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Des pistes pour apprivoiser le Bitcoin


Publié le 12/08/2014

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Derrière ses promesses de sécurité, de quasi absence de frais, elle donne l'impression de s'être mise en marche pour flanquer une bonne rouste au monde de la finance. Le Bitcoin, qu’a-t-il vraiment dans le ventre ? Selon l’un des sites dédiés, bitcoin.org, il s’agit d’« un moyen décentralisé, sécurisé et économique de traiter des paiements ». Sa fonction primaire repose donc sur l’échange. Concrètement, la permutation s’opère entre deux portefeuilles virtuels, à savoir des logiciels « open source » installés sur un ordinateur. Des « pièces » dématérialisées y transitent de façon directe et irréversible, « du claver, au clavier », sans aucun intermédiaire, sans aucune banque, dimanche et jours fériés. Ces logiciels libres, il en existe un bon nombre et sont compatibles les uns avec les autres. En bref, on peut acheter ce qu’on veut, dans la mesure des fonds disponibles et surtout à condition que le vendeur l’accepte.

 

 

A l’heure actuelle, près de 3000 points de vente internationaux, essentiellement des structures e-commerces, s’y sont mis. Un chiffre nécessairement voué à gonfler compte tenu de sa couverture médiatique et de l’engouement qu’il suscite. Parmi ces commerçants figurent les stars du tourisme Expedia et Virgin Galactic. En France, pour le moment, on ne peut flamber avec le Bitcoin que de façon très anecdotique. Mis à part le site leboncoin.fr, où il s’utilise pour régler certaines annonces, le fleuron digital national est encore timide. Du côté des commerces physiques, l’enseigne Bricomarché, dans son magasin de Meximieux, semble tenter l’expérience. On y teste la façon dont sa clientèle s’approprie ce protocole avant de déployer l’usage sur l’ensemble de son réseau.

 

L’enseigne Monoprix a annoncé en avril dernier son intention d’ouvrir d’ici la fin 2014, ses tiroirs de caisses enregistreuses aux porteurs de Bitcoins. L’avenir dira, en revanche, si le distributeur ira jusqu’au bout de sa politique commerciale ambitieuse, ou s’il ne l’a en réalité dégainée le premier que pour faire un peu de bruit.

 

 

Comment est-il possible de l’intégrer aux disciplines de la communication ?

 

Tout simplement pour commencer en l’acceptant, en l’intégrant aux factures. Son existence encore toute fraîche, ses traits mystérieux et sulfureux, son pouvoir médiatique, son berceau geek peuvent offrir des opportunités de communications séduisantes aux agences qui en saisiraient la primeur. Sur le terrain opérationnel, en matière d’applications, le Bitcoin a toute sa place aux billetteries d’événements payants. Concerts, festivals, salons grand public ou professionnels... Les organisateurs pourraient se l’approprier et réinventer de nouveaux passages coupe-files dédiés.

 

 

Coup médiatique

 

On a tous encore quelque part en tête le souvenir de l’événement Mailorama à la Tour Eiffel. La célèbre tentative de distribution d’euros qui avait fait plus de bruit que de frais.

 

 

Navigation à vue

 

On peut s’interroger sur l’avenir des devises historiques : quid du Dollar, des Roubles, des Couronnes, des Dirhams, de l’Euro et autres monnaies désormais de Néandertal. Enterrées ? A la Maison du Bitcoin, située en plein cœur de Paris, le discours est à la relative prudence. Dans cet espace de coworking où des start-up réfléchissent aux structures techniques pour accompagner sa diffusion, le réalisme est préféré au fantasme. « On est sur une monnaie de complément, avec les monnaies traditionnelles, qui petit à petit prend du terrain. On peut comparer ça au mail. Son existence n’a pas enterré définitivement l’envoi de lettre par la poste » explique Adrien, responsable de développement. On est donc encore loin de la grande déferlante qui relèguera Wall Street au rang de musée.

 

Toutefois sa façon de se diffuser étonne. Il n’a aucune structure officielle, n’appartient à personne. Et personne ne sait réellement qui l’a créé, un homme, une multinationale... Tout le monde peut s’improviser VRP du Bitcoin. D’après la Maison parisienne, il n’existe pas de plan de développement construit avec de vrais objectifs comme il en existe dans les entreprises privées. Bitcoin fait appel à la contribution de développeurs web et à tous les génies de l’informatique de la planète.

 

Ce n’est pas sans soulever de nombreuses questions, notamment en ce qui concerne le terrain de sa communication et la façon de la maîtriser. Y’a t-il un pilote pour conduire les crises ? Sa notoriété se construira-elle solidement avec une multitude d’acteurs, sans qu’aucun ne se concerte jamais réellement ? Un peu un principe extraterrestre. Risqué, surtout si le Bitcoin venait à atteindre la galaxie du grand public, à qui il faudra apporter tous les enseignements pour bien l’utiliser.

 

 

Info pratiques

 

Où se fournir de Bitcoin ?

 

Il y a plein de dealers officiels de Bitcoins sur internet. En France, les services de Paymium sont parmi les plus reconnus.

 

Existe t-il des Bitcoin à l’infini ?

 

Il y aura à terme, d’ici 2140, un total 21 millions de Bitcoins mis en circulation. Ils sont émis de façon lente et dégressive. Aujourd’hui, 12 millions peuvent passe d’un portefeuille à un autre. C’est environ l’équivalent de 5 milliards d’euros (au taux moyen actuel).

 

 

Bonus - Et niveau sécurité ?

 

Le système se dit ultra-sécurisé. Toutefois, pour autre qualificatif, il préfère l’emploi de « cryptographie de niveau militaire » à celui « d’infaillible ». « Il n’y a pas de système infaillible, une chose est certaine, il est impossible de détourner une somme durant son transit », explique un acteur du secteur. Encore faut-il être sûr de son système informatique personnel, essentielle source de vulnérabilité. Il est fortement recommandé d’être très prudent avec son portefeuille. En effet, tant que les utilisateurs protègent leur accès, Bitcoin.org l’assure, « personne ne peut prendre la main sur un compte qui ne lui appartient pas ».

 

Maxime Godart, Fondateur de Léopold, Conception-Rédaction / Stratégie éditoriale

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