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Français, information, confiance : le trio perdant


Publié le 10/07/2019

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Français et médias, le divorce se concrétise.  La dernière enquête Ipsos nous plonge dans une relation tumultueuse où écoute et confiance ont laissé place à déception et méfiance. À l’origine de ce fossé entre émetteur et destinataire, deux facteurs mis en avant : la prévalence des fausses informations et la remise en question des bonnes intentions des médias. Coup d’oeil sur les résultats.

 

 

Journaux, magazines, TV et radio; les résultats sont sans appel : la confiance accordée aux médias traditionnels est en chute libre depuis cinq ans. Pas si troublant quand on sait quelle place ont pris les fake news dans le débat public, combien de thèses universitaires, tribunes, scandales, papiers et interventions médiatisées ont été consacrés au sujet. Dans un climat globalement suspicieux donc, l'heure est à la méfiance presque paranoïaque, mais aussi et surtout à l'oeil critique et aux attentes intransigeantes. L’étude Global Advisor réalisée par Ipsos dans vingt-sept pays démasque et décrypte la défiance vis-à-vis du paysage médiatique français. Compte-rendu en trois points.

 

 

Un déficit de confiance important dans les médias comme source d’information

 

Presse papier et magazines sont définitivement boudés : seuls 36% des Français disent avoir confiance dans ces médias. Côté TV et radio, même constat : 37% des Français seulement affirment avoir confiance dans l’information proposée. Les nouveaux médias quant à eux ne s’en sortent pas mieux : les sites d’information n’inspirent confiance qu’à 3 Français sur 10, un chiffre de 20 points inférieur à la moyenne mondiale (50%).

 

Plaintes principales enregistrées : une information qui manque de qualité et de véractié pour 52% des sondés, mais aussi de pertinence (46%). La palme d'or de la méfiance revenant aux médias en ligne avec 63% des Français convaincus d’y dénicher des fake news à gogo.

 

La proximité comme unique canal de confiance ? Il semblerait en effet que le bon vieux bouche à oreille fasse mouche : ils sont plus de 1 sur 5 à reconnaitre faire davantage confiance à une information venue d’une personne qu’ils connaissent personnellement. Aussi, ils sont 65% à juger plus intéressantes ces même informations. « Alors qu’il n’a jamais été aussi facile d’accéder à l’information, où qu’elle soit dans le monde, ce sont finalement les règles de la proximité qui s’appliquent : seules les relations personnelles ont gagné en fiabilité au cours des cinq dernières années. Curieusement, personne ne se demande comment ces « relations personnelles » s’informent elles-mêmes… » commente Yves Bardon, directeur du programme Flair d’Ipsos France.

 

 

Une érosion en continu

 

La confiance à l’égard des médias s’est particulièrement dégradée depuis ces cinq dernières années, pour tous les médias, papiers (-21% de score de confiance en 5 ans), comme audiovisuels (-28%). Ainsi, presque un Français sur 3 estime ne plus faire autant confiance aux médias qu’il y a 5 ans pour s’informer : 32% déclarent faire moins confiance à la presse papier qu’en 2014, et 33% se méfient d’avantage des informations relayées sur internet, un chiffre qui atteint 38% pour la télévision et la radio.

 

Quant au service public audiovisuel, inspire-t-il plus confiance que les acteurs privés ? Les avis restent partagés : indépendamment des niveaux de confiance, 40% des Français conviennent que les radiodiffuseurs publics fournissent un service nécessaire. Ils sont moins d’un tiers à les juger dépassés, élitistes, ou bureaucratiques, et au contraire 29% à trouver leurs programmes de qualité

 

 

Entre opportunisme et influence, les intentions des médias sont subtiles

 

La défiance des Français envers les médias pose évidemment la question des fake news. Mais au-delà de la véracité des informations relayées par les médias, les Français doutent également des intentions des médias. Si près d’un Français sur 2 (47%) estime que les journaux et les magazines agissent avec de bonnes intentions, un chiffre stable en télévision et radio (46%), ils sont seulement 37% à penser que les informations relayées par internet partent de bonnes intentions.

 

Une telle situation médiatique soulève des questions : comment réconcilier les parties prenantes ? Quelle résponsabilité de l'Etat, des actionnaires ou des responsables éditoriaux ? Une meilleure formation journalistique permettrait-elle d'envisager un retour de la confiance ? En plein dans le mille d'une crise économique déroutante, les médias traditionnels ont semble-t-il, vivement intérêt à intégrer cette urgence d'audience à leurs agendas.

 

Par ici l'étude complète ! 


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