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Sans liberté de la presse, il n'y a pas de liberté tout court*


Publié le 28/02/2018

Ils s’appelaient Javier Valdez Cardenas, Daphne Caruana Galizia, Stephan Villeneuve, Véronique Robert ou Ján Kuciak. Tous ont risqué leur vie l’année dernière pour rapporter de l’information et sont morts dans l’exercice de leurs fonctions, au Mexique, à Malte, en Iran et cette semaine en Slovaquie. Sans compter les sept journalistes de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 à Paris, le Grec Socratis Guiolias en 2010 et le Croate Ivo Pukanic, en 2008.

 

 

Et quand les journalistes ou blogueurs ne sont pas assassinés, ils doivent se terrer dans leur coin pour éviter d’être tabassés, emprisonnés, qu’on leur coupe leurs ressources ou qu’on ferme les journaux ou chaînes indépendantes de télévision, comme en Chine, en Turquie ou en Russie.

 

« La liberté de la presse n’a jamais été aussi menacée », constatait Reporters sans Frontières (RSF) dans son dernier rapport sur la question en décembre dernier. Les journalistes sont devenus pour certains gouvernements, groupuscules mafieux ou belligérants, des cibles prioritaires. Et la situation se dégrade, sous les régimes autoritaires comme dans les démocraties. L’ambiance délétère et nauséabonde de " media bashing ", la stigmatisation par certains politiciens et la concentration oligarchique des médias aggrave la situation.

 

Les médias ne sont pas parfaits, on le sait, mais à l’heure où trop souvent désinformation rime avec opinion et où les réseaux sociaux font la pluie et le beau temps, il est important de se souvenir que des hommes et des femmes meurent pour démêler le faux du vrai et pour préserver leur liberté d’enquête et de parole, c’est à dire notre liberté. Même s’ils ne sont plus là, nous ne devons pas les oublier.

 

 

* Robert Badinter, janvier 2015

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