AccueilEDITONON, LA VéRITé N’EST PAS UN VIRUS

Non, la vérité n’est pas un virus


Publié le 29/05/2020

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J’aurais bien aimé commencer avec légèreté et optimisme cet édito, en ce samedi d’un long week-end ensoleillé, par des compliments, des encouragements ou des félicitations. Mais c’est plutôt un cri de colère que j’ai envie de pousser. « Ras le bol » que les médias soient sans cesse accusés de tous les maux par les chantres de l’anti-establishment et de la haine!


Les médias se trompent, les médias ne comprennent rien, les médias ont tort, bref les médias sont des menteurs. Le procès est entamé. Et les procureurs sont nombreux. Bien sûr il y a le plus célèbre et le plus puissant de tous, Donald Trump, qui vomit les médias qui ne sont pas d’accord avec lui (et qui, depuis cette semaine, veut également poursuivre les réseaux sociaux qui osent lui déplaire). Puis le professeur Raoult. Souvenez-vous de sa déclaration à la chaîne i24News, le 14 mai dernier : «la plupart du temps les informations sont de meilleure qualité sur Youtube que sur les médias traditionnels». Le chantre de l’hydroxychloroquine recommençait l’autre soir dans son interview télévisée, déclarant avec mépris à David Pujadas : « les gens pensent comme moi, vous pensez qu'ils pensent comme vous (c’est à dire les médias/les "élites"), mais vous vous trompez ».

 

Je plaide coupable : oui je suis journaliste, oui j’aime ce métier, oui je respecte mes confrères. Non la vérité n’est pas une nouvelle pandémie. Les Panama Papers ont été révélés au public en 1971 par le New York Times et une quinzaine d'autres journaux américains. Les révélations du Wikileaks ont été publiées par le New York TimesThe Guardian, Le MondeEl País, Der Spiegel, souvent en Une. De plus en plus de médias tentent d’endiguer l’essor des fake news et lancent des services de vérification de l’information, comme « Checknews » à Libération, « Les Décodeurs » au Monde, « Vrai ou Fake » sur franceinfo, ou « Factuel » à l’AFP. Il serait temps de rendre hommage à leur professionnalisme.

 

 

Sinon aujourd’hui, c’est samedi et c’est une newsletter qui va vous accompagner ce week-end, relookée et de plus en plus déconfinée, avec un édito, quelques best of, des tribunes, des « paroles de résistance ». Nous vous y donnons la parole. Prenez-la. « En partant ce vendredi soir, il était bien content de pouvoir se réfugier dans le week-end. Il utiliserait le samedi et le dimanche comme deux grosses couvertures », écrit l’écrivain David Foenkinos dans son roman « La délicatesse ». Jolie métaphore pour donner l’idée de se blottir dans la newsletter d’INfluencia.

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