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La petite route tranquille est un leurre


Publié le 12/02/2019

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Comment encore parler de ces routes de « campagne » près de chez soi, empruntées quotidiennement et pourtant si meurtrières ? Avec de l’émotion où l’humain et la banalité de la vie et de ces axes supplantent le trash, le chaos et la morale.  En plein dans le mille.

 

 

« De l’émotion ». Ce brief clair et concis délivré par la Sécurité Routière a tout de suite inspiré Sonia Dos Santos (CR) et Julien Beuvry (DA), chez DDB°Paris, alors qu’il portait sur un thème contre intuitif : « les routes où on meurt le plus sont celles qu’on connait le mieux ». « Toute la stratégie repose sur cette métaphore du temps qui passe et du lieu où il se passe tant de choses mais qui peut être celui du drame », détaillent Vincent Léorat, Vice Président de DDB°Paris et Andéole Vu Dinh Ba, Directrice de Clientèle « nous voulions interpeller sur ces facteurs neuroscientifiques auxquels nous sommes tous mécaniquement soumis et que nous connaissons mais oublions, à savoir la baisse automatique de vigilance qui peut être dramatique alors qu’on est sur un trajet mille fois emprunté ».

 

Laissant de côté la piste plombante, trash ou moralisatrice, leur campagne tournée en un seul plan séquence très cinématographique transforme haut la main l’essai en revisitant la banalité de la route et celle de la vie. « L’un de nos objectifs était d’être le plus local possible tout en étant universel, afin que le message parle le plus simplement au plus grand nombre », racontent les deux créatifs épaulés par Alexis Benbehe (DC) et Pierre Mathonat (DC) ainsi que par Alexander Kalchev, directeur de la création de l’agence.

 

 

La mélodie des mots en hommage à l’entourage et aux pompiers

 

Tout se passe justement sur une petite route de campagne. Celle qui parle à tout le monde parce que c’est celle qui est à côté de chez nous, qui traverse le même village, qu’on a emprunté pour rejoindre la ville d’à côté ou partir vers de nouveaux horizons comme pour mieux revenir. C’est aussi celle où on a tous grandi, échangé le premier baiser, fait des blagues avec les copains, passé son permis de conduire… des événements et des souvenirs qui font d’elle bien plus qu’une voie car présente à chaque étape de notre vie. On la connait par cœur et pourtant on n’y est jamais à l’abri d’un danger puisque c’est celle où on y meurt le plus, comme les chiffres le rappellent durement avec encore 1900 décès sur ces axes*.

 

Le film, réalisé par le collectif  Pantera (production : Solab), se déroule au fil de la route accompagnée d’une bande son -faite de vent, de basse et d’une petite note de piano- loin d’être envahissante mais qui ajoute au quotidien, à la proximité et à l’émotion (production son : Maul Production/Studio 5). Tout en rendant hommage à l’entourage du drame, à travers le jeune pompier révélé à l’extrême fin et dont la voix off à la tonalité toute en retenue et authenticité, raconte sa jeunesse avec Yanis et Pierre, les accidentés de cette route dont on est jamais rois… « En même temps que ses amis, il perd lui aussi une partie de sa vie. C’est pourquoi, sans trop rentrer dans l’intimité des protagonistes afin qu’il y ait la plus large identification possible, nous avons quand même voulu que ses mots soient la mélodie de la route et de ceux qui interviennent », soulignent Sonia Dos Santos et Julien Beuvry. L’histoire de ce jeune pompier volontaire n’est d’ailleurs pas qu’une fiction, car comme le confirme la Sécurité Routière : « près de la moitié des Français connaissent un proche touché par un accident de la route et un sur trois en a lui-même été victime ** ».

 

 

Au cinéma et sur les réseaux sociaux

 

Diffusé sur les réseaux sociaux de la Sécurité Routière pendant 5 semaines en continu mais aussi dans 537 salles de cinéma dans toute la France pendant 15 jours, cette campagne d’1 minute 30, qu’on pourrait prendre pour un teaser de long métrage grâce à sa réalisation et la tension qui s’en dégage, a un effet immédiat.

 

Impossible, en effet, au spectateur de ne pas être capté ou concerné par son évidence qui décoche sa flèche sans dévier pour permettre de mieux s’y identifier et de faire réfléchir au danger toujours tapi… Un message efficace et largement contributif au débat sur l’utilité de la limitation à 80KM/heure sur certaines routes.

 

* En France métropolitaine en 2017, 3 448 personnes sont morts sur les routes.

** Ifop 2015

 

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