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Le goût de la noyade


Publié le 12/06/2015

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Offrir de l’eau de mer en canette, personne n’avait jamais osé. Et pourtant Tribord et l’agence Rosa Park l’ont fait. Et apparemment cela n'a pas l'air très bon... Mais rassurez-vous, c'est pour la bonne cause !


Au même titre que la ceinture de sécurité en voiture, le port du gilet de sauvetage est indispensable