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La marque qui a vu le média qui a vu la presse


Publié le 24/10/2017

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La média-mania des entreprises continue de faire des petits. La preuve, PeopletoPeople Group s'est offert Widoobiz. Ce sont les frontières vitales entre presse, médias et brand content qui sont en jeu.

 

Le mois dernier l'annonce, si elle n'avait pas été relayée par un communiqué de presse, aurait pu prêter à interrogation : ah bon ? Un cabinet de conseil se paye un média influent dans son secteur pour agrandir son tout récent pôle média. Sous le discours officiel des impératifs de la transformation, de la convergence des expertises, de la création de valeur, le rachat par PeopletoPeople Group  de Widoobiz, éditeur de média en ligne pour les entrepreneurs et les start-up, pose la question des enjeux de la " média-mania " qui fait tourner la tête des entreprises. Surtout celles qui conseillent comme EY et Deloitte, propriétaires de leur plate-forme de brand content.

 

Pour 1,5 million d'euros PeopletoPeople s'offre " la renommée de Widoobiz en matière d’innovation, d’image et de médias, qui viendra compléter notre offre de services ", explique son président, Christian Pousset. Il en allait donc ainsi de la nécessité de confirmer son positionnement sur les marchés du conseil pour répondre à l’ensemble des besoins des entreprises clientes. Parce que l'influence passe par le média, mais que le média n'est pas la presse, et que la presse n'est pas du brand content, et que finalement les frontières deviennent poreuses, INfluencia a sondé Christian Pousset. Pour mieux comprendre.

 

 

IN : marques et agences sont forcées à devenir " média-centric ": le mot même est donc galvaudé par ses usages, sa signification a changé. C'est quoi aujourd'hui un " média " ? Ne faudrait-il pas différencier la " presse " des " médias " ?

 

Christian Pousset : Widoobiz, c'est avant tout des vrais journalistes, avec une carte de presse et un vraie expertise. Après je vous rejoins sur un point, tout devient média : l’entreprise, le dirigeant. C’est justement pour cette raison que s’appuyer sur une réelle expertise et un savoir-faire éprouvé est indispensable. Notre objectif est bien sûr de gagner en influence, et notamment sur les réseaux. Mais au-delà de ça, il s’agit bien de poser notre cabinet comme un acteur incontournable sur le marché du conseil en transformation.

 

 

IN : n'avez-vous pas peur de parasiter l'image d'indépendance d'un média en en faisant la propriété d'une agence ?

 

C.P. : nous souhaitons vraiment maintenir une répartition stricte entre ce qui relève du média d’information, et ce qui relève des activités d’agence. D’ailleurs personne ne serait dupe. Ce qui nous intéresse, c’est de faire du média un lieu d’expérimentation, d’oser encore plus, pour irriguer nos activités de conseil d’innovations.

 

 

IN : où sont les frontières entre du brand content assumé, du brand content déguisé, un média propriété d'une agence et un média classique qui vend aussi du brand content ? 


C.P. : la frontière est simple et ferme, ce qui relève du média répond à une logique d’information non partisane et objective. À l’inverse, les activités de brand content sont forcément orientées, c’est même leur essence propre. Nous maintenons une frontière très nette entre ce qui relève du marketing et ce qui relève du journalisme. Pour autant, les expertises de l’un peuvent et doivent bénéficier à l’autre, c’est une véritable logique de synergie.

 

 

IN : informer et aussi conseiller : pensez-vous donc que ce mariage n'est qu'une logique économique aussi pernicieux soit-il ?

 

C.P. : on est toujours plus pertinent pour conseiller lorsque que l’on connait son sujet. Je ne vois pas de problème éthique à informer des lecteurs sur un sujet et à conseiller des marques dans leur stratégie. Encore une fois, avant même d’intégrer PeopletoPeople Group, Widoobiz portait ces deux activités sans que sa crédibilité n’ait pu être sujette à caution.

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