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Nomophobie : Ray-ban donne la leçon


Publié le 23/11/2015

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Les nuisances du zèle de smartphone dans un couple ne sont pas une révélation. L’obsession de connexion et d’interaction virtuelle nous fait oublier une nécessité essentielle à notre équilibre : une meilleure communion avec la nature qui nous entoure. C’est le message de Ray-Ban dans le dernier spot de sa série « Never Hide Films ».

 

Des échanges de textos pendant une conversation, l’iPad dans le lit, les yeux rivés sur son écran pendant un anniversaire, des conversations téléphoniques dans la voiture : le smartphone, ennemi du couple ? Oui, quand il devient une addiction et étouffe la communication dans la réalité. Réaffirmer cette évidence déjà confirmée par des études scientifiques revient un peu à enfoncer une porte ouverte. Mettre en scène ses dérives pour rappeler que l’Homme doit savoir couper avec la technologie pour revenir à la nature, c’est déjà moins cliché. Le message devient même carrément brillant quand il est mis en scène par Bo Mirroseni dans un court-métrage (voir ci-dessous) de 5 minutes signé Ray-Ban.

 

Depuis plus de cinq ans, les vidéos virales labélisées Never Hide Films cartonnent sur la Toile. Véritable usine à "vues", la série est un modèle pour toute marque en quête de contenu partagé. La raison ? Elles laissent toutes un sentiment bizarre en bouche, un goût mal compris mais apprécié. Bref, elles interpellent et suscitent donc l’échange. Le dernier né de Never Hide Films respecte complètement ces codes. Sa fin est loufoque comme un film de Jaco Van Dormael, nous vous laissons juger par vous-même.

 

L’essentiel de la finalité est ailleurs : forcer l’accroc à se rapprocher de la nature et revenir au plaisir de la simplicité de son environnement naturel. Si ce retour aux racines de l’Homme implique de devoir porter des lunettes, alors tant mieux pour Ray-Ban, qui en filigrane l’espère. Mais ce n’est pas le plus important, car Never Hide Films a été initialement créé pour célébrer la liberté, la relaxation et les énergies très « free spirit » de ses fidèles. « Je ne suis pas 100% anti-appareils électroniques, je pense même d’une certaine manière qu’ils aident à améliorer nos vies. Cependant nous sommes devenus dépendants de nos téléphones pour les mauvaises raisons. Nous sommes tellement pressés de regarder Instagram ou Facebook que cela perturbe la relation humaine. Les gens ont oublié comment se parler entre eux. Si vous prenez le temps d’observer les gens autour de vous, vous verrez qu’ils sont tous sur leur téléphone. C’est bizarre », commente Bo Mirroseni.

 

 

De la boulimie à la digital detox

 

Notre société ultra connectée, qui finalement contente tout le monde tant que sa boulimie de données ne s’incruste pas trop dans la vie privée, a donc réussi à créer une nouvelle phobie bien à elle : l’absence de smartphone. Au Royaume-Uni, YouGov a trouvé un terme pour définir cette angoisse du citoyen connecté abandonné par son mobile, la « nomophobia ». Dans une étude publiée à la fin de l’été 2013, la société de recherches en ligne déterminait que 53% des utilisateurs britanniques de téléphones mobiles devenaient anxieux quand ils ne trouvaient plus leur compagnon de connexion, qu’ils n’avaient plus de réseau ou de batterie. En début d’année, une autre étude de l’Université du Missouri aux Etats-Unis, remarquait que la séparation avec son iPhone pouvait avoir un impact négatif sur la performance des tâches mentales de son utilisateur. Les résultats montrent également que l’iPhone est capable de devenir une telle extension de nous-mêmes que, quand nous ne l’avons plus avec nous, on perd une partie de soi et cela impacte l’état physiologique. Les marques ont donc gagné ! Nous sommes accrocs.

 

Avec cette addiction nous sommes presque résignés à céder nos données pour continuer de profiter de services gratuits, comme par exemple Waze, l’application mobile de navigation GPS qui fait son trou en Europe. Dans leur quête paroxysmique du marketing prédictif et en temps réel, les marques utilisent les supports mobiles de connexion et la data générée pour pénétrer le cerveau du consommateur, décortiquer ses comportements et anticiper ses envies. Notre rapport à la technologie a perdu son équilibre originel mais les autruches ne cachent plus leur tête. La prise de conscience des dangers du tout-digital a donné naissance, depuis plus d’un an, à une nouvelle tendance qui comme la truite remonte le courant. Régime digital ou cure de désintoxication numérique, appelez-le comme vous le voulez, la finalité du phénomène reste la même : retrouver le temps d’une journée ou d’une semaine une vie d’interactions humaines et de conversations bien réelles en se coupant du web et des smartphones.

 

 

San Francisco, une No Tech-Zone

 

Pour conscientiser la foule sur sa relation pernicieuse au web, l’art endosse le rôle de lanceur d’alerte. Deux récentes initiatives en attestent. Dans sa brillante série Removed, le photographe nord-américain Eric Pickersgill met en scène des téléphones imaginaires qui en devenant invisibles dans nos mains pointent le ridicule de notre addiction. Dans un genre plus militant, l’artiste de San Francisco, Ivan Cash, a créé de fausses zones d’interdiction dans lesquelles utiliser son smartphone ou sa tablette est passible d’une amende de 300 CHF. Le projet No Tech-Zone a été pensé et construit comme une contestation au zèle de connexion d’une ville qui, il y a deux ans, mettait en place un système de WiFi en libre accès dans une trentaine de parcs et de lieux publics. Lassé de constater que les gens restent rivés sur leurs écrans au lieu de se parler ou de profiter des espaces verts, Ivan Cash décide d’installer ces panneaux pour « faire sourire et réfléchir ».

 

Ne nous trompons pas, le créateur de Cash Studios n’est pas un réactionnaire anachronique, il prône juste un « meilleur équilibre », comme il l’explique dans Fast Company : « Il s’agit surtout de susciter une réflexion chez les gens. Moi-même je suis coupable de parfois utiliser mon téléphone quand je suis dans un parc, mais ce que je voudrais c’est que cette action ne soit pas une réplique immédiate à l’ennui. Ce projet appelle à un questionnement et permet de continuer la conversation sur le rôle que nous voulons accorder à la technologie dans notre vie et notre environnement. Si cela permet ne serait-ce qu'une fois de laisser son téléphone à la maison pendant une semaine, j’en serais ravi ».

 

 

 

 

 


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