réalisés par les sites spécialisés (Sleeping In Airport, Skytrax, Kayak, Darjeelin…), ces plateformes internationales qui ne sont donc plus de simples arrêts mais des écosphères, ne manquent pas d’imagination pour développer des services supplémentaires. En outre, parfois payants mais abordables, ils sont de moins en moins réservés aux voyageurs de première classe et rendent ainsi leur ambiance agréable au plus grand nombre. Enfin, ces efforts souvent très haut de gamme sortent définitivement l’expérience hub, du statut de l’épreuve de force ou du confinement subi. Au point que le passager en arriverait même à ne plus vouloir quitter son terminal de tout son séjour. En piste pour survoler quelques récentes ou emblématiques initiatives.

 

 

Se détendre

 

En Finlande, à l’aéroport d’Helsinki-Vantaa, les passagers en transit ont accès au Via Spa qui leur offre contre 45 euros, salles de douche, hammam, spa, et sauna finlandais. D’autres, dans la zone Kainuu dotée de matelas, peuvent découvrir ou pratiquer le yoga. En Allemagne, au terminal 2 de l’aéroport de Munich Franz Joseph Strauss, ils peuvent se ressourcer dans les Napcabs, des cabines individuelles où pour 15 euros (et 10 euros entre minuit et 6 heures), ils peuvent faire une sieste d’une heure. Tout comme à Pékin, où on peut louer une chambre à l’heure et bénéficier de massages énergétiques.

 

De son côté, avec son salon exclusif première classe près de la zone de restauration, l’aéroport de Francfort propose de se relaxer grâce à des chaises longues et des salles de bain luxueuses équipées de baignoires reléguant la douche aux oubliettes. A Singapour, la piscine avec vue et son bar en plein air situés au terminal 1 de l’aéroport de Singapour Changi permet aux nageurs de regarder les avions décoller et atterrir. Tandis que d’autres peuvent se faire masser les pieds gratuitement avec les machines Big Foot.

 

A Oman, l’aéroport de Mascate Seeb dispense des massages anti-jetlag et des traitements relaxants pour le visage, le cou et les épaules grâce à des masseurs. Pierres chauffantes et compresses chaudes incluses ! Si 20 minutes sont offertes aux seules première classe et classe affaires d’Oman Air, des sièges massant sont également à disposition pour tous.

 

 

S’aérer

 

Au Japon, au 3ème étage de l’aéroport de Tokyo Narita, le bar à oxygène, Juko OxygenLounge, offre de se rafraîchir les poumons pendant 10 minutes (6 euros). Améliorant ainsi concentration et circulation sanguine. De même, à Singapour on peut s’évader dans les jardins botaniques, près du plan d’eau ou de sa serre à papillons. Idem à Vancouver qui a construit un mur végétal et un sentier offrant une promenade en pleine nature. Tandis que dans celui de Kuala Lumpur, on retrouve une parcelle de forêt tropicale. En France, l’aéroport de Paris Charles de Gaulle propose dans son terminal 1, un salon à l’air libre. Situé dans un petit jardin en plein air, il n’est pourtant accessible qu’aux voyageurs de première classe et de classe affaires des compagnies membres de Star Alliance.

 

 

Se loger

 

Aux Émirats arabes unis, l’aéroport international de Dubaï, via un emplacement central permet au Dubai International Hotel d’être relié à ses terminaux 1 et 3, le rendant disponible exclusivement pour les voyageurs en transit. Ces derniers bénéficient ainsi des prestations de l’hôtel (y compris l’espace bien-être avec jacuzzi et salle de sport) sans se soucier du contrôle de sécurité.

 

 

Se restaurer

 

En France, l’aéroport de Nice Côte-d’Azur a développé son offre autour du concept de « the nicest place to eat ». Avec comme fer de lance en salle d’embarquement de son terminal 1, La Plage de Thierry Marx, qui en plus d’être gastronomique, reconstitue un bar d’une plage VIP sur 450 m2. A noter que pour nombre de hubs, la gastronomie (depuis les tables haut de gamme à la sandwicherie) est un vrai créneau car la plupart des compagnies hormis pour les longs-courriers ne proposent plus de collation.

 

 

Se cultiver

 

Le choix est large. Comme admirer Orlove, une œuvre graphique et chromatique signée Jean-Charles de Castelbajac. Sur 17 mètres de hauteur et 202 mètres de longueur, elle raconte les histoires vécues des équipes, partenaires et passagers de l’aéroport Paris-Orly. Un dispositif qui s’accompagne d’un aménagement intérieur sous forme de parcours narratif. Et participatif via un site welcomestories.aeroportsdeparis.fr qui recueille les histoires personnelles. Incitant les internautes à partager leurs émotions liées au lieu. Comme à Chicago aussi, où les curiosités de la ville sont exposées en taille réduite. Ou encore à Amsterdam où Schiphol héberge la reconstitution en partie de la bibliothèque du Rikmuseum. Tandis que Munich met en scène un marché de Noël, lorsque c’est de saison.

 

 

Se défouler et se divertir

 

C’est facile et diversifié. Avec des cinémas gratuits pour les passagers en transit ou une piscine avec un maxi toboggan à Singapour ou à vagues à Munich, un simulateur aérien pour jouer au pilote ou un golf à Hong Kong, une visite en bus pour découvrir l’envers du décor à Amsterdam, une piste d’essai automobile Audi ou un cabaret concert à Münich. Mais aussi avec un casino, une patinoire, des essayages de costume traditionnels, en plu de son spa de bain traditionnels et son jardin artificiel ou son golf à l’aéroport Incheon en Corée du Sud.

 

Pas de doute, entre parterres de fleurs ou découvertes gourmandes, expériences sportives ou de bien être, jeux de lumières ou activités culturelles. Ces aéroports prennent soin du confort de leurs passagers. Sans compter l’incontournable shopping grâce aux multiples boutiques et services qui simplifient le parcours client comme à l’aéroport Lyon-Saint Exupéry où les passagers du Terminal 2 peuvent profiter de Shop & Collect, un nouveau service gratuit qui offre la possibilité d’acheter des produits en boutiques duty free à l’aller sans aucune contrainte de poids ou de format; de voyager léger puis de retrouver leurs achats à leur retour dans un casier dédié en salle de livraison bagages. Un code d’accès leur étant envoyé par SMS au préalable. Toutefois, si l’ambiance de ces endroits transformés en véritables lieux de vie, est de plus en plus un appel au voyage serein, elle peut aussi inciter à ne plus vouloir décoller.

 

 

Aéroport de Nice

 

 

Aéroport de Mascate Seeb, Oman

 

 

 

 

Dubai International Hotel

 

 

 

 

Oeuvre graphique et chromatique de Jean-Charles de Castelbajac, aéroport d'Orly 

 

 

 

Aéroport de Munich


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