« Axel, il est comment ? »
C’est probablement la question que tous les nouveaux chez Prisma ont posée un jour. Et la réponse était presque toujours la même.
« Tu verras… Il est unique. »
Avec le temps, chacun comprenait pourquoi.
On remarquait d’abord son allure. Les mocassins impeccablement cirés. Les chemises parfaitement repassées. La pochette glissée dans la veste avec une élégance presque naturelle. Chez Axel, rien n’était laissé au hasard. Non par goût des apparences, mais parce qu’il considérait que le respect des autres commençait par le respect que l’on se porte à soi-même.
Puis on découvrait ses lions.
Ils étaient partout dans sa maison. Une collection impressionnante, presque fascinante.
Avec le temps, on finissait par comprendre qu’ils n’étaient pas là par hasard. Le lion représentait assez bien l’homme : la force tranquille, le courage, la noblesse, la protection des siens. Un chef qui n’avait pas besoin de rugir pour être suivi.
Mais ce qui rendait Axel véritablement unique ne se voyait pas.
Cela se vivait.
Il avait cette capacité rare de repérer un talent avant même que celui qui le portait n’en ait conscience. Il voyait plus loin. Plus grand. Plus vite. Là où beaucoup cherchaient des compétences, lui cherchait des potentiels.
Il faisait confiance. Puis il devenait exigeant. Terriblement exigeant. Pas pour mettre sous pression. Pour faire grandir.
Combien de carrières sont nées d’une conversation avec lui ? Combien de responsabilités ont été confiées à des personnes qui ne se pensaient pas encore capables ? Combien de dirigeants d’aujourd’hui portent, parfois sans même s’en rendre compte, une part de son héritage ? Beaucoup.
Et pourtant, ceux qui ne retiendront d’Axel que son exigence passeront à côté de l’essentiel.
Car derrière ce regard perçant se cachait un humour irrésistible. Ce sourire en coin qui arrivait juste avant une remarque dont lui seul avait le secret. Cette capacité à faire tomber la tension d’une réunion en une phrase. Cette ironie élégante, jamais méchante, toujours juste. Il savait que l’on pouvait demander énormément sans jamais perdre son humanité.
C’est sans doute cela qui explique l’affection immense que tant de collaborateurs lui portent encore aujourd’hui.
Axel n’a pas seulement construit Prisma. Il a construit une culture. Une manière de penser. Une manière d’oser. Une manière de diriger.
Et surtout une manière de croire dans les autres.
Il disait rarement que quelque chose était impossible. En revanche, il demandait souvent, d’un regard ou d’une simple question : « Est-ce vraiment le meilleur que nous puissions faire ? »
Les grands patrons développent des entreprises. Les plus grands développent des personnes.
Les entreprises changent. Les marchés évoluent. Les magazines naissent, disparaissent ou se transforment. Mais il existe des personnes qui continuent à vivre à travers les valeurs qu’elles ont transmises.
Axel Ganz est de celles-là. Aujourd’hui, nos pensées vont à Renate, à Martin, à Henriette, à toute sa famille et à tous ceux qui ont partagé un morceau de leur vie avec lui.
Merci, Axel.
Tu as construit bien plus qu’un groupe de presse.
Tu as fait grandir des générations de femmes et d’hommes.Et c’est sans doute cela, la plus belle des réussites.
Tu étais unique.
Et tu le resteras.