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Faire en sorte que les femmes ne deviennent pas un marronnier....


Publié le 19/03/2019

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Les femmes n’ont pas fini de souffrir de harcèlement dans les secteurs de la pub, de la presse (et d’ailleurs). C’est l’actualité nauséabonde qui mène la danse et non les esprits qui bougent en profondeur.

 

 

Deux ans après l’affaire Weinstein, la « Ligue du LOL » montre que le harcèlement moral et sexuel ainsi que le sexisme n’épargne pas les médias, pas plus que la pub. Reste que les femmes de communication ont désormais leur collectif, Les lionnes, mené par Christelle Delarue présidente de Mad&Women… Une association que cette dernière vient de créer afin de promouvoir, défendre, et protéger les droits des femmes dans la publicité et la communication. Pendant près de dix ans, une trentaine de journalistes et de communicants parisiens se sont acharnés sur la Toile contre plusieurs personnes sur les réseaux sociaux dont une énorme majorité de femmes. L’enquête annuelle de l’Observatoire de la parité dans la presse semble toutefois prouver que ce scandale ne représente que la partie immergée d’un iceberg qui ne fond pas aussi rapidement que les glaces du Pôle sud. Côté métier, sur les 1000 personnalités les plus visibles dans la presse française, 15,3% seulement sont des femmes. Le chiffre le plus faible enregistré depuis cinq ans. Côté contenus, ce n’est pas non plus la panacée. Le service de veille-médias Press'edd qui décrypte le poids et l’évolution des thématiques associées à la condition féminine lors des cinq dernières années sur les 3000 premiers titres de presse et sites éditoriaux français, constate que les mouvements #MeToo, #BalanceTonPorc ainsi que le vote de la loi du 4 août 2014 sensée encourager l’égalité réelle entre les femmes et les hommes n’a pas réellement fait évoluer les mentalités et les contenus éditoriaux.

 

 

Des sujets chaque fois plus nombreux

 

En effet, si en l’espace de cinq ans, les sujets liés aux violences faites aux femmes dans la presse française ont augmenté de 190%, -avec l’an dernier, près de 60% des articles évoquant la condition féminine abordée sous le prisme des violences sexuelles et sexistes, c’est l’actualité nauséabonde qui explique en grande partie cette hausse. Le nombre le plus important de citations centrées sur ce sujet a été enregistré le 5 octobre 2017 lors de la révélation de l’affaire Weinstein. La publication de la tribune sur la « liberté d’opportuner » en janvier 2018, le projet de loi du 14 mai renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes et le premier « anniversaire » du lancement des campagnes #MeToo et #BalanceTonPorc en octobre ont été l’occasion pour de nombreux journalistes d’écrire des articles relatifs aux violences faites aux femmes et à l’égalité homme/femme. Les occurrences médiatiques portant sur les questions d’égalité professionnelle et salariale ont, elles, plus que doublé ces quatre dernières années (+118%) pour dépasser le cap des 4000 sujets écrits. Une plus grande attention est également apportée au succès des entrepreneuses et des dirigeantes avec une augmentation de près de 54% de la parution de mots-clés comme « entrepreneure/euse », « directrice générale », « femme dirigeante » ou « cheffe d’entreprise ». Mais de fait, c’est aussi l’actualité, avec cette fois, La journée des droits des femmes qui a été le « prétexte » pour évoquer leurs droits et leur place dans la société.

 

 

 Weinstein est passé par là

 

Concernant la condition des femmes dans les médias, « il y a bien un avant et un après Weinstein », souligne l’enquête de l’Observatoire de la parité dans la presse. Si cette affaire semble avoir créé une certaine prise de conscience de problèmes pourtant très anciens, va t-elle réellement faire évoluer les mentalités et supprimer de mauvaises habitudes en vigueur depuis tant d’années ? Rien n’est moins sûr. Le scandale de La Ligue du LOL pourrait avoir plus de conséquences car il implique directement des professionnels des médias et de la communication. Pour améliorer durablement la condition des femmes dans la presse française, ces dernières vont devoir continuer de lutter et de faire entendre leurs voix. Les cas de harcèlement et les allusions malsaines devront toutes être révélées aux collègues des « victimes » et au grand public. La loi du silence doit prendre fin. Le combat ne fait que commencer… La bonne nouvelle ? C’est que le 13 avril prochain se dérouleront à la Cité des Sciences et de l’Industrie, les premiers États généraux des femmes journalistes organisés par l’association Prenons la Une qui travaille à une plus juste représentation des femmes dans les medias et l’égalité professionnelle dans les rédactions. L’occasion ou jamais de s’emparer de cette question.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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