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Le pouvoir des comptes parodiques sur Twitter


Publié le 03/10/2014

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Lee Casanell, le fondateur du compte Twitter satirique @Studioexec1 et actuellement éditeur chez We Are social Londres, revient, en dehors de l'anonymat et de l'anarchie, sur le potentiel de ce mode de conversation pour les professionnels et les marques.

 

 

Oui, Dieu est sur Twitter (@TheTweetofGod) et compte 1,5 million de followers, pas tant que ça finalement, au vu de sa popularité, mais avec un contrat d’édition signé et une moyenne de 4000 retweets par jour, son pouvoir sur les médias sociaux est totalement biblique... Il est de notoriété publique que @God est une création de l’écrivain humoristique américain David Javerbaum, mais il existe d’autres comptes Twitter plus mystérieux qui utilisent la parodie et dont la portée et l’influence ne cessent de croître.


J’ai toujours été fan de satire. J’écrivais une newsletter satirique populaire pendant mes études ; puis j’ai eu ma propre rubrique dans un magazine régional anglais assez connu et cette rubrique est devenue très attractive pour les annonceurs locaux désireux de valoriser leurs produits auprès d’une audience alternative. Cependant je voulais aller un cran plus loin. J’ai commencé à discuter avec un rédacteur qui publiait sur le même blog cinéma que moi. Quelques idées plus tard, et avant que la semaine soit finie, nous avions créé The Studio Exec : le compte Twitter d’un faux producteur hollywoodien qui se moque d’une industrie puante.

 

 

Un média dans le média

 

Depuis lors, nos tweets et nos articles ont été relayés par les plus grands journaux et magazines internationaux. Nous avons floué Le Monde et Le Figaro, leur faisant croire qu’Hollywood allait produire un film à partir de la chanson Gangnam Style. Nous avons obligé le réalisateur William Friedkin à démentir qu’il voulait utiliser le thème de la Panthère Rose à la place du fameux Tubular Bells pour la BO de l’Exorciste et Spike Lee a menacé de nous poursuivre en justice, oubliant momentanément son sens de l’humour. The Studio Exec ne marche pas trop mal mais il y a pléthore d’autres comptes parodiques avec des audiences gigantesques et influentes. Le compte parodique de la Reine Mère (@Queen_UK) a environ 1,2 million de followers et a publié un livre populaire, Benjamin Lee, éditeur chez Shortlist’s Online, a créé le compte parodique de Michael Haneke (@Michael_Haneke) et a poursuivi avec le lancement du compte Middle Class Problem (@middleclassprob).

 

Les comptes Twitter parodiques français ne sont pas non plus en reste avec notamment « Dieu Officiel », Nelson Monfort ou encore Jehan Le Brave, qui séduisent de nombreux utilisateurs. A noter également, la parodie du PDG de Rozana qui pourrait constituer une belle opportunité de communication pour la marque si elle osait prendre contact avec son pasticheur, tout comme L’Épique qui singe le célère quotidien sportif.

 

La majorité de ces comptes parodiques sont gérés par des rédacteurs extrêmement compétents et des professionnels des médias sociaux, et beaucoup d’entre eux choisissent de rester anonymes car cela leur offre la flexibilité et la liberté dont ils manquent au travail. D’un point de vue marketing, l’anonymat et l’anarchie constituent une combinaison effrayante, mais les marques deviennent de plus en plus à l’aise avec les médias sociaux et collaborer avec des comptes parodiques ne devrait pas être aussi intimidant que cela pouvait l’être dans le passé.

 

 

Travailler avec un compte parodique

 

Approchez un compte parodique de la même façon que vous approchez un blogueur pour votre campagne. Votre produit est-il pertinent par rapport au compte ? Pouvez-vous spontanément imaginer ce personnage de fiction manger/boire votre produit, ou utiliser votre service ? Par exemple, en ce qui concerne The Studio Exec, nous avons été approchés par des fabricants de tequila et de cigares, des produits qui collent parfaitement avec le style de vie de notre personnage. Mais pourquoi travailler avec des comptes dévoyés alors que vous pouvez le,faire avec des blogueurs légitimes ou des célébrités ? Dit simplement, leur illégitimité les rend attractifs, tant pour le grand public que pour un public recherchant du contenu alternatif.

 

Les marques peuvent également s’inspirer des comptes parodiques pour créer les leurs. Heinz, par exemple, a développé une campagne l’année dernière mettant en scène une bouteille de sauce salade qui tweetait, commentant des choix de déjeuners. Un des plus gros et plus récents succès de parodie de produits fut le ballon de foot Adidas Brazuca, qui a trouvé le bon créneau en tweetant de façon irrévérente. C’est devenu le compte Twitter qui a connu la plus grosse croissance pendant la Coupe du Monde 2014.

 

Le succès des comptes parodiques devrait aussi être source d’apprentissage pour les marques quant à leur façon d’approcher Twitter : ne vous prenez pas trop au sérieux. Des marques anglaises telles que Tesco Mobile et la chaîne de boulangerie Greggs ont toutes deux été applaudies récemment pour leur approche du social media, pleine d’autodérision, et pour leur capacité à résoudre une crise d’image en gardant le sourire.

 

Tout le monde aime les rebelles, particulièrement quand ces rebelles nous font rire, quand leur potentiel comique exceptionnel s’exprime quotidiennement. Mesdames et messieurs, le rire fait vendre et si vous êtes prêts à prendre un risque calculé et à vous impliquer avec l’un de ces comptes, le pari de la parodie pourrait s’avérer un pari gagnant.

 

Lee Casanell

@StudioExec / Editeur chez We Are Social Londres

 

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