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L'esthétisme de la menstruation


Publié le 16/02/2017

Image actu

Dans le combat pour une menstruation moins culpabilisante et honteuse, les influenceuses sont plus engagées que la pub, même quand elle vend des serviettes hygiéniques. Une yogiste instagrameuse en apporte un nouvel exemple.

 

Le combat pour une meilleure représentation de la femme dans la pub peut-il compter sur une industrie souvent taxée, et pas qu'à tort, d'être macho et de ne pas assez oeuvrer pour changer les mentalités? Il faudrait déjà qu'elle arrive à mettre fin à la femme objet. Si la gent féminine entretient une relation compliquée avec la pub, les réseaux sociaux lui offrent un canal d'influence encore plus puissant pour changer les mentalités. En postant sur Instagram une vidéo d'elle-même en train de faire du yoga en legging blanc avec ses règles, Steph Gongora a délibérément choisi de choquer pour interpeller.

 

"Je suis une femme et par conséquent je saigne. C'est dégueulasse, douloureux mais cela peut aussi être très beau. Pourtant vous le ne verrez jamais puisque je le cache tout en faisant semblant de sourire quand j'ai mal, avant de jeter mes tampons au fond de la poubelle après les avoir bien cachés dans mon sac", explique d'emblée dans sa publication cette instructrice de yoga, suivie par 285 000 personnes sur Instagram. Le plaidoyer pour une femme qui assume son "rouge" sans honte accompagne des images a priori anodines d'une yogiste en pleine séance. A priori seulement.

 

Contrairement aux millions de vidéos mettant en scène les poses de yoga de " bombasses " en pantalon moulant, celle de Steph Gongora ose la transparence complète. Parce que "plus des centaines d'années d'une culture ont forcé les femmes réglées à l'embarras et la honte", la professeure de yoga a décidé de ne pas cacher la tâche de sang visible dans l'entre-jambes de son legging blanc. Mercredi 15 février, la publication avait été vue plus de 333 000 fois et généré plus de 6 000 commentaires, partagés entre dégoûts critiques et soutiens admiratifs. "Je souhaite faire comprendre aux filles que cet inconvénient est aussi un cadeau et aux garçons qu'ils ne doivent pas être repoussés par le mot tampon", poursuit l'instagrameuse.

 

 

Les influenceuses plus engagées que la pub

 

Ce que veut également cette influenceuse militante, c'est promouvoir une marque aussi engagée qu'elle pour cette cause oubliée du féminisme moderne. En plus de vendre ses tampons organiques, Cora en donne des centaines de milliers "aux 100 millions de femmes dans le monde qui ratent des jours d'école ou de travail parce qu'elles n'ont pas les bons produis hygiéniques et ont honte de leur règle", précise Steph Gongora, égérie de plusieurs ONG. La yogiste virale rejoint le club des coups de com' militants pour promouvoir des règles déculpabilisantes et mieux acceptées par la société.

 

L'an passé Newsweek offrait carrément sa couverture "au combat pour mettre fin à la honte de la menstruation". La même année la youtubeuse star Ingrid Nilsen interpellait le président Obama sur la TVA sur les tampons lors d'un entretien en face à face. Un an plus tôt la musicienne Kiran Gandhi buzzait sur la Toile en courant le marathon de Londres sans serviette hygiénique ni tampon.

 

La pub elle, a encore des progrès à faire pour joindre ses efforts aux médias et aux influenceurs. Il y a deux ans le mot "règle" choisi sciemment dans une campagne par la marque de sous-vêtements Think, avait géné l'entreprise chargée de la gestion des transports publics de New York et son agglomération. La même année un spot australien pour des serviettes hygiéniques montrait une femme déprimée et agressive parce qu'elle avait…. ses règles. Et il a fallu attendre mai 2016 pour voir du vrai sang dans une pub, là aussi pour des serviettes hygiéniques. La même marque britannique Bodyform avait également réagi viralement en répondant avec humour à un internaute qui l'accusait de pub mensongère.

 

 

I am a woman, therefore, I bleed. . It's messy, it's painful, it's terrible, & it's beautiful. . And yet, you wouldn't know. Because I hide it. . I bury things at the bottom of the trash. I breathe, ragged and awkward through the cramps, all the while holding onto this tight lipped, painted on smile. . Tampons? Shhh. We don't say those words out loud. Hide them. In the back pocket of your purse, in the corner of the bathroom drawer, at the very bottom of your shopping cart (please let me get a female cashier). . Events or engagements get missed. I'll tell myself it’s the PMS, sure, but it has more to with the risk of being "caught," at what...I'm not quite sure. . And I’m lucky. . Over 100 million young women around the globe miss school or work for lack of adequate menstrual supplies, & fear of what might happen if the world witnesses A NATURAL BODILY FUNCTION. . WHY? . Because hundreds of years of culture have made us embarrassed to bleed. Have left us feeling dirty and ashamed. . STOP PRETENDING. Stop using silly pet names like Aunt Flo because you're too afraid to say "I'm bleeding" or "vagina." Stop wasting so much effort hiding the very thing that gives this species continuity. . START talking about it. Educate your daughters. Make them understand that it can be both an inconvenience and a gift, but NEVER something to be ashamed about. Educate your sons so they don't recoil from the word tampon. So when a girl bleeds through her khaki shorts in third period (pun intended), they don't perpetuate the cycle of shame and intolerance. . This #StartSomethingSunday , I want to highlight @corawomen . . Cora Women is a 100% Organic tampon company. . But that’s not all. They are also breaking barriers. Making it ok to talk about periods, even on social media. Providing personalized, delivered tampon/pad orders right to your door. AND for every box purchased, donating a box of sustainable pads to girls who can't afford menstruation products. . Fuck yeah. That's the kind of stuff I can galvanize behind, NO money OR product needed. Just a mission I support on a topic we should ALL be talking about. . THIS IS JUST A LEAK, NOT FREE BLEEDING ✌🏽

Une publication partagée par Steph Gongora (@casa_colibri) le 5 Févr. 2017 à 11h06 PST

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