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Moovit crée un système de transport en commun à la demande »


Publié le 19/05/2020

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La pandémie de Coronavirus a été l'occasion pour Moovit, application de mobilité urbaine la plus populaire au monde -800 millions d’utilisateurs dans 3200 villes à travers 103 pays- de tester la réservation de places dans des modes de transport non engorgés. Moovit, un succès israélien créé en 2012, rachetée au début du mois de mai par le géant américain Intel pour la modique somme de 900 millions de dollars. Yovav Meydad, directeur de la croissance et du développement de Moovit, nous explique les tenants et les aboutissants de cette initiative.

 

 

IN : le principe de Moovit...

 

Yovav Meydad : Chaque jour, la société, qui compte à peine plus de 210 salariés, collecte jusqu'à six milliards de points de données anonymes afin de créer le plus grand référentiel mondial de datas sur les transports en commun. Confinés comme une immense majorité des autres Terriens, nous avons eu eu l’idée de développer une solution qui permet aux usagers de pouvoir réserver leur place dans un bus, un métro ou un tramway... 

 

 

INfluencia: l’idée de réserver sa place dans un bus ou un métro peut sembler étonnante. Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à développer cette solution ?

 

Y.M. : Cette pandémie a changé la donne. Ce qui était normal hier ne l’est plus aujourd’hui. Nous sommes entrés dans l’ère du « nouveau normal ». Les métros et les trains bondés ne sont plus une option. Les entreprises vont promouvoir des moyens de transport dans lesquels les individus seront éloignés les uns des autres. Une manière d’atteindre cet objectif est de pouvoir réserver sa place dans un bus ou une rame et de créer ainsi à un système de transport en commun à la demande.

 

 

IN: quels sont les avantages de ce service ?

 

Y.M. :  : Il permet à chaque utilisateur de réserver son trajet et d'être informé en temps réel de l'heure d'arrivée du véhicule et du nombre de passagers se trouvant à bord. Ces informations lui permettent d'éviter les trop grandes affluences. L'opérateur de transports publics pourra, quant à lui, planifier efficacement les flux et réguler le trafic de sa flotte en fonction de la demande spécifique des usagers en évitant la circulation de véhicules vides ou au contraire bondés.

 

 

IN : comment fonctionne cette solution ?

 

Y.M. : elle comporte trois différents volets. L'application destinée aux utilisateurs leur permet de réserver un siège pour le parcours de leur choix. Le conducteur peut, quant à lui, envoyer, via une simple application installée sur son smartphone, la position de son véhicule en temps réel aux voyageurs qui ont réservé leur trajet ainsi qu’à son centre des opérations. Il peut également vérifier, quand il le souhaite, le nombre de passagers à bord et signaler tout problème. Les opérateurs de transports publics seront, pour leur part, capables, grâce à un panneau de contrôle, de surveiller l'état du service en temps réel afin d’opérer à des ajustements si nécessaires.

 

 

IN : ce service n’empêchera pas ses utilisateurs à patienter de longues minutes dans des abribus bondés...

 

Y.M. : le chauffeur peut tout à fait convenir avec le passager de le faire monter dans son véhicule à un croisement déterminé à l’avance. Cela empêche ainsi les cohues aux stations.

 

 

IN : les opérateurs de transport en commun sont-ils les seuls qui puissent être intéressés par ce service ?

 

Y.M. : loin de là. Nous aidions déjà avant la pandémie des entreprises comme Microsoft, Uber et Cubic à mettre en œuvre leurs offres de mobilité. Et durant le confinement, une société israélienne à utilisé notre nouveau service de réservation pour ses salariés.

 

 

IN :  comment le chauffeur peut-il savoir qui faire monter à bord de son véhicule ?

 

Y.M. : le passager doit lui montrer un code QR qu’il a reçu sur son smartphone. Rien de plus.

 

 

IN : ce service a t-il déjà été adopté par d’autres entreprises ou pays ?

 

Y.M. : nous sommes actuellement en négociation avec de potentiels clients en France, en Italie et au Royaume-Uni mais nous devons respecter les législations locales qui sont souvent différentes les unes des autres. Beaucoup de pays regardent ce qui a été fait en Israël car nous sommes parvenus à nous adapter à la pandémie ce qui nous a permis de limiter la propagation de la maladie qui n’a fait, à ce jour, que 272 morts.

 

 

IN : quel est va être l’impact de la pandémie sur les transports en commun dans le monde ?

 

Y.M. : la crise actuelle va contribuer au développement de la micro-mobilité. Le principal problème à résoudre concerne la désinfection des moyens de locomotion comme les vélos, les trottinettes et les scooters électriques entre deux clients. Il faudra peut-être mettre à la disposition des utilisateurs des bouteilles de gel hydroalcoolique ou des vaporisateurs avec des produits de nettoyage. Nous référençons déjà sur notre plateforme 300 prestataires de micro-mobilité et nous voyons que l’utilisation de leurs équipements ne cesse d’augmenter depuis deux à trois ans. Nous pensons que cette croissance va se poursuivre si ce problème de désinfection est résolu.

 

 

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