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Massive Attack sur de l’ADN artificiel


Publié le 27/05/2018

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Une équipe de l’Ecole Polytechnique de Zurich a stocké sur de l’ADN l’album Mezzanine du groupe de trip-hop britannique. L’acide désoxyribonucléique pourrait devenir le support de stockage de demain…

 

 

Après les cartes à ruban perforé, les bandes magnétiques, les cassettes, les disquettes, les disques compacts, le Blu-ray, les clés USB et les cartes SD, voici… l’ADN. Pour célébrer le vingtième anniversaire du cultissime album « Mezzanine » de Massive Attack, une équipe de chercheur de l’Ecole Polytechnique de Zurich est parvenue à conserver ses onze titres sur de l’ADN artificiel. Les chansons du groupe de trip-hop britannique sont stockées sur 920 000 courtes molécules d’ADN qui sont encapsulées dans 5 000 billes de verre de 160 nanomètres (milliardième de mètre).

 

 

Génétique et informatique…

 

La technique utilisée avait déjà été testée pour mémoriser les titres « Tutu » de Miles Davis et « Smoke on the water » de Deep Purple, mais aucun scientifique n’avait encore tenté d’enregistrer un album dans son intégralité.

 

Voilà plusieurs années déjà que les chercheurs travaillent sur le stockage de données sur de l’ADN de synthèse. Les informaticiens et les généticiens utilisent en effet des « langages » assez similaires. Les premiers utilisent des séquences de zéros et de uns pour conserver leurs informations et les seconds stockent l’information génétique dans une séquence des quatre molécules, l’adénine, la cytosine, la thymine et la guanine, soit un alphabet de quatre lettres : A,C,T et G. Le mathématicien et cryptographe américain, Leonard Adleman, a été, en 1994 le premier à montrer comment l’ADN de synthèse pouvait être utilisé pour effectuer des calculs. Microsoft a, depuis, beaucoup travaillé sur ce sujet. En 2016, ses équipes ont réussi à conserver 200 mégaoctets dans de l’acide désoxyribonucléique qui pourrait devenir le support de stockage de l’avenir.

 

 

Passé et avenir

 

Un gramme d’ADN permettrait en effet de conserver un million de million de gigaoctets, selon la firme de San Francisco, Twist Bioscience, qui a vendu en 2016 à Microsoft 10 millions de brins d’ADN. « Aujourd’hui, l’immense majorité des données numériques sont conservées sur des supports qui ont une durée de vie limitée et qu’il faut régulièrement recoder », expliquait à Fast Company, Emily Leproust, fondatrice de Twist Bioscience « L’ADN est une solution de stockage prometteuse car sa durée de vie se chiffre en milliers d’années et les coûts pour lire son séquençage ne cessent de diminuer ». La durabilité de notre code génétique n’est plus à démontrer s’il est conservé au sec et à l’abri de la lumière.

 

En 2014, des scientifiques sont ainsi parvenus à déchiffrer l’ADN d’un Homo sapiens datant de 45 000 ans. Cette découverte publiée dans la revue britannique Nature a prouvé que l’homme à qui appartenait le fémur gauche découvert sur les rives de la rivière Irtych en Sibérie occidentale était issu d’une population assez similaire à l’homme moderne non africain. L’individu d’Ust’-Ishim n’est pourtant pas le plus ancien à avoir dévoilé le secrets de ses caractéristiques génétiques. En 2013, l’équipe de Matthias Meyer de l’Institut Max Planck pour l’anthropologie évolutive de Leipzig en Allemagne était parvenue à analyser le séquençage du génome d’un enfant mort il y a… 400 000 ans dans le Nord de l’Espagne. Si l’ADN peut déjà nous aider à mieux comprendre nos origines, il pourra bientôt nous permettre de stocker nos connaissances pour les générations futures. La boucle sera alors bouclée…

 

 

 

 

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