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La génération Alpha biberonnée aux techs transforme le modèle familial


Publié le 18/10/2018

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Les enfants nés après 2010 préfèrent un smartphone ou un « chat » à un jouet, à un animal de compagnie ou même à des vacances. Bien qu’inquiets face aux choix de leur progéniture, les parents restent optimistes pour ces futurs citoyens, consommateurs et salariés. Les Français en tête.

 


Equiper les (trop) jeunes enfants d’objets connectés et les scotcher devant les écrans sont des mauvaises habitudes à éviter ou dont il faut se défaire. Car si une tablette ou un smartphone peuvent être utiles et constructifs à petite dose et dans un but éducatif, ils deviennent néfastes quand leur usage est systématique et ne sert qu’à jouer les baby-sitters d’appoint. Toutes les études -à l'instar de Mobile Kids : The parents, the chil and the smatphone de Nielsen en 2017- les neuroscientifiques, les pédopsychiatres, les cardiologues, et autres diététiciens le tancent. Etant trop sources d’apathie et de sédentarité, donc causes de mauvaise santé et de désocialisation.

 

 

Question de santé et de socialisation

 

Avec comme résultat immédiat : l’inquiétude à (retardement) des parents qui restent néanmoins attentifs et impliqués. En effet, pour les parents français, les priorités des enfants de moins de 9 ans sont très dépendantes de la technologie. D’autre part, près d’un parent d’enfants de moins de 9 ans sur trois, est persuadé que ceux-ci accordent plus de valeurs aux smartphones et tablettes qu’aux animaux de compagnie ou aux activités extérieures. Pire au niveau européen, les parents sont convaincus qu’à 8 ans, leur enfant comprendra tout du fonctionnement d’un gadget moderne, parfois mieux qu’eux-mêmes. Restant persuadés par la force des événements et du progrès que ces outils peuvent être bénéfiques à certains égards dans l’éducation de leur progéniture. Telles sont quelques-unes des conclusions de l’étude menée par Hotwire Global *. Déjà en 2017, cette agence, avec Wired Consulting, s’était interessée à la question. Accompagnés de chercheurs en neurosciences, de consultants culturels et d’éducateurs le but était alors de mettre en lumière la manière dont les nouvelles technologies façonnent la nouvelle génération et leurs attentes vis-à-vis des marques et desdites technologies.

 

Cette nouvelle enquête se penche davantage sur les parents en France, mas aussi plus largement en Europe, en Australie et aux Etats-Unis, soit 8000 personnes. Ils devaient notamment partager leur perception des relations qu’entretiennent leurs enfants avec les nouvelles technologies du foyer familial, la place que ces nouveaux outils prennent et les moyens qu’ils se donnent pour comprendre et protéger leurs enfants. Permettant ainsi de mieux appréhender la façon dont ces technologies et leur usage vont impacter plus précisément la vie de cette génération dite Alpha, c’est-à-dire les enfants nés après 2010. Rappelant par la même occasion aux entreprises que si c’est une opportunité de communiquer auprès de cette génération, c'est aussi de leur devoir d’« éduquer » et de prévoir des produits et des solutions susceptibles d’être utilisés par de jeunes enfants.

 

 

Les entreprises ont un rôle plus que marchand à jouer

 

L’étude montre que les parents français tendent à être plus modérés que leurs homologues européens quant à leur vision de l’usage des technologies par leurs enfants. La plupart considèrent ainsi qu’entre un jouet traditionnel et un gadget connecté (tablette ou smartphone), le choix reste ardu pour leurs enfants. 21% estiment ainsi que la préférence de leur enfant irait vers les objets connectés, 22% pensent que leurs enfants pencheraient plutôt pour des jouets, s’ils ne devaient garder qu’une seule chose.

 

En Angleterre par exemple, le résultat est bien plus tranché : 32% des parents pensent que leurs enfants préfèrent une tablette ou un smartphone, aux jouets (11%), aux animaux de compagnie (9%) et même aux vacances (12%).

 

 

Tirer profit de cette précocité pour leur avenir professionnel

 

Malgré quelques craintes, les parents sont globalement optimistes dans tous les marchés interrogés quant aux bénéfices des compétences et de l’appétit face aux nouvelles technologies de leurs enfants. En France, tout comme dans la plupart des pays interrogés, près de 75% des parents pensent que les enfants pourront tirer profit de leur usage des nouvelles technologies dans leur carrière professionnelle. 43% des parents français pensent même que les nouvelles technologies aident leurs enfants à réfléchir plus vite.

