AccueilL'OBSERVATOIRE INFLUENCIATWITTER : LE MEILLEUR ENNEMI DES PERSONNAGES PUBLICS ?

Twitter : le meilleur ennemi des personnages publics ?


Publié le 15/09/2016

Image actu

 

Laurent Ruquier vient de s’insurger contre Twitter allant jusqu’à définir le réseau comme une « Fachosphère ». Avant lui, plusieurs personnalités avaient déjà été affectées par la haine véhiculée sur les réseaux sociaux. Christophe Willem s’en était désinscrit à cause d’un e-harceleur récurrent. Pourquoi Twitter est-il aujourd’hui pointé du doigt comme le meilleur ennemi des personnages publics ?

 

Le réseau social le plus exposé

 

Avec son contenu totalement public, Twitter est, par essence, le plus exposé des réseaux sociaux. Contrairement à Facebook, par exemple, qui reste dans la sphère du privé et des amis. Laurent Ruquier vient de s’insurger contre le réseau allant jusqu’à le qualifier de « Fachosphère » qui ne représente en aucun cas l’opinion publique. Or, tout le monde peut y lire, commenter, relayer et partager les messages. Y compris les commentaires négatifs ou même polémiques. Les attaques et autres critiques y ont donc un retentissement supérieur à d’autres terrains d’expression que sont les réseaux sociaux. Finalement, le problème de la « haine » ou du harcèlement n’est pas tant un problème de Twitter qu’un problème, plus global, inhérent au web, où chacun peut s’exprimer sans décliner son identité. Cet anonymat, tout relatif, est en effet plus propice aux déclarations acerbes.

 

 

Le média de l'instantané


Un propos, publié par n’importe quel utilisateur, sans avoir été soumis à une quelconque vérification, peut être porté à la vue d’un très grand nombre de personnes. Certains sujets prennent ainsi de l’ampleur en seulement quelques secondes. De fait, les personnalités prennent de plein fouet des critiques ou agressions qui auparavant seraient restées lettres mortes. Cela fait de Twitter un levier de promotion et d’autopromotion très puissant que les personnalités savent par ailleurs très bien exploiter lorsqu’il est tourné à leur avantage.

 

Lorsque les propos sont injurieux ou vont jusqu’à relever du harcèlement ou de la diffamation, la viralité de Twitter peut en effet devenir problématique. Citons l’exemple de Christophe Willem qui s’était désinscrit à cause d’un e-harceleur récurrent ou encore des propos sexistes ou racistes qui dérivent de certains hashtags. Les questions de modération et de lutte contre le harcèlement représentent un enjeu majeur pour Twitter. Jack Dorsey, PDG de Twitter, a annoncé en mai dernier que la sécurité serait une des cinq priorités du réseau pour l’année à venir. Des améliorations allant dans ce sens ont déjà été observées avec les blocages des utilisateurs, des tweets cachés ou encore des signalements de contenus gênants. Un chantier conséquent auquel s’attèle le réseau.

 

 

L'éternel débat sur la liberté d'expression sur Internet

 

Il ne faut pas confondre « l’opinion » à savoir des tendances de fond pensées et partagées par le plus grand nombre et « une opinion » qui paraîtra plus minoritaire mais qui aura, comme tout autre message, accès à la caisse de résonnance de Twitter. Par ailleurs, la dimension internationale du réseau complexifie ce débat sur la liberté d’expression sur Internet. En effet, ce qui est tabou dans un pays ne l'est pas forcément dans un autre pour des raisons culturelles ou autres. Afin de combattre la propagation de discours de haine ou de harcèlement, les groupes Facebook, Twitter, Youtube et Microsoft se sont récemment investis auprès de la Commission Européenne en signant un « code de conduite ». Celui-ci vise à déployer une série d’engagements pour améliorer la modération sur chacun de leur réseau respectif.

 

En conclusion, Twitter a les défauts de ses qualités. Son ADN même lui confère la puissance qu’on lui connait aujourd’hui et c’est une des raisons pour lesquelles il est toujours le premier réseau sur le devant de la scène. Reste à tout un chacun de savoir analyser et prendre la mesure des messages qui y circulent avant de les partager au plus grand nombre. Et aux réseaux sociaux de poursuivre leurs démarches vers une modération plus fine.

Commentez


Abonnez-vous à la revue


RECHERCHER PAR