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Pays de m... : comment Haïti compte faire sa communication sur le dos de Trump


Publié le 23/01/2018

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Quand Donald Trump traite supposément Haïti et la Namibie de " shithole ", soit donc de " trous à rats " dans la langue de Jean d'Ormesson, la pub prouve que devant la connerie insultante d'Etat, elle peut être très efficace pour répondre avec mordant.

 

 

" Votre silence et votre amnésie, c'est une complicité ". La glotte tremblotante, Cory Booker écrase sa colère comme un raisin de Steinbeck sur la désarçonnée Kirstjen Nielsen. Le 16 janvier dernier au Sénat des Etats-Unis, la Secrétaire à la Sécurité intérieure est auditionnée sur la véracité des propos ultra-polémiques qu'auraient tenus Donald Trump en huis-clos sur Haïti, le Salvador et plusieurs nations africaines, qualifiés de " pays de merde " et de " trous à rats ". Interrogée par le jeune sénateur démocrate, Kirstjen Nielsen revendique l'absence de souvenirs précis pour défendre son patron. L'argument ulcère Booker, dont l'ire quasi théâtrale est devenue virale sur la Toile. La pub a déjà montré par le passé que face à un chef d'Etat borderline, elle peut répondre avec plus de mordant qu'un opposant politique exaspéré. Le créatif d'un agence haïtienne le confirme en créant en 48 heures une campagne d'affichage en quête de financement sur une plateforme de crowdfunding.

 

" Il n'y pas d'autres trous à rats comme celui là ", " vous apportez la crème solaire, on apporte le trou à rats ", " il y a toujours du soleil dans un trou à rats ", " un trou à rats majestueux vous attend ". Vous imaginez la splendeur des paysages et du patrimoine naturel haïtiens et vous avez compris la pertinence de #LoveHaiti, campagne officieuse qui a lancé le 12 janvier une cagnotte sur GoFundMe. Puisque l'idée de Fabien Godard, créatif chez Parkour Studio, est de promouvoir sur le ton de l'ironie son île à Washington D.C, grâce aux fonds récoltés qui serviraient à payer des espaces publicitaires pour une campagne qui n'en est pour l'instant qu'à l'état de projet. Puisque #LoveHaiti n'a engrangé pour l'heure que 6000$ sur les 40 000 nécessaires, soit quand même de quoi s'offrir deux panneaux d'affichage sur une autoroute qui dessert la capitale fédérale. Pour 15 000,  le billboard sera en centre-ville et pour 5000 de plus, la campagne se moquera du " génie " de la Maison-Blanche sur quelques panneaux d'arrêts de bus. " Au début j'ai considéré ces propos comme une attaque violente, comme si tous les Haïtiens avaient été persécutés. Puis, quand j'ai vu toute la presse en parler, je me suis dit que ça allait affecter l'image et la réputation de notre pays et ça m'a rendu furax ", explique Fabien Godard dans AdNews.

 

 

La Namibie réplique aussi en parodiant le fameux "America First "

 

" Les Haïtiens ont été très actifs sur les médias sociaux après la divulgation des propos de Trump, partageant des photos et des expériences qui contrastaient tellement avec ses mots. C'est ce qui m'a donné l'idée de la campagne, qui n'a pu voir le jour que par notre volonté de changer la narration autour de notre pays ", poursuit le créatif de Port-au-Prince. Après avoir d'abord utilisé le logo officiel de l'office de tourisme haïtien, l'agence a dû le remplacer par un hashtag car la campagne n'est pas officiellement celle du gouvernement, même si ce dernier ne l'a pas condamnée. C'est que les armes créatives de la pub proposent un contre-pied parfait aux attaques verbales supposées du président américain.

 

" Nous nous servons de la médiatisation de la polémique pour mettre en avant une autre facette d'Haïti, plus souvent oubliée, notamment sa culture et son patrimoine historique. Haïti ce n'est pas uniquement la carte postale des plages et des chutes ", argumente le créatif de Parkour Studio. Transformer la calomnie en produit d'appel publicitaire, c'est exactement ce qu'a fait le tour operator namibien, Gondwana Collection, dans un style beaucoup plus drôle similaire aux parodies internationales de l'an dernier moquant " l'America First " du successeur de Barack Obama. Vue jusque-là presque 450 000 fois, cette vidéo satirique qui dure presque 2 minutes,  imite la voix et le phrasé du président étasunien. Tandis que celle d'une émission TV des Pays-Bas sur le même thème et tout aussi décalée, a été la plus virale.

 

 

 

 

 

 

 

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