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La voiture connectée : la nouvelle conquête de la data


Publié le 12/01/2014

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Le 6 janvier, Google annonçait la création de l’Open Automotive Alliance, qui sept ans après le succès phénoménal de l’Open Handset Alliancer, un groupe de 84 acteurs économiques réunis pour faire avancer les technologies mobiles, prend la même recette pour encore imposer Android dans notre quotidien, cette fois à l’intérieur de nos véhicules. Décrite dans la présentation publiée par Google comme « une alliance globale des leaders automobiles et technologiques pour amener Android dans les voitures à partir de 2014 », l’OAA rassemble des constructeurs pionniers de la voiture connectée comme Audi, Honda et Huyndai.

 

La guéguerre pour l’intégration des systèmes d’exploitation mobile dans nos quatre roues est ouverte ! Google au travers d'Android se pose comme un fédérateur du marché automobile et entend bien imposer son influence sur ce secteur économique. " La voiture est l'expérience mobile ultime ! Avec l'implantation d'un système identique aux smartphones et adapté aux véhicules, la vision futuriste de la voiture ne sera plus un rêve. L'OAA a pour mission de mettre sur le marché les meilleurs véhicules par marques " , explique Jen-Hsun Huang, le président de NVIDIA qui est aussi dans la boucle. " Les consommateurs et le monde de l'automobile n'ont jamais été aussi en phase. Cette alliance aura pour mission de consolider ces relations en offrant des innovations encore plus efficaces. Et surtout travailler ensemble autour d'un écosystème commun va faciliter et aider les conducteurs " , précise Ricky Hudi, Head of Electrics/Electronics Development du constructeur allemand AUDI AG

 

 

Des datas à profusion

 

Pour Apple et Google, c’est un levier historique dans la récolte des données. Sous couvert d’être servi et aidé dans son quotidien connecté, le consommateur est tracé par les marques dans ses moindres faits et gestes. Les prémisces d'un monde Orwellien ? Dans l’avènement programmé et excitant de l’Internet Of Things, la voiture connectée constitue un outil unique de surveillance du consommateur en temps réel. Une surveillance qui pourra aider la navigation du conducteur et dans un même temps faciliter la vie des annonceurs qui auront à leur disposition une masse de données qui n'existe pas aujourd'hui

 

Afin de bien comprendre les enjeux économiques et technologiques de l’OAA et de « iOS in the car » sur le marché et les consommateurs, INfluencia a interrogé un spécialiste français de la technologie automobile, Emmanuel Genty, rédacteur en chef d’Autosource.fr.

 

 

INfluencia : Quels sont les enjeux et conséquences de l’arrivée de Google dans la voiture connectée ?

 

Emmanuel Genty : Comme il s’est fait une place sur le marché des smartphones et tente de le faire sur celui de la télévision, Google vient de lancer son offensive dans le domaine de la voiture connectée et de « l’info-divertissement » embarqué. Avec General Motors, Audi, Honda, Hyundai ainsi que le fabricant de processeurs Nvidia, son Open Automotive Alliance a fière allure. Son but est d’imposer Android comme système d’exploitation du système multimédia de votre voiture. Ce qui vous permettra de faire le lien et de ne pas perdre vos habitudes par rapport à votre smartphone.

 

Mais cela permettra aussi à Google de conserver le lien avec vous là où il ne l’avait pas, c’est-à-dire durant vos trajets. Le géant de l’Internet sait déjà tout de vous ou presque et il compte bien ajouter le suivi en temps réel de vos déplacements. Pour vous faciliter le voyage bien entendu, avec des applications de navigation, de musique, de divertissement ou bien encore de renseignements, mais aussi pour vous mettre en relation avec ses annonceurs. Le GPS pourra ainsi vous annoncer que vous passez à proximité d’un magasin Bricomarché, vous qui avez effectué une recherche sur les clés à molette la veille sur votre smartphone. Ici, l’enjeu est celui de l’unification des plates-formes entre PC, smartphone, tablette, télévision et voiture, pour déployer le même type de services quel que soit l’écran que vous avez sous les yeux. Cela permettra à des développeurs indépendants de proposer leurs applications pour la voiture comme ils le font déjà pour les smartphones et les tablettes. Les conséquences sont une mainmise encore plus poussée de Google sur vos activités et votre vie privée. Dans le but de mieux vous « servir » bien entendu, mais aussi de mieux vous pister pour en retirer encore plus de bénéfices.

 

 

INfluencia : L’OAA est lancé après la première initiative d’Apple, qui a lui aussi fédéré les grands acteurs du marché. La guerre est-elle lancée ?

 

EG : Oui et c’est d’abord une guerre commerciale. Google et Apple sont adversaires sur le marché des smartphones et la bataille dévie aujourd’hui vers les téléviseurs, tout en commençant à se jouer dans l’automobile. Apple a pris un coup d’avance grâce à de nombreux brevets et à son système iOS 7, qui comporte une partie baptisée « iOS in the car ». L’iPhone est répliqué sur le système multimédia de la voiture et sert à piloter la musique, la navigation et la téléphonie.

 

Il est d’ailleurs très intéressant de noter que parmi les signataires de l’Open Automotive Alliance, on trouve General Motors et Honda, qui sont les deux marques ayant déjà lancé des modèles avec iOS intégré. Cela ressemble fort à de belles « prises de guerre ». Pour le moment, les stratégies divergent puisqu’Apple met toujours au centre de son système l’iPhone –c’est-à-dire le téléphone en tant qu’appareil–, indispensable pour profiter d’iOS in the car. Google lui souhaite imposer son système d’exploitation au cœur de l’habitacle, sans qu’il ne soit forcément nécessaire de relier cela à un téléphone. Mais le but poursuivi est le même : s’imposer à côté du conducteur et de ses passagers.

 

 

INfluencia : Peut-on parler d’une avancée cruciale pour la démocratisation de la voiture connectée ?

 

EG : La voiture connectée, aujourd’hui, est une réalité. A de rares exceptions près, toutes les marques proposent dans leurs modèles des systèmes multimédia avec navigation et connexion Internet. Ce qu’on attend désormais d’une voiture connectée, c’est qu’elle communique avec l’extérieur. Certaines voitures électriques le font un peu pour connaître le nombre de places libres dans la station de recharge la plus proche par exemple. Mais bientôt, les voitures communiqueront entre elles (V2V), avec les infrastructures (V2X) ou le mobilier urbain. Le but ? Qu’elles soient prévenues d’un accident, d’une plaque de verglas sur la chaussée, d’un bouchon (et être orientées ainsi vers la prochaine sortie) ou pour réguler leur vitesse par rapport aux prochains feux tricolores - dans le but de passer au vert.

 

De nombreuses expérimentations sont en cours, notamment à Toyota City, au Japon. La grande avancée technologique du moment concernant la voiture connectée est la même que dans la téléphonie mobile. Il s’agit tout simplement de la 4G, qui va permettre en voiture de bénéficier de hauts débits de téléchargement, pour profiter de vidéos en streaming par exemple ou pour partager la connexion entre tous les passagers.

 

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

Rubrique réalisée en partenariat avec Leo Burnett

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