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Covid-19 : Notre psyché mise à rude épreuve


Publié le 06/05/2020

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Confinés depuis maintenant 8 semaines, nos cerveaux ont grand besoin de prendre l’air. Rapport au temps, à l’espace et au quotidien bouleversé : personne n’en doute, la santé mentale et physique des citoyens connaissent bien des souffrances. Si les personnes sujettes à des problématiques de santé mentale se trouvent d’autant plus précarisées dans cet isolement, il semblerait que l’ensemble du paysage citoyen soit concerné. Perte de repère, de sens, de motivation, et de contact social,  la FFEPGV mène l’enquête. 

 

Si le confinement n’est pas le même pour tout  le monde et qu’il renforce indéniablement la fracture de classe  sociale opérant en terre française depuis belle lurette, tous et toutes subissons l’isolement, et le changement radical de mode de vie. À quelques jours d’un probable déconfinement, la Fédération Française d’Éducation Physique et de Gymnastique Volontaire (FFEPGV) est allée prendre la température des Français sur leur santé, mentale et physique, et son évolution au fil d’un quotidien enfermé, répétitif et angoissant. Quels impacts, quelles nouveauté, quelles conséquences profondes, et quelles motivations pour demain ? Réalisé avec  l’Institut Ipsos, le Baromètre Sport Santé apporte des éclairages sur la perception collective et donne le là d’une société post-pandémique. 

 

Première donnée, triste et parlante : 43% des Français confient avoir des difficultés à se rappeler quel jour nous sommes. 34% ne sont plus conscients de l’heure qu’il est. Cette perte de repères s’accroît chez les moins de 35 ans : 57% ne savent plus le jour que nous sommes, et 50% l’heure qu’il est. Un rapport au temps bouleversé, mais une résilience bien ancrée. Quand on demande aux Français d’attribuer une note à leur état de forme pendant le confinement, on constate qu’ils font preuve de résilience: 6,6/10 en moyenne (6,7/10 chez les hommes, 6,5/10 chez les femmes). Cours de yoga matinaux sur Zoom et séances d’abdos fessier sur Youtube, la farandole d’offres de divertissement mise à disposition par les acteurs de l’audiovisuel comme le secteur sport semblent avoir un effet salvateur sur le moral. 

 

Evidemment, commander sur Deliveroo et binge-watcher sur Netflix est bien plus aisé que d’installer un tapis de sport et d’enfiler une tenue pour transpirer une fois par jour. Les chiffres le montrent, le maintien de leur forme physique apparaît comme le plus difficile en confinement. Les femmes et les moins de 35 ans expriment de plus grandes difficultés par rapport aux hommes et aux plus de 60 ans notamment. Des difficultés d’autant plus importantes pour les personnes ayant des enfants à charge.

 

Car pour pratiquer du sport confiné, non seulement faut-il de la motivation, mais aussi l’espace -physique et mental-, et le temps. Pour les personnes en télétravail à 100%  dans un 2 pièces avec bambin à charge, le sport n'est assurément pas en top de to-do list, et on les comprend. Pour la FFEPGV, c’est inquiétant. « Cette difficulté des Français à faire de l’activité physique pendant le confinement et à prendre soin d’eux sont des signaux alarmants », explique Patricia Morel, Présidente de la FFEPGV.

 

Mais parce que  le self-care ce n’est pas que l’exercice sportif, l’association a également interrogé les Français sur leur capacité à prendre soin d’eux pendant cette période de confinement. Plus d’un Français sur deux déclare réussir à manger équilibré pendant le confinement, une habitude plus difficile pour les catégories modestes et dans les foyers avec enfants, évidemment; et Les femmes déclarent avoir eu beaucoup plus de difficultés à gérer le stress et la fatigue que les hommes pendant le confinement, charge mentale oblige. 

 

Dans cette même dynamique hétérogène, les Français confinés sont assez inégaux s’agissant de la qualité de leur sommeil. Les plus âgés (qui apparaissent comme ceux qui vivent le moins mal ce confinement) sont ceux qui déclarent avoir la meilleure qualité de sommeil. Et petite étrangeté supplémentaire du confinement. Les cauchemars augmentent, sont récurrents et chacun s'en souvient. Que se passe-t-il Mr Freud?

 

Pour pallier cette sédentarité contrainte, la Fédération propose depuis fin mars le programme #SportSantéChezSoi. Des programmes d’activités physiques et sportives spécialement élaborées pour répondre à tous les besoins et à tous les profils, de 9 mois au quatrième âge, que l’on soit en pleine santé ou que l’on souffre d’une pathologie, que l’on soit très actif ou sédentaire. Des vidéos thématisées et des ‘live’, d’une durée de 30 minutes environ, ne nécessitant aucun matériel spécifique, disponible sur la chaîne Youtube FFEPGV et sur la page Facebook de la Fédération. Pour les motivés, il est encore temps ! 

 

*Enquête réalisée par l’institut Ipsos pour la FFEPGV auprès de 1041 personnes de 16 ans et plus, du 10 au 13 avril 2020. 

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