Quiz fake news : avez-vous vraiment l’esprit critique face à la désinformation ?
Une étude de Cision révèle que les Français peinent à identifier les infox, avec une note moyenne inquiétante de 5,4/20.
« 7/20 : Une volonté de bien faire mais de gros progrès sont nécessaires pour s’approcher de la moyenne. » Voilà le commentaire que mon correcteur pourrait me faire en regardant les résultats de mon Quiz Anti Fake News.
Ma note n’est pas fameuse mais elle est légèrement supérieure à la moyenne de 5,4/20 obtenue par les 2000 Français qui ont répondu aux vingt questions imaginées par les experts de Cision.
Le leader mondial de la veille et de l’analyse media a réalisé ce test afin de mesurer nos capacités à comprendre les mécanismes de la désinformation. Et le moins que l’on puisse dire est que ce sondage prouve à quel point nous semblons démunis face aux fake news qui nous tombent dessus à toute heure du jour et de la nuit.
Intelligence Artificielle, réseaux sociaux, influenceurs mal intentionnés, guerre informationnelle militante… Les fake news n’épargnent aucun pan de la société, ni aucun citoyen. Que ce soient les adultes, les plus jeunes, les urbains, les ruraux, les sympathisants de droite ou de gauche, les CSP+ comme les employés.
« La désinformation a deux particularités : elle nous touche tous et toutes, et nous avons tous et toutes l’impression personnelle d’être prémunis contre ses effets », alerte Thomas Huchon, un journaliste spécialisé dans les infox et les théories du complot, qui a écrit deux livres intitulés Anti Fake News et Résister aux Fakes News.
A l’occasion de la 37e édition de la Semaine de la Presse et des Médias organisée du 23 au 28 mars 2026 par le Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (CLEMI), Cision a souhaité tirer une sonnette d’alarme.
Les jeunes repèrent mieux la désinformation que leurs aînés
Contrairement aux idées reçues, les plus jeunes semblent être ceux qui « flairent » le mieux les Deep fakes. La GenZ (18-24 ans) est en effet la classe d’âge qui obtient la moins mauvaise moyenne (6,7/20), les notes empirant les années passant. Les 65 ans et plus, qui sont nés à une époque durant laquelle internet et les réseaux sociaux n’existaient pas, sont les cancres de la classe avec un score de 4,8/20.
Le citoyen le moins crédule est âgé de 18 à 24 ans, titulaire d’un diplôme du second ou troisième cycle, issu d’une banlieue aisée de l’agglomération parisienne, sympathisant écologiste, se déclarant sans religion, s’informant sur internet et surfant moins de deux heures par jour sur les réseaux sociaux.
Moins un Français passe de temps sur les réseaux sociaux et plus sa note est élevée. Ceux qui surfent moins de deux heures par jour obtiennent ainsi une moyenne de 5,6 contre 4,9 pour les accrocs qui sont sur la Toile plus de cinq heures quotidiennement.
Le niveau d’instruction et socio-économique sont déterminants
Le niveau d’étude est un autre facteur clé. Si les titulaires d’un second ou troisième cycle universitaire décrochent la note de 7,6/20, les bacheliers obtiennent tout juste 5,3 et ceux qui ont arrêté l’école avant, à peine 4,4/20. Les cadres et les professions intermédiaires supérieures font, pour leur part, nettement mieux (7,3/20) que les élèves et les étudiants (6,4/20) ou les professions intermédiaires à (6,2/20).
Le lieu de résidence joue également dans la capacité à reconnaître une fake news. Les habitants de l’agglomération parisienne voient leur copie mieux notée (6,2/20 contre 5,3 pour ceux des villes de province et 5,1 pour les communes rurales). En revanche, mieux vaut vivre dans une banlieue aisée (6,5/20) que dans le centre-ville (5,8/20) ou dans une ville isolée (4,8).
Côté politique, la gauche fait mieux que la droite. Souvent confrontés à la désinformation climatique, la palme revient aux écologistes, qui remportent une moyenne de 8,1/20. Ils sont suivis par La France Insoumise (6,3/20). À l’opposé, en bas du tableau, on trouve les sympathisants du Rassemblement National (4,3/20). Ces chiffres doivent nous interpeller.
« Il me semble que le constat de cette étude est clair quant à l’urgence d’élever les barrières de l’esprit critique pour se protéger du fléau de la désinformation, souligne Cyndie Bettant, cheffe du projet Anti Fake News pour Cision. C’est notre vivre ensemble et notre démocratie qui doivent être préservés. Polarisation, perte du dialogue, violence : on en voit les effets réels au quotidien. »
400 milliards de dollars en 2024
Au-delà de son aspect sociétal, cette étude doit également réveiller certaines consciences dans les entreprises et auprès de leurs dirigeants. « La désinformation les concerne et elle a un coût économique, ajoute Cyndie Bettant.
Dans un article paru dansLes Echos, elle aurait coûté plus 400 milliards de dollars en 2024. Impact sur la réputation des marques, fraudes, faux avis en ligne, fausses fermetures de magasins, perte de confiance généralisée : cet environnement de défiance n’est pas propice aux entreprises et au business, et la direction générale doit sensibiliser l’ensemble de ses employés sur la question. »
Le meilleur moyen d’atteindre cet objectif est, peut-être, de les encourager à répondre aux questions du Quiz Anti Fake News. Le lien pour vous tester est ici. Bon courage et préparez-vous à vous coiffer d’un bonnet d’âne…