3 juin 2026

Temps de lecture : 3 min

Santé mentale : plus d’un patron sur deux (51 %) est ou a été confronté à des difficultés psychologiques

Face à l'anxiété et à la surcharge de travail, un tiers des patrons de TPE-PME envisagent d'arrêter leur activité.

Il n’y a pas que les salariés qui trinquent. Leurs patrons sont aussi à la peine. Les chiffres sont même alarmants.

La lecture du 11ème baromètre de la santé physique et mentale des dirigeants de TPE PME réalisé par l’Ifop pour la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur donne froid dans le dos.

Effectuée auprès de 1000 PDG et DG aux commandes, pour 95 % d’entre eux, d’entreprises de moins de 50 salariés, cette étude se concentre, cette année, sur les causes et les impacts des troubles psychologiques des personnes interrogées.  

Si 88 % des sondés se disent en bonne santé, ils sont presque aussi nombreux (85 %) à ressentir au moins un trouble de santé. Ce chiffre a bondi de 26 points en cinq ans. 

Parmi les 12 % de dirigeants mal en point, plusieurs profils sont surreprésentés par rapport à l’échantillon global. Un quart (24 %) évoluent dans la construction, alors que cette activité représente 5 % de l’ensemble des sondés.

Les trois-quarts (74 %) sont gérants ou responsables de l’activité (vs. 60 % parmi l’ensemble des dirigeants); 58 % détiennent une part du capital de l’entreprise (contre 42 % au global) et 85% dirigent l’activité depuis plus de 5 ans (vs. 76 %).

Plus d’un patron sur deux (51 %) est ou a été confronté à des difficultés psychologiques. Tous les profils sont concernés sans distinction d’âge, d’activité, de fonction ou d’ancienneté. L’anxiété (63 %), la surcharge de travail (67 %) et le stress administratif (75 %) sont les troubles les plus courants.

Pour aller mieux, un tiers des sondés envisagent de stopper leurs activités

« Le mal-être des dirigeants est loin d’être un phénomène isolé et touche tous les profils, sans distinction d’âge, de milieu professionnel ou d’ancienneté, affirme Sylvie Bonello, la déléguée générale de la Fondation. L’étude nous confirme combien le stress administratif et le manque de sommeil pèsent sur leur qualité de vie.

A travers nos rencontres et dans les territoires, nous observons que la parole des dirigeants se libère progressivement pour évoquer leur mal-être mais l’accompagnement est encore loin d’être un réflexe. Seuls 28 % des sondés sont ou souhaitent être aidés. Il nous faut lutter contre le fléau de la solitude du dirigeant qui retarde la mise en place des solutions pour aller mieux et durablement. »

Grande cause nationale pour la seconde année consécutive, la santé mentale est devenue un véritable fléau qui affecte 13 millions de Français. « 40 % des arrêts de travail sont liés à des troubles psychiques, révélait récemment à INfluencia Grégory Salinger, le co-CEO de Moodwork, un éditeur spécialisé dans la prévention de la santé mentale et la gestion des risques psychosociaux (RPS) en entreprise. Ils sont aussi la principale cause des arrêts maladie de longue durée. »

Les auto-entrepreneurs se multiplient, et avec eux, la précarité

La précarisation du monde travail explique pour beaucoup la dégradation de la santé mentale et physique des employés. Les effectifs salariés du secteur privé se réduisent comme peau de chagrin. L’an dernier, 51.000 postes ont disparu, selon les statistiques officielles de l’Urssaf.

De plus en plus de travailleurs se mettent à leur compte, par choix mais souvent aussi par obligation. En 2025, plus de 1,16 million de sociétés ont été créés, d’après l’Insee. Un record sans précédent. Près des deux-tiers l’ont été sous le régime micro-entrepreneur. Leur nombre a progressé de 6 % tandis que celui des entreprises individuelles classiques a poursuivi son recul (­‑4 % après ‑3 % en 2024).

Notre pays abrite ainsi 3,186 millions d’auto-entrepreneurs administrativement actifs selon l’URSSAF. C’est 204.000 de plus qu’un an plus tôt. Ce chiffre impressionnant doit toutefois être nuancé. Moins de la moitié (49,8 %) des micro-entrepreneurs déclarent en effet un chiffre d’affaires positif.

Un auto-entrepreneur sur deux n’a aucune activité économique réelle

Autrement dit, un auto-entrepreneur sur deux n’a aucune activité économique réelle. Cette importante proportion est une conséquence de la diversité des profils d’auto-entrepreneur en France. Certains utilisent ce statut comme complément d’une activité salariée, d’autres sont étudiants, retraités ou en phase de test et toujours à la recherche de leurs premiers clients.

Les créations d’entreprises sont particulièrement nombreuses dans le commerce (+11 %), les activités de services administratifs et de soutien (+12 %) et les transports et l’entreposage (+6 %).

Les indépendants, les salariés et les dirigeants sont, eux aussi, de plus en plus nombreux à souffrir de maux liés à la santé mentale. Le premier pas vers la guérison est d’en parler. Ce problème sociétal est l’affaire de tous. Envoyons-nous vos commentaires pour ouvrir le débat…

A LIRE AUSSI :

👉 Notre santé mentale se dégrade-t-elle vraiment ou nos troubles sont-ils seulement moins cachés qu’avant ?
👉 Plus de 4 salariés sur 10 sont en détresse psychologique et les étudiants ne sont pas mieux lotis
👉 Santé mentale : 13 millions de Français ont des troubles psychiques, 53% disent avoir été en souffrance en 2025
👉 Dépression, burn-out… Comment ça arrive ? Que ressent-on ? Comment s’en sort-on ? Vos trois témoignages précieux sont éclairants

Allez plus loin avec Influencia

les abonnements Influencia

Les médias du groupe INfluencia

Les newsletters du groupe INfluencia