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Burundi, vous avez dit paradis ?


Publié le 17/05/2018

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La situation désastreuse du Burundi et ses 400 000 réfugiés politiques, ça vous parle ? Pas complètement.  La FIDH et We are Social, son agence, vous met dans le bain. Entre tourisme et réalisme, une campagne web qui ne peut que vous interpeller et vous engager.

 

Pendant que les Français mettent des croix dans le calendrier, comparent les vols, achètent des billets, réservent des bungalows, villas et autres chambres d’hôtels tout en préparant leur « beach body », le Burundi et ses habitants vivent un calvaire. Alors que sur le papier et dès le premier coup d'oeil vs ses plages paradisiaques, ce pays pourrait facilement s'ajouter à la wish list des destinations estivales. Et bien non ! En trois ans, les violences politiques ont fait plus de 1700 morts et poussé 400 000 Burundais vers l’exil.

 

Entre avril 2015 et le 6 mai 2018, la Ligue ITEKA a répertorié 1710 meurtres, 486 cas de disparitions forcées, 558 victimes de torture et 8 561 arrestations arbitraires, des exactions majoritairement liées à la crise politique et à la répression du régime. Or double peine, ces victimes sont en plus « oubliées » par les organisations internationales à en croire les budgets d’aide qui leur ont été alloués. Ainsi l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) n’a recueilli que 9 % des fonds nécessaires pour leur venir en aide en 2018.

 

 

Fausse campagne, une mécanique qui roule 

 

Pour sensibiliser l’opinion publique sur cette situation alarmante et répondre au pouvoir en place Burundais -qui organise cette semaine un référendum consacrant la dérive autocratique du régime- la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme), accompagnée par l’agence We Are Social, lance une campagne « touristique » pas comme les autres : « I Love Burundi / I Leave Burundi ». Le principe est simple : partir d’un décor de carte postale idyllique invitant au tourisme pour finalement dévoiler la brutale réalité politique du pays.

 

Pour ajouter de la crédibilité, l'agence a imaginé un dispositif sur le digital orchestré en deux temps : d’abord, l’apparition d’une nouvelle agence de voyage, Destination Burundi, mettant en ligne un film touristique promotionnel, intitulée « I love Burundi », dévoilant une vision lénifiante et palpitante du pays. En bref, la version édulcorée telle qu’elle est présentée par ses dirigeants... avant de passer aux choses sérieuses et de rétablir certaines vérités avec la suite. Quelques jours plus tard est alors apparu « I leave Burundi », une suite du film donnant la parole à des opposants au gouvernement qui n’ont eu d’autre choix que de s’exiler pour fuir terreur et répression. Un contenu nourri par des capsules vidéo mises en ligne progressivement, sur les pages Facebook et Twitter de FIDH et de Destination Burundi afin de prolonger la conversation et permettre une sensibilisation pérenne.

 

 

Sensibiliser, une mission qui n'est pas des plus aisées

 

Une mécanique de « fausse campagne déjà bien rodée mais qui pourtant perdure, n’épargnant pas les idées reçues. En octobre 2016, We Are Social venait déjà en soutien à la FIDH avec une campagne virale autour du hashtag : #ThisIsmyGenocide intitulée #StopThisMovie alertant sur la dérive violente du régime burundais. À la question de comment alerter l’opinion publique sur des situations qui de prime abord ne la concerne pas vraiment ni ses proches, il semblerait que l’association soit sur la bonne voie.

 

INfluencia étudiait récemment la question avec des campagnes grandes causes très diverses mais toutes réunies autour de cette problématique. De la situation des SDF en Allemagne au travail forcé des enfants en Afrique en passant par les avis d’exclusion des personnes en situation précaire en France, les agences ont bien compris qu’il leur fallait passer outre les poncifs publicitaires, moroses et miséreux pour aller surprendre le consommateur, dans ses usages et ses a priori. On pense à la campagne #NoPriceOnKids d’Unicef par BrandStation qui détournait la fonction Shopping d’Instagram en mettant en vente des enfants pour rendre compte de leur inconcevable marchandisation.  Comme on pense aussi à la campagne « Repicturing Homeless » d’Havas défiant la perception stéréotypée des SDF en les mettant en scène dans une série d'images de stock. Des luttes multiples et diverses mais une ambition commune : sensibiliser pour faire bouger les lignes. Et pour arriver à leur fin, un outil commun : la créativité.

 

 

 

 

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