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Gautier Picquet : « Il est grand temps de se faire confiance et de croire en la valeur contributive de nos métiers »


Publié le 04/10/2020

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Président de l’Udecam et COO de Publicis France, Gautier Picquet ouvre ce matin chez TF1 les 14èmes Rencontres de l’Udecam. L’occasion pour lui de rappeler ses combats pour l’intelligence collective de la profession, les talents et la réponse à faire aux projets de loi actuels.

 

 

INfluencia : cette année, l’Udecam que vous présidez réinvente complètement ses fameuses “Rencontres” avec des rendez-vous quotidiens en direct de grands médias français. Qu’en attendez- vous exactement ?

 

Gautier Picquet : nous sommes très fiers à l'Udecam d'avoir décidé de tenir ces Rencontres de l'Udecam dans un contexte si particulier , - crise sanitaire, économique, discussions enflammées autour de la transition écologique, tensions autour des régulations des cookies et de la publicité digitale...-, nous nous devions de garder la tête haute et de porter un message optimiste, ambitieux pour nos agences, nos talents, les marques et les médias. L’Udecam veut être un rassembleur utile, un point de convergence de l’interprofession et ces « Rencontres » doivent y contribuer. Pour cela, nous avons choisi un thème, « Ensemble pour le Futur », afin de porter des messages forts et structurés autour de notre responsabilité, de nos engagements, de nos talents. Parler d’avenir et non de crise ! De façon innovante, inédite.

 

 

 

IN. : concrètement, comment cela se déroulera-t-il ?

 

G.P. : chaque jour au sein de la rédaction de cinq grands médias Français, nous allons accueillir une cinquantaine d’intervenants, un plateau d’exception composé de femmes et d’hommes de qualité qui partageront avec nous leur vision de l’avenir. Ces rencontres seront je l’espère un lieu de partage, gratuit, ouvert à tous pour ainsi démontrer la richesse de nos métiers, la responsabilité sociétale et écologique de notre profession, la force collaborative et la résilience incroyable de notre secteur et enfin confirmer, s’il en était encore besoin, l’ancrage très fort de nos métiers dans le futur. Enfin, ces rencontres seront je l'espère pour nos jeunes un moment de fierté, de confiance en nos métiers. Les jeunes sont notre avenir, ils écriront le futur de notre profession mais nous devons les accompagner, les former et surtout leur donner des raisons d'y croire.

 

 

IN. : le secteur est au cœur d’une nouvelle attaque anti pub, post convention citoyenne. Existe-t-il une responsabilité de l’interprofession et est-ce trop tard pour s’améliorer ou s’auto réguler ?

 

G.P. : bien sûr nous avons une responsabilité. De n´avoir pas pu démontrer assez tôt la contribution et l’utilité de nos métiers au législateur, au citoyen. En France, nous critiquons, nous interdisons, nous régulons, nous refusons le débat. Je pense qu’il est grand temps de se faire confiance, de se parler et de croire en la valeur contributive de nos métiers, de s'en servir pour ce qu'ils sont : de formidables leviers de pédagogie performants et responsables. Nous devons avoir confiance en nous et en notre interprofession. Certes nous sommes "coupables" de n'avoir pu prouver notre contribution et notre utilité mais nous sommes surtout 'responsables" envers nos générations futures et envers la société. Nous devons faire confiance aux marques, à la créativité, aux médias et surtout aux talents pour construire ce monde d'après et nous sommes tous mobilisés pour accompagner ces changements. Si la publicité peut aider à la transition écologique, elle doit aussi et surtout par son acte et ses investissements protéger les marques et les médias essentiels à l'équilibre économique et démocratique de notre société. Ne nous trompons pas, interdire et réguler fragilisera nos professions mais aussi la société.

 

 

IN. : dans le programme des Rencontres, il y a aussi votre obsession de la promotion des talents. Est-ce que les agences peuvent encore gagner cette bataille des talents face aux GAFA et aux grands cabinets de conseil?

 

 

G.P. : comme je le disais, les talents sont la richesse de nos métiers, le cœur de nos agences. La complexité grandissante au sein de notre écosystème lié au digital, à la data, au e-commerce nous obligent chaque jour à recruter des nouveaux talents, des profils très pointus. Je ne parlerai pas de bataille face au GAFA ou aux cabinets de conseil car je pense que nous offrons à nos talents un environnement unique au sein de nos agences, mêlant conseil, expertise, créativité et diversification. Cette force n’existe qu'en agence. Mais il est vrai que si nous voulons garder notre attrait nous devons savoir payer ces expertises au juste prix, accompagner chaque talent dans des programmes de formation ambitieux et incarner des offres de marque employeur responsable et moderne. Pour cela, nous devons coûte que coûte protéger notre modèle économique, protéger nos rentabilités pour être capable de réinvestir sur ces mêmes talents. La pression permanente sur nos marges est un risque pour l'ensemble de la profession. Nous devons grandir tous par le haut et non par le bas. Nous devons redevenir le premier choix de cœur et de raison pour les jeunes.

 

 

IN. : votre plateforme « ensemble plus fort » est-elle réaliste dans la situation économique actuelle ? N’est-ce pas faire preuve d’angélisme que de promouvoir la solidarité de l’écosystème à l’aune d’une telle crise qui ne cesse d’accentuer le fossé entre les acteurs.

 

G.P. : toute la question est là. Sommes-nous capables tous ensemble, agences créatives, agences média, médias et surtout marques et entreprises de faire preuve d’intelligence collective ? Je le crois sincèrement et je l’espère. Nous avons déjà su faire preuve de solidarité, d’écoute et d’actions communes pendant la crise. Il y a 1 an, cette feuille de route « Plus forts, Ensemble » répondait aux enjeux d’urgence des agences media : Un travail collectif nécessaire à engager pour mieux partager la valeur que nous créons sur ce marché, et être plus responsable face aux défis qui nous incombent. Désormais, face à la crise, nous avons la responsabilité d’élargir ce collectif et cette mission. Nous l'avons vu, les défis sont nombreux et nous sommes tous fragilisés. Nous ne pourrons nous en sortir qu’ensemble. Si nous travaillons chacun dans notre coin ou si nos egos reprennent le dessus, nous perdrons tout combat. Nous fragiliserons encore plus nos métiers. Mais soyons honnêtes, nous le savons, chassez le naturel il reviendra au galop... Nous sommes ensemble dans cette bataille, le serons-nous encore après...c'est tout l'enjeu des rencontres mais aussi le cœur du projet des Etats Généraux qui se dérouleront en Novembre. Ecrire une feuille de route ambitieuse et partagée pour préserver nos métiers et notre avenir. Nous n'avons pas le choix, nous devons réussir à garder ce collectif pour qu'il se traduise en croissance commune et durable, au bénéfice de tous.

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