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L'impact de l'intelligence artificielle sur la communication


Publié le 15/05/2017

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En juin 2016, le temps d'une parution, The Drum avait confié les rênes de sa rédaction à Watson, l’intelligence artificielle d’IBM. Cette fois le média nord-américain sollicite ses lecteurs en lançant une grande étude inédite sur l'IA.

 

Doit-on s’entourer d’IA ? Peut-on faire confiance à une IA ? Peut-on aimer une IA ? Des questions essentielles et existentielles. Que ce soit au quotidien comme dans le divertissement, le sujet de l’IA égale de l’homme fascine et effraie. Ce fantasme romantique, régulièrement traité par les cinéastes, fait écho aux utopies de nos sociétés, à nos angoisses comme à nos espoirs.

 

En 2016, INfluencia réfléchissait sur la réalité et le potentiel d'une technologie au centre de toutes les attentions pour ses usages globaux et sectoriels, lors du CES 2017. Depuis deux ans, les études prospectives pullulent, mais pour une fois c'est un média qui se penche sur l'avenir marketing de l'intelligence artificielle.

 

C'est début mai que The Drum a lancé son sondage inédit auprès de ses lecteurs. En partenariat avec Syomsos, spécialiste de la veille stratégique de médias sociaux et de l’analyse de sentiments, l'enquête entend explorer l'impact de l'IA dans le marketing. Intitulée "The Drum Market Insight Report-Artificial Intelligence Edition", elle interroge notamment les marketeurs sur leurs peurs de voir certaines tâches automatisées d'ici 2020. Deux ans plus tôt, une autre étude de Deloitte et Oxford University estimaient que 35% des emplois au Royaume-Uni étaient menacés par l'automatisation dans les vingt prochaines années.

 

Est-ce que les marketeurs sont inquiets pour leur carrière ? The Drum et Syomsos veulent donc répondre en sollicitant directement le lectorat du média spécialisé nord-américain. Le rapport ambitionne également de dresser l'état des lieux des connaissance des marques et des agences sur l'IA et son potentiel créatif. Les questions sont plus que jamais pertinentes puisque dans un rapport publié l'an passé, Forrester prédisait 300% d'augmentation des investissements mondiaux dans l'IA en 2017.

 

 

Sommes-nous vraiment prêts à faire confiance aux machines ?

 

" À travers l'utilisation d'interfaces cognitives dans des systèmes complexes, l'analytics avancé et le machine learning, l'intelligence artificielle va permettre à ses utilisateurs d'avoir accès à des insights plus puissants que jamais. Ils aideront à une prise de décision beaucoup plus rapide dans le marketing, l'e-commerce et le product management ", écrivait Forrester dans “ Predictions 2017: Artificial Intelligence Will Drive The Insights Revolution ”.

 

En attendant que l’intelligence artificielle prenne le contrôle de notre monde et peut-être même de notre cerveau, Zenith dressait, en début d'année, les grandes tendances de l’IA pour révolutionner la vie du consommateur et du citoyen. Pour les marques, cette technologie reste un levier prometteur pour créer de nombreuses opportunités d’engagement et des gains d’efficacité pour les marketeurs, comme le démontrait l’agence française avec ses 10 tendances pour 2017.

 

Si d'un côté, les tenants de la destruction créatrice de Schumpeter prédisent l'avènement d'un Homme augmenté par la robotique collaborative, de l'autre le psychologue comportementaliste, Howard Gardner, explique que ses neufs intelligences donnent à l'Homme des ressources uniques, comme par exemple les émotions, pendant que l'IA réinvente un marketing en plein fantasme de l'omniscience. Mais sommes-nous -consommateurs et citoyens français- vraiment prêts à faire confiance aux machines autant qu’à un être humain ? En avril dernier, les résultats d'un sondage commandité par OpenText nous avaient interpellé.

 

 

" Très vite, nous serons tous équipés d’un véritable majordome digital "

 

Avec l’avènement des chatbots en 2016 confirmé par le CES 2017, les professionnels de la communication et du marketing le savent : désormais, l’IA n'est plus un domaine de fiction, et s'annonce comme la priorité sur les prochaines années. Dans un premier temps, tous les professionnels de la communication vont être " augmentés ". L’intelligence artificielle est, en effet, déjà capable d’écrire des romans, des scénarios de court-métrage et des articles de presse. En juin dernier, The Drum avait d’ailleurs confié, pour une parution, les rênes éditoriales à Watson, l’intelligence Artificielle d’IBM. Même idée chez le conglomérat, Conde Nast, qui a également fait appel à ce Watson pour cibler les influenceurs.

 

" La bataille qui commence autour de l’intelligence artificielle entre les géants du web, reposera sur la création des assistants intelligents. Très vite, nous serons tous équipés d’un véritable majordome digital, une copie de nous dans le monde digital qui remplacera notre smartphone et qui sera notre intermédiaire dans nos interactions. Cet assistant sera capable de gérer toute notre logistique de vie, aussi bien organiser nos vacances que payer nos impôts. Il sera aussi notre expert dans tous les domaines, notre avocat ou notre banquier, comme notre médecin ", écrivaient en janvier dernier l'évangéliste digital, Stéphane Mallard, et la responsable de la stratégie de contenu digital chez Kantar Media, Marie Dollé, dans une tribune publiée par INfluencia.

 

" Le législateur doit intervenir "

 

" Attention néanmoins aux différents fantasmes qu’engendre l’Intelligence Artificielle : si les progrès en matière de reconnaissance de voix et d’images ont été spectaculaires grâce à l’avènement des réseaux de neurones profonds, un grand nombre de tâches qui nous semblent naturelles sont encore hors de portée des IA, comme par exemple l’analyse du langage ", nous explique lui Gilles Moyse, co-fondateur de la start-up de traitement automatique du langage, Récital.

 

" D’autre part, le débat, principalement sur le plan technique aujourd’hui, doit également être porté sur celui de la protection des données personnelles. Si leur accumulation par différents acteurs permet des prédictions d’une très grande précision, l’intégration de données médicales, personnelles et juridiques en plus de nos habitudes d’achat, de navigation et de relations personnelles, doit être réalisée avec prudence : qui doit être détenteur de ces données ? Quelles exploitations peuvent en être autorisées ? Je soutiens pour ma part que ces données doivent être personnelles et stockées sur des serveurs souverains, sous forme cryptée et déchiffrable uniquement avec l’accord de la personne. C’est ici que le législateur, aux niveaux national et européen, doit intervenir ", ajoute Gilles Moyse. Le message est passé ! 

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