AccueilA NE PAS MANQUERJAPON : QUAND KISHIDA-SAN DéRANGEAIT EN JOUANT AU RUGBY EN 1980 !

Japon : Quand Kishida-san dérangeait en jouant au rugby en 1980 !


Publié le 29/08/2019

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Les réalisateurs Mackenzie Sheppard et Eliot Raush nous offrent le témoignage de Kishida-san, capitaine, et leader du groupe de joueuses japonaises de rugby dans les années 80. Bien mieux qu’un film pub, deux docs pour Guinness qui font rêver.

 

 

Le sport et les femmes est un sujet riche de sens et plus que jamais d’actualité, pour les marques qui veulent s’encrer dans la réalité d’aujourd’hui, celle de la fin d’un patriarcat, et d’un machisme qui sévit encore dans le monde entier. Après Nike et le film Crazier qui nous a fait frissonner en évoquant au travers de la voix de Serena Williams, la « folie » des femmes, leur ténacité, leur envie de gagner tout au long de l’histoire, c’est au tour de Guinness de s’emparer du phénomène.

 

 

Le documentaire, la meilleure façon de comuniquer

 

Cette fois, il s’agit de se connecter à la coupe du monde de rugby qui se déroulera au Japon du 20 septembre au 2 novembre (pour la France, c’est sur TF1 et RMC que les 48 matches répartis sur douze sites à travers le pays seront retransmis). Guinness qui avec son agence AMV BBDO est allé se documenter au plus près d’un groupe de joueuses de rugby des années 80, qui pour se libérer des contraintes quotidiennes, et trouver un sens à leur communauté se consacraient corps et âme au rugby… Afin de tirer le maximum de cette histoire hors du commun, Stink Films, la maison de production, a proposé à deux réalisateurs de travailler ensemble à la préparation en amont, Mackenzie Sheppard et Eliot Raush. Le premier a façonné un documentaire de 20 minutes, le second un 60 secondes destiné aux écrans TV et internet. L’idée commune aux deux exercices étant de mêler passé et présent: soit les images d’archives collectées auprès des joueuses qui avaient gardé tous leurs souvenirs filmés, les témoignages de ces dernières filmées sur le terrain qui les a vues naître, (elles ont aujourd’hui entre 50 à 70 ans), et la poésie du grand cinéma japonais.

 

 

 

La rencontre avec Kishida-san

 

C’est grâce au réalisateur Mackenzie Sheppard, qui vit à Tokyo, que le processus a pu voir le jour. En effet, Kishida-san, capitaine, et leader de ce mouvement au Japon, vit en effet à quelques mètres de chez lui. Un hasard incroyable, une rencontre qui lui permet très vite d’accéder aux autres joueuses, toujours amies. Des dames dignes et passionnées grâce auxquelles, il nous transmet la version sans filtre de leur histoire avec le rugby, de la réprobation dont elles ont été victimes aussi. Boîtes de documents d’archives conservées au fil des ans - essais gagnants, conférences de presse, voyages pour des matches internationaux, dont le premier perdu contre la France-, tout un matériel précieux destiné à la fabrication des deux films. Mais si tous ces souvenirs sont de l’or pour les deux réalisateurs, l’émotion captée à Tamagawa, auprès de ces femmes nostalgiques, fières et bonnes camarades est irremplaçable.

 

 

En jeu? La légitimité d'un réalisateur, des femmes et d'une marque

 

Au final, pour Guiness qui cherche aujourd’hui à s’encrer dans une certaine réalité au travers du sport (film sur le joueur gallois Gareth Thomas qui évoque son expérience auprès de ses coéquipiers), mais aussi à soulever des problématiques, ou des sujets, disons, touchants de vérité afin de permettre au public d’accéder à une vérité chaque fois plus inaccessible, la mission de ces deux travaux est une réussite. Idem pour Eliot Raush qui a réalisé pour et avec avec Alejandro González Iñárritu le documentaire "A World Unseen", « coulisses du tournage » de "The Revenant" et dont le court-métrage documentaire Last Minutes With Oden a remporté le prix du documentaire et le grand prix au Vimeo Festival + Awards. Ce dernier dit se méfier chaque fois plus de l’opportunisme des marques qui exploitent des problématiques sociales et historiques sans réelle cohérence avec leur propos commercial. Une ligne de conduite qui l’honore et… légitime la démarche de Guiness.

 

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