27 janvier 2026

Temps de lecture : 3 min

Moins routinier, plus équilibré, plus convivial… les Français veulent redonner du sens au dîner

Une large majorité de Français aspire à redonner du sens au dîner qu'ils jugent trop rapide, trop routinier, parasité par les écrans. C’est ce que révèle une étude OpinionWay qui dresse le portrait d’un repas du soir en pleine mutation.

Le constat est sans appel selon l’étude Opinionway : 71 % des Français déclarent vouloir changer leurs habitudes dinatoires cette année. Cette proportion pour le moins élevée traduit notre malaise latent face à un rituel devenu, pour beaucoup, mécanique, monotone et, oserait-on dire, indigeste.

Si le repas du soir reste un pilier de la culture française, il semble aujourd’hui en tension entre les contraintes du quotidien qui nous empêchent de manger en paix et nos aspirations nouvelles qui sont parfois difficiles à réaliser. Nos envies de changement sont multiples.

Faire du dîner un rendez-vous choisi plutôt que subi

Près de la moitié des personnes interrogées souhaitent modifier à la fois le contenu de leurs repas et la façon dont ils vivent ce moment. Un peu moins d’un quart des sondés (23%) pense que le dîner devrait redevenir un temps fort de la journée, un rendez-vous choisi plutôt que subi.

La monotonie alimentaire apparaît comme l’un des principaux points de crispation. Un Français sur trois veut ainsi davantage varier ses menus et un quart de nos compatriotes aimerait que cuisiner devienne une source de plaisir et d’accomplissement personnel.

Derrière ces chiffres se dessine une évolution profonde du rapport à l’alimentation. Le dîner n’est plus seulement une réponse à un besoin physiologique mais un espace d’expression, de créativité et de bien-être.

87% des jeunes veulent faire évoluer leurs dîners en 2026

Cette volonté de transformation est particulièrement marquée chez les moins de 35 ans. 87% d’entre eux envisagent de faire évoluer leurs dîners en 2026, qu’il s’agisse de manger plus équilibré, de partager davantage ou de rompre avec des habitudes jugées obsolètes. Chez les jeunes générations, le repas du soir devient un véritable projet de vie, à la croisée de la santé, du lien social et de l’organisation du temps.

Ce sont aussi ces mêmes générations qui illustrent les paradoxes contemporains : les écrans sont omniprésents à table, brouillant la frontière entre partage et distraction.

Les catégories populaires affichent une plus forte volonté de changement alimentaire (53% contre 44% des catégories socioprofessionnelles favorisées) et se distinguent par une plus grande recherche d’accomplissement par la cuisine : 28% aspirent à préparer des plats dont ils se sentent fiers (contre 19% des plus aisés), traduisant un rapport au dîner à la fois pragmatique et symbolique.

Trop expéditif, trop répétitif et morose

Le dîner souffre actuellement d’un déficit relationnel important. 45% des Français le jugent trop expéditif, et 34% estiment qu’il ne permet pas de véritables discussions avec leurs proches. Pour certains, le malaise va plus loin : près d’un quart des sondés reconnaissent redouter parfois les dîners en tête-à-tête, signe que ce moment peut devenir une contrainte sociale.

Les conversations elles-mêmes semblent s’essouffler. L’actualité, le travail ou encore la nourriture dominent les échanges, au détriment de sujets plus personnels. Cette répétition de thèmes plutôt moroses alimente la lassitude et affaiblit la dimension conviviale du repas.

Revenir sur les dernières élucubrations de Donald Trump, parler d’une réunion houleuse au bureau ou évoquer les plats que l’on aimerait manger au lieu de ceux qu’on avale sans même y pense ont, effectivement, peu de chance de nous ouvrir l’appétit…

Écrans à table : le grand perturbateur

L’autre facteur clé de cette dégradation de notre relation avec le repas du soir tient en mot : écrans. La télévision, les plateformes de streaming et les réseaux sociaux se sont invités à nos tables. Plus d’un tiers des Français avouer manger régulièrement devant Netflix ou leur téléphone, et près d’un sur trois pratique le plateau-télé. Presque la moitié de nos compatriotes estime que la télévision a progressivement grignoté le rituel du dîner.

Face à ce constat, une prise de conscience émerge. 17% des Français envisagent de supprimer les écrans à table en 2026, une résolution encore plus répandue chez les familles. Cette tentative de reconquête du temps partagé dans un quotidien saturé de sollicitations numériques, n’est toutefois pas gagnée d’avance.

Moins de bruit, moins d’écrans, moins de précipitation

Loin d’annoncer la disparition du repas du soir, l’étude révèle au contraire un attachement profond à ce moment. Les Français ne veulent pas moins dîner ensemble, mais mieux dîner ensemble. Manger plus équilibré, échanger davantage, prendre son temps, retrouver une forme de plaisir simple… Tous ces objectifs traduisent une aspiration collective à améliorer la qualité de vie au sein du foyer.

Finalement, ce que les Français veulent changer n’est pas tant ce qu’il y a dans l’assiette que ce qu’il se passe autour de la table. Moins de bruit, moins d’écrans, moins de précipitation. Et davantage de regards, de paroles et de moments partagés.

Dans un monde où tout s’accélère, le dîner apparaît comme l’un des derniers espaces où reprendre la main. Un petit moment du quotidien, mais un grand levier pour mieux vivre ensemble.

Les plus anciens se rappellent la « messe » dominicale durant laquelle toute la famille se retrouvaient pour regarder après diner le film du dimanche soir sur TF1.

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