 

Les enfants s’adaptent et composent avec les nouvelles technologiques sans aucun des freins que nous nous imposons : ils ne sont pas nés avec, ils sont nés dedans ! « Quiconque côtoie de jeunes enfants aujourd’hui peut attester avoir été émerveillé un nombre incalculable de fois par leur agilité : qu’il s’agisse de trouver une solution pour configurer plusieurs profils Netflix où de les observer balayer presque naturellement l’écran d’un Smartphone pour cacher une notification qui le gêne pour regarder PeppaPig ! », explique Virginie Puchaux, Directrice d'Hotwire France.

 

 

Limiter l’accès sans interdire

 

Toutefois, la santé et l’équilibre de leurs enfants restent des éléments de préoccupation pour les parents. Plus de 73% des parents se préoccupent du temps passé devant un écran. Ils sont aussi plus de 40% à déplorer le fait que leurs enfants ne prennent pas assez l’air et sont trop enfermés. 3 sur 4 se préoccupent du temps passé par leurs enfants sur les écrans, 61% se demandent comment ceux-ci vont utiliser leur dernier achat technologique et 30% ont peur que l’usage de ces appareils fassent perdre les capacités sociales de leurs enfants.

 

« Les parents à travers le monde sont plutôt conscients des avantages que peuvent représenter l’aisance et la capacité d’adaptation de leurs enfants aux nouvelles technologies, notamment dans leurs vies professionnelles futures qui seront probablement plus ancrées dans le numérique. Néanmoins, le temps passé devant les écrans ne devrait pas outrepasser la quantité d’exercice nécessaire au développement d’un enfant. L’enjeu est donc de résoudre ce paradoxe : ne pas interdire mais limiter l’accès », ajoute Virginie Puchaux.

 

 

Des parents parfois démunis face aux technologies...

 

Dans chacun des 8 marchés interrogés, il est clair que la génération Alpha développe des aptitudes technologiques bien plus vite que leurs parents. L’étude a révélé de manière générale, qu’à 8 ans, les enfants surpassent leurs parents en termes de connaissances liées aux nouvelles technologies. Il en résulte un fort sentiment d’insécurité quant à l’accompagnement nécessaire à leur éducation et à leur avenir.

 

 

... et des petits rois influenceurs et influencés

 

Cette précocité des enfants quant aux technologies les positionne dans une situation de consommation inédite vis-à-vis de leurs parents. Lors d’achats technologiques, les parents se préoccupent de plus en plus de l’usage que leurs enfants pourraient avoir de l’outil, c’est le cas de 62% des parents français. 24% ont même demandé leur avis aux enfants avant d’acheter.

 

« Cela met en lumière l’influence croissante d’un enfant dans les décisions d’achat du foyer, et par voie de conséquence l’intérêt pour les marques de communiquer auprès des plus jeunes générations, via leurs canaux privilégiés pour activer cette nouvelle audience. Outre la vente, cela positionne aussi les très jeunes enfants comme des utilisateurs potentiels d’appareils technologiques destinés aux adultes, et implique donc la responsabilisation des marques sur l’adéquation des contenus et fonctionnalités d’un objet à l’usage d’un enfant. La possibilité de filtrer, restreindre ou contrôler du contenu ou des fonctions par les parents s’impose. Une question d’éducation qui incombe également aux professionnels de la communication », note Virginie Puchaux. A l’exemple de la lessive Omo en Afrique du Sud qui a imaginé une jolie opération pour inciter les enfants à se détacher de leurs écrans pour sortir, lire un vrai livre et même à se salir.

 

En outre, si les enfants influencent les achats, ils sont à leur tour très influencés par l’environnement alentour. L’étude démontre en effet l’influence croissante et régulière des micro-influenceurs en ligne, ainsi que l’importance dominante des pairs : 37% des parents interrogés indiquent ainsi que leurs enfants réclament les mêmes gadgets et appareils que leurs amis. Dès lors savoir dire non et créer de la frustration deviennent tout un art. Le métier de parents serait-il toujours le plus dur au monde ?

 

* Réalisée par OnePoll en juillet 2018, auprès d’un panel de 8000 répondants, tous parents d’enfants agés de 4 à 9 ans, à travers les pays suivants : UK, USA, France, Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas et Australie. 

 

 

 

 

 


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