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La résistance contre les « pro-life » s’organise sur la Toile


Publié le 11/11/2018

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Aux Etats-Unis, la bataille autour de l’IVG fait toujours rage. Le bras de fer entre « pro » et « anti » se joue aujourd’hui sur nternet.

 

 

Pendant des années, les partisans et les opposants à l’avortement aux Etats-Unis se sont écharpés dans les rues. Insultes, invectives, bagarres… L’arrêt de la Cour suprême américaine, qui a légalisé l’IVG en 1973, a toujours été une source de tensions dans ce pays à la fois extrêmement conservateur et fortement libéral. En 2009, un médecin pratiquant l’interruption volontaire de grossesse a été tué. Et le 27 novembre 2015, un attentat contre un centre de planning familial a fait trois morts et neuf blessés dans le Colorado. La bataille entre les « pro IVG » et les « pro-vies » fait aujourd’hui rage sur la Toile.

 

 

Attaques de pirates « pro-life »

 

En 2016, le Réseau national de fonds pour l’avortement (NNAF), qui regroupe 70 associations, préparait son « Téléthon » annuel, le « Bowl-a-Thon », lorsque son site a été piraté par des activistes « pro-life ». Des images de fœtus ont été envoyées aux membres du NNAF et des faux dons d’une valeur de 66… milliards de dollars ont été « donnés » à l’organisation. Pour lutter contre ces hackeurs, plusieurs partisans de l’IVG se sont réunis pour fonder Abortion Access Hackaton.

 

Cette association rassemble des informaticiens, des spécialistes et des start-upper qui se réunissent lors d’événements qui peuvent durer de une à trois journées. Ces rencontres permettent à ces volontaires de trouver des méthodes pour riposter contre les attaques sur le net des pirates « pro-vies ». Le premier hackaton organisé en septembre 2016 n’avait réuni que 30 participants mais depuis l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, ces événements ont rencontré un énorme succès. L’an dernier, 600 personnes ont voulu assister à ce rendez-vous qui ne pouvaient accueillir que 300 volontaires.

 

 

INeedAnA, ExposeFakeClinic, AbortionPolicy et les autres

 

D’autres initiatives ont, depuis, vu le jour. INeedAnA.org permet, en tapant son code postal sur le site, de connaître les cliniques et les centres de planning familial les plus proches de son domicile qui pratiquent l’avortement ou aident les femmes qui souhaitent pratiquer une IVG, en leur fournissant par exemple un moyen de locomotion ou en assurant la garde de leurs enfants. ExposeFakeClinics.com est une autre plateforme qui permet de découvrir les cliniques qui prétendent pratiquer l’avortement mais dans lesquelles les volontaires cherchent en réalité à dissuader les femmes enceintes qui se présentent pour interrompre leur grossesse. Le site AbortionPolicyAPI.com permet, lui, de lire les toutes dernières législations en matière d’IVG aux Etats-Unis, les textes de loi changeant en effet fréquemment dans ce pays.

 

Des aides technologiques plus que nécessaires, car récemment, le Mississipi et le Kentucky ont interdit l'avortement après 15 et 11 semaines de grossesse alors que l'Arkansas exige l’accord du père du bébé. Le 2 mai 2018, le Parlement de l'Etat de l'Iowa a décidé que les mères ne pouvaient plus avorter dès que les battements du cœur du fœtus étaient détectables, soit dès la sixième semaine de grossesse. Sans compter que les « pro-life » ont un partisan de taille à la Maison Blanche. Au mois de janvier, Donald Trump a été le premier président américain à soutenir ouvertement la « Marche pour la vie » qui réunit chaque année à Washington les opposants à l’avortement. Cette bataille sur le Web n'a pas trop de toute cette organisation pour lutter pied à pied contre cette guerre d’un autre temps sinon y mettre fin.

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