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Des jeux vidéo pour trouver un boulot


Publié le 21/01/2019

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CodinGame est une plateforme de recrutement de développeurs via des jeux en ligne. 1,3 million de « geeks » ont déjà succombé à cette formule pour le moins originale.

 

 

Et si pour trouver un boulot, on allait jouer ? Oui, vous avez bien lu… Joindre l’utile à l’agréable est désormais possible grâce à CodinGame. Cette start-up montpelliéraine, fondée en 2014, est une plateforme de recrutement de développeurs via des jeux en ligne.

 

Les trois fondateurs de cette société de vingt-cinq salariés, Frédéric Desmoulins, Nicolas Antoniazzi et Aude Barral, sont partis d’un simple constat. « Beaucoup de développeurs se sont formés tout seuls sur le web », raconte cette dernière « Frédéric était, lui-même un autodidacte complet avec seulement le bac en poche lorsque des entreprises, pour qui il souhaitait travailler, lui ont conseillé de reprendre ses études. Il a donc décroché un master mais il n’a pas eu l’impression d’avoir appris grand chose pendant son cursus. L’idée nous est donc venue de trouver un autre moyen de tester la connaissance des développeurs que leurs simples diplômes ».

 

 

Une « tribu » présente dans 175 pays

 

Rapidement, les trois jeunes associés ont pensé au… jeu. « Le support de la gamification est intéressant pour plusieurs raisons », résume Aude Barral « Il encourage tout d’abord les utilisateurs à se dépasser, il donne le sens du challenge et permet de jalonner sa progression tout en apprenant de nouveaux langages ». CodinGame aide ainsi les passionnés d’informatique à améliorer leurs compétences en code grâce à des jeux en ligne de difficulté croissante. Aujourd’hui, cette plateforme regroupe une communauté de 1,3 million de développeurs répartis sur 175 pays.

 

Plus de 500 entreprises à grande majorité étrangères ont déjà fait confiance à cette PME du sud de la France. « Nous sommes dans un secteur sous tension dans lequel les entreprises ont beaucoup de mal à recruter les profils dont elles ont besoin », souligne la co-fondatrice de la société « Le jeu est un format qui convient très bien aux développeurs et il permet aux sociétés de mettre en avant leur marque de manière différente. Certains clients nous demandent ainsi d’imaginer des jeux spécifiquement pour eux. Cela permet de renouveler la pratique du recrutement ».

 

 

Un professeur de hautbois plus fort qu’un Polytechnicien

 

Tester les « candidats » en fonction de leurs capacités et non pas de leurs diplômes peut également révéler de jolies surprises. Lorsque le fabricant de drones, Parrot, a lancé en 2014 le challenge « Game of Drones » sur CondinGame, ses dirigeants ne se doutaient pas que le grand vainqueur de ce concours ne serait pas cet ancien polytechnicien qui est arrivé second mais un professeur de musique quarantenaire passionné de hautbois. « Codingame m’a permis de réaliser une reconversion professionnelle et de trouver un emploi, alors même que je ne le cherchais pas ou peut-être seulement de façon inconsciente », raconte Louis-Joseph Fournier aka Loujo sur la plateforme « Participer au challenge d’IA « Game of Drones » m'a conduit à une opportunité de recrutement. Si j’avais voulu provoquer un changement professionnel vers le développement informatique, j’aurais peut-être pu être indépendant mais difficilement me faire embaucher, et sûrement pas comme ingénieur, sans refaire des études. Je pense que dans mon cas, je n’aurais pas pu accéder à la carrière que je mène actuellement, sans Codingame ». Dave Bogaerts, aka McKelian, ne dit rien d’autre : « CodinGame permet de se faire remarquer, d’être quelqu'un, vante ce quarantenaire. Quoi de plus anonyme qu'un « ingénieur informaticien » ! C'est ma participation à « Vox Codei » qui m'a fait remarqué par la société Eveler dans laquelle je suis aujourd'hui en poste. C'est sûr que mon CV seul, ne m'aurait pas ouvert les portes de cette entreprise ».

 

80% des participants aux jeux mis au point par la start-up française ne recherchent pas activement un emploi. 20% sont des étudiants et des jeunes diplômés, beaucoup d’autres sont des curieux. « Moins de 5% des membres de notre communauté veulent réellement trouver un nouveau poste », avoue Aude Barral « Nous nous comparons souvent à un site de rencontres. Nous pouvons calculer le nombre de rencontres que nous permettons de créer mais pas les mariages qui ne se seraient pas faits sans nous ».

 

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