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Impression 3D : entre opportunités et réalité sociale


Publié le 14/02/2018

Image actu

L’impression 3D s’est annoncée il y a plus de 30 ans avec une idée désarçonnante : un monde de machines qui fait de la fabrication un élément étranger aux corps. Se recentrant exclusivement sur le caractère « pensant » de la conception. Le concept a fait son chemin en entreprise, comme en témoigne la diversité des utilisateurs de la plateforme Solidworks, réunis les 5, 6 et 7 février à Los Angeles. Et nous consommateurs ?

 

Faire l’économie de la fabrication pour se concentrer sur la créativité de la conception. L’idée est alléchante, et gentiment conquérante. Alors que le procédé existe depuis les années 80, éditeurs de logiciels, constructeurs de machine, et scientifiques sont toujours unanimes : le « generative design » (conception générative) sera le cœur d’une industrie 4.0. Arrêt sur usages.

 

 

Un monde d’opportunités pour les entreprises…

 

A la sortie de SolidWorks World -évènement qui réunit chaque année les communautés qui utilisent le logiciel intitulé du même nom- les opportunités autour de l’impression 3D semblent de cet acabit, sans réellement de frontières. On distingue une variété d’initiatives déconcertantes : organes fonctionnels, partenaires de réalité virtuelle, avions… Jusqu’à l’exemple de Kengo Kuma qui conçoit puis fabrique ses architectures à l’aide de la plateforme 3D Experience.

 

Au moment où Bernard Charlès, Directeur de Dassault Systèmes stipule : « Waste is a mistake of design » (les déchets sont une erreur de conception), on se dit que le mouvement a intégré nos problématiques environnementales. Que le design envisagé de cette manière peut permettre d’optimiser au mieux les matériaux et épouser les projets les plus responsables : zéro stock et un cycle de vie maîtrisé des produits. Alors, pourquoi le phénomène n’a pas atteint le consommateur ?

 

 

 

Eco-Luxury Hotel pour Paris, par Kengo Kuma

 

 

… et de bricolage pour les consommateurs ?

 

Remplacer la visse cassée de sa table suédoise, c’est possible. Un SAV efficace pour changer les pièces défectueuses et prolonger la durée de vie des objets. Pourtant, on est encore loin de la tendance annoncée : commander sa table sur mesure. Deux poids, deux mesures. La démocratisation annoncée se cantonne pour le consommateur à celle du prototypage. En témoignent les logiciels plus accessibles, Axure, MockingBird, WireframeCC, UXpin… mais l’imprimante 3D n’a pas encore franchi le pas de notre porte. Uniquement pour une question de budget ? Alors que se tourne vers le grand public des modèles plus abordables (entre 400 et 1500 USD), les machines rêvées restent globalement très cher (comptez 15 000 € pour une imprimante plus sophistiquée). Un investissement pas forcément valable face aux possibilités. A cela s’ajoute le caractère, encore restreint, des matières modulables.

 

Autre élément de réponse : le rôle de la R&D pour déterminer les usages futurs. Au-delà de l’aspect « makers » gratifiant pour l’ego, c’est la permissivité de ces usages qui fera foi dans les pratiques domestiques. Un biais culturel en somme, qui nous pousse encore à faire confiance à un « autre » quand il s’agit de se meubler. En attendant, subsiste cette impression un peu merveilleuse d’une frontière poreuse entre l’objet réel et l’imaginaire.

 

 

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