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Mutum : et si la consommation collaborative avait sa monnaie ?


Publié le 08/10/2014

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Avec sa devise électronique, la plate-forme de partage française Mutum entend donner une nouvelle dimension à l'économie circulaire. 


Prêt pour une expérience intéressante ? Alors installez-vous au milieu de votre salon et faites le compte des objets que vous n'utilisez (presque) plus. Colonisés par la poussière, ils ne réclament qu'un peu d'attention et pourraient vous rendre encore quelques services : appareil photo, table de mixage, raquette de tennis, béquille... Plutôt que de les laisser dépérir, pourquoi ne pas leur offrir une seconde jeunesse ? C'est exactement ce que propose la start-up française Mutum dans son manifeste : « Mutum vous permet d’utiliser un principe d'économie plutôt simple : la consommation circulaire. Au lieu de produire, consommer, jeter. Mutum s’emploie à redessiner le schéma de notre consommation : produire, consommer, re-consommer, réutiliser, revaloriser, recycler, réemployer. » Mais la start-up va plus loin : avec la mise en place de sa propre monnaie électronique pour matérialiser les échanges.

 

 

Payer en Mutum

 

 Le principe est simple : l'internaute met en ligne les objets qu'il veut prêter et qui lui rapportent un certain nombre de mutums. Cette monnaie électronique lui permettra d'emprunter des biens mis en ligne par d'autres internautes. En prêtant on gagne des mutums, en empruntant, on en dépense ! « Le fait d'avoir sa propre monnaie nous permet de sortir des sentiers battus. Nous sommes aujourd'hui dans une société ou la possesion est moins présente et cela légitime la création de Mutum. », confirme Frédéric Griffaton, le co-fondateur de Mutum.

 

Les enjeux de cette monnaie électronique sont multiples. Car l'interface est à la fois ludique, économique tout en créant sa propre valeur monétaire. Ainsi, votre appareil à raclette se morfond dans un placard ? Il vous suffit de le référencer sur le site. Son prix en mutum sera calculé en fonction de sa valeur d’achat, de son état général et de son nombre de jours utilisés. En échange, vous pourriez très bien emprunter des skis pour vos prochaines vacances d’hiver. A titre d’exemples, un talkie-walkie vous coûtera 53 mutums par jour, une poêle à crêpe, 1 mutum, une brouette, 11 mutums… Le principe est calqué sur le modèle du jeu vidéo, plus vous êtes actif sur le site, plus vous êtes récompensé. Un classement permet même de connaître votre degré d'implication. « Easy to get, hard to master ». C'est le principe même de fidélisation.  Il est également possible d'acheter des mutums, ce qui constitue une des bases de financement du site, qui par ailleurs est totalement gratuit et ne comporte aucune publicité.

 

En valorisant les objets peu utilisés dans votre quartier, vous pourriez facilement tripler votre consommation… sans débourser un centime. Simple mais efficace. « Lors d’une excursion, notre appareil photo est tombé en panne. Impossible de le réparer et il n’y avait aucun moyen de s’en procurer un autre. C’est à partir de cette expérience malheureuse qu'est née l’idée de créer une plate-forme collaborative qui corresponde à nos valeurs : le sociétal et le durable. Tout en étant en phase avec l'avènement du système D et du Do It yourself », témoigne Frédéric Griffaton. Le tout était de la rendre attractive.


La start-up veut également travailler avec les entreprises en leur offrant un compte Mutum. Une manière de les sensibiliser pour mieux consommer et d'accompagner une politique de RSE.  « Gagnant gagnant », « cercle vertueux »... Mutum permet de ne plus acheter des appareils en « one shot » et de faire perdurer la fibre collaborative. A ce jour, plus de 300 objets sont répertoriés sur le site. A vous d'apporter votre pierre à l'édifice.

 

Eric Espinosa / @EricESPINOSA8

 

Pour découvrir le site, cliquez sur l'image

 


 


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