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Les mystères du sac à main...


Publié le 06/03/2014

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Indispensable, la besace féminine est souvent un sujet d’études, de romans, de chansons, de vitrines…  Et pourtant, techniquement, elle n’est pas parfaite. L'institut, Co-Meet a mené l’enquête pour en améliorer ses usages annexes et en faire un (h)it bag.

 

Il contient en moyenne 25 objets, hors portefeuille, et pèse entre 2 et 6 kilos -d’accord il n’est pas aussi plombé qu’un cartable de collégien, mais quand même ! Le sac à main pour les femmes est donc plus qu’un signe extérieur ou un accessoire de mode, il est stratégique pour bien mener leur vie personnelle et professionnelle ou estudiantine hors les murs. Corvéable à merci, il est comme une planète lointaine, hermétique et mystérieuse et il intrigue. Pourtant ce n’est pas sous l’angle psycho-socio-esthétique que Co-Meet , a choisi de le décrypter : « Jean-Claude Kauffman (*), Marie Desplechin (**), Benabar (***) ou des stylistes de mode le font déjà très bien », explique Sébastien Dubois, directeur associé du cabinet d’études et de conseil, « nous nous sommes principalement attacher à une enquête très factuelle pour faire émerger des insights propices à d’éventuels développements de sacs, mais surtout à des innovations de services, de produits ou de packs annexes en lien avec les nouveaux usages connectés et/ou du quotidien ».

 

 

Plus de 200 sacs analysés et une douzaine de portraits

 

Plus de 200 femmes de 18 à plus de 80 ans de la France entière, ont accepté de vider leurs sacs. Chaque contenu a fait l’objet d’un minutieux relevé statistique, photographique et sociologique, complété par un entretien avec leur propriétaire pour cerner leur relation avec leur sac. Une radioscopie qui a permis de réaliser une douzaine de portraits en fonction des usages, des pratiques ou des évolutions de la société. Parmi eux, le « Paper Bag », le « Single Mum bag », le « Sac à pochettes », le « Mini bag », le « Memory sac » ou le « Pharma sac »… De quoi  vérifier l'adage « L'habit ne fait pas le moine » et d'explorer de nombreuses pistes fonctionnelles et créatives entre concepts et design revisités ou inventés.

 

 

Le rangement, la sécurité, l’hygiène, la légèreté, l’encombrement… à améliorer

 

Premier constat, le poids souvent très lourd, incarné par le « BYOD bag » pour Bring Your Own Device (ou apportez votre propre matériel). En plus d’être pesant, ce sac « despacialisé » est encombrant. Une double contrainte imposée par le phénomène des outils de mobilité et de connexion tels que l’ordinateur, la tablette, le téléphone. Mais bien vécue et incontournable car utilitaire et source de confort pour n’importe quelles actives ou étudiantes qui préfèrent leur équipement à celui proposé sur place à l’école ou en entreprise. Les « Memory sac » et « Family sac » font également partie de ce groupe. Synonymes de rationalité et d’efficacité, ils réceptionnent tous les objets personnels de la femme et ceux glanés au fil des circonstances ou des lieux (le cailloux en forme de coeur, les photos de vacances, les dépliants de-là-où-il-faut-retourner…) mais aussi ceux du compagnon (portefeuille, clés, téléphone…) ou des chers petits (goûters, jouets, doudou…). « Ils sont déjà équipés d’ « annexe bag » ou de « double sac », plus esthétiques et légers. Mais ce n’est pas suffisant », souligne S. Dubois « aux marques concernées par ces cibles ou par les « devices » et leurs "wearables" d’imaginer des adaptations de certains de leurs produits et/ou accessoires sur fond de nomadisme et de praticité. Et ainsi d'offrir aux femmes un autre luxe, celui d'alléger leurs épaules déjà bien larges ».

 

L’autre conclusion essentielle de l’étude concerne la capacité du sac à main à se transformer en véritable salle de bain itinérante. Les objets de beauté sont, en effet, de loin la première catégorie à être présente dans les sacs (20% en moyenne, hors produits d’hygiène). Et composé à 40% de produits de maquillage, de parfumerie, de cosmétiques, de bijoux ou d’échantillons, le « Beauty sac » en est l’exemple extrême… suivi par le « Sexy sac » même s’il est plus anecdotique et concerne moins de monde. Mais dans ce registre, le sac à main ne remporte pas que des bons points, car il est jugé agressif vis-à-vis des produits qu’il abîme ou déforme. D’autre part, il est tout sauf un espace hygiénique avec ses chewing-gums hors étui, ses miettes, ses mouchoirs en papier ou autres brins de tabac… « S’il n’héberge que peu de flacons de parfum car trop lourds, il abrite à 90% un rouge à lèvres », détaille S. Dubois « Or, les femmes détestent que leurs précieux tube ou joli poudrier soient malmenés, faute de rangement adéquat ou de packaging bien pensé ». Préserver cette relation émotionnelle fait plus que jamais partie des cahiers des charges des marques. Avec comme priorité le développement de nouveaux contenants quitte à puiser leur inspiration dans d’autres secteurs afin d’imaginer des boîtiers ergonomiques et résistants. Comme ces boîtes rondes de pâtes à mâcher conçues pour les voitures, un parfum solide ou des produits en palettes multi usages qui serviraient au maquillage comme aux fragrances…

 

Sans compter l’autre nécessité de répondre au besoin de sécurité dans les deux sens du terme. Car, entre les appareils technologiques ou les objects connectés peu protégés, et les médicaments stockés dans de fragiles plaquettes, rien n’est calibré pour résister aux chocs, aux vols ou aux bactéries. Tout est dans le détail ultra pensé mais les pistes d’amélioration ne manquent pas et les innovations même de niche mais gages de territoires affirmés et de liberté renforcée, sont toujours les bienvenues… Car, un sac à main, ne l’oublions pas, est « L »‘accessoire intime, synonyme d'attachement et d'engagement indéfectible pour peu qu'il permette à la femme de se révéler encore mieux!

 

Florence Berthier

 

Le sac. Un petit monde d’amour », (éditions Lattès)

**« Le Sac à Main », (éditions Points)

*** « Sac à mains » (album « Les risques du métier », Jive, 2003)

 

 

Pour accéder à l'ensemble des portraits, cliquez sur l'image

 

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