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Management 3.0 : Happiness Therapy ?


Publié le 25/08/2019

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Pour être toujours plus cool et garder leurs talents toujours plus longtemps, certaines entreprises tentent de nouvelles choses, bienvenue dans le management 3.0.


“L’open space”, un concept créé dans les années 50, et qui représente aujourd’hui 34% des espaces de travail en France (selon le baromètre Actineo), est le premier symbole d’une “révolution” managériale dans laquelle se sont lancées les différentes entreprises du pays depuis les années 80. Plutôt décrié par l’opinion publique, ses défenseurs mettent en avant une formation de liens sociaux plus forts, de meilleurs échanges d’informations, des managers plus accessibles, une égalité salariale plus apparente et une meilleure cohésion d’équipe. Dommage. Les principaux concernés, mettent souvent en avant l’impression d’être sous la surveillance de leurs collègues, et se plaignent du bruit qui leur est imposé. Pas aussi positif que sur le papier…

 

 

Closer, vraiment... ?

 

En écho à ce retour plutôt négatif, les chercheurs Stephen Turban, et Ethan Bernstein de la Harvard Business School, observent dans une récente étude, que malgré l’abattement des cloisons, l’open space réduirait de 73% le niveau de discussion en face à face et augmenterait de 67% le nombre d’e-mails envoyés à la place. Ce nouvel aménagement des bureaux, qui devait réunir et faciliter la connexion entre employés, donne finalement cette impression inverse, celle d’isoler et parfois de détériorer les conditions de travail. Malgré ces défauts, l’open space a joué le rôle de première grosse transformation du monde du travail, et ouvert le chemin à des dizaines d’autres tentatives et innovations. Avec succès, ou non. Petit tour de table donc, des dernières innovations managériales que certains n’hésitent pas à mettre sous la coupelle d’un même nom : le management 3.0.

 

 

Assieds-toi là si tu peux


Le Flex Office est le petit frère de l’open space et une suite logique. Il consiste en l’absence de bureau prédéfini sur le lieu de travail.

En clair, à leur arrivée, les employés s’assoient où bon leur semble, chaque place étant libre d’accueillir n’importe lequel d’entre eux. Une manière de partager l’ensemble des espaces et mobiliers entre les personnes qui s’approprient ainsi tous les biens de l’entreprise, et de casser une hiérarchie souvent représentée par le positionnement de personnes. Si l’intention est aussi louable que celle de l’open space – faire de la boîte une entreprise plate et ouverte, ainsi que gagner quelques mètres carrés bénéfiques – les conclusions des employés s’avèrent radicalement contraires à l'effet escompté. Selon une étude d’Opinion Way, 68% des Français seraient contre ce nouveau système, évoquant tour à tour le sentiment de perdre leur place dans la boîte, une déshumanisation de l’entreprise, le sentiment d’être un boulon interchangeable, et la fatigue des guéguerres entres salariés pour avoir la meilleure place à l’ouverture des locaux.

 

 

Congé illimité

 

Un rêve pour beaucoup : avoir des vacances illimitées. Partir quand bon vous semble, et pour la durée qui vous sied a tout de l’apparence d’un mythe lorsqu’on est salarié. Et pourtant, l’idée s’est propagée dans les années 2000 dans la Silicon Valley, et débarque peu à peu en France. Le rêve est donc peut-être à portée de main ? Selon une étude menée par le site de recherche d’emploi Joblift, les offres proposant des congés illimités ont en effet augmenté de 60% l’an dernier. Les mauvaises langues sont rapidement montées au créneau : l’absentéisme excessif des employés dû à leurs vacances illimitées coulerait les boîtes... Vraiment ? Non. En réalité, c'est l’inverse qui s’est produit, les salariés libres de déterminer leur période et durée de congés ont plutôt tendance à en prendre moins que la norme. “Quand les congés sont à la libre initiative de l’employé, il n’en prend pas. Il a tendance à en faire trop quand il n’a pas de cadre légal de protection”, affirme Lætitia Vitaud, responsable des contenus chez WillBe Group et spécialiste des questions sur l’avenir du travail et du management pour le Figaro.

 

 

Culpabilité quand tu nous tiens

 

S’enfuir le moins souvent possible en vacances peut être vu par certains comme preuve d’attachement à la boîte, et une motivation supérieure à ses comparses de bureau qui, eux, n’hésitent pas à se dorer la pilule au soleil. Déconnecter avec l’entreprise et son travail devient alors une source de culpabilisation. Finalement nos 5 semaines … pas si mal non ?

 

 

Droit à la déconnexion

 

Avec la 4G présente pratiquement partout aujourd’hui, et la possibilité d’être joignable et de travailler à peu près n’importe où, la frontière qui existait entre vie privée et vie professionnelle est devenue floue. En 2017, la France est le premier pays à avoir intégré ce droit dans les textes avec la Loi Travail, et certaines boîtes ont depuis attrapé le train en marche. Chez Michelin, par exemple, un suivi automatique des connexions au serveur en dehors des heures de travail est effectué. Au-delà de cinq connexions par mois entre 21 heures et 7 heures ou le week-end, une réunion est organisée entre le salarié et son manager afin d’en discuter. Pareil pour Lidl, en Belgique, où le trafic des courriels est suspendu le soir tout comme les week-ends. Tout mail envoyé au soleil couchant sera reçu le lendemain matin.

Une jolie démarche car pour Bruno Henri, avocat spécialisé en droit du travail, « les employés ont besoin de retrouver des contraintes matérielles pour qu’il n’y ait pas de culpabilité, et pour éviter des situations de rivalité interne qui feront que certains vont respecter la règle et d’autres qui ne vont pas la respecter ». Pas vraiment étonnant, puisque selon une enquête réalisée en 2018 par le syndicat Ugict-CGT et le cabinet Sécafi, seulement 25% des cadres déconnectent réellement pendant les week-ends et les vacances.

 

 

Management bienveillant

 

Nouvelle forme de management, le management bienveillant se définit comme une méthode basée sur la volonté de ne pas les brusquer ou bousculer, mais au contraire de les encourager dans ses efforts et être tolérant avec ses erreurs. L’idée est de faire du bureau, un moment plaisant. Si le manager bienveillant était à définir, cela serait celui qui n’impose pas des réunions importantes à 9 heures du matin ou à 19h le soir, qui encourage le télétravail s’il est demandé, qui ne passe pas son temps libre à “fliquer” vos résultats, qui prend en compte qu’un effort ne se traduit pas nécessairement par des résultats chiffrés, et qui vous valorise par des feed-back positifs lorsque votre travail est bien fait. Évidemment, la logique managériale là-dedans n’est pas d’être “bienveillant” pour la beauté du geste. Un employé heureux est un employé efficace au bureau. Donc plus de productivité et moins d’absentéisme. Du gagnant-gagnant, on ne peut que valider !

 

 

Vous l’aurez compris, rendre un salarié heureux n’est pas simple et les révolutions managériales sont parfois plus sexy sur le papier que dans la vraie vie. Ce dont on est sûr en revanche, c’est que le test & learn a un bel avenir devant lui…

 

Sources :

royalsocietypublishing

Forbes

Telegraph

Challenges

Reporting Business

Journal Du Net

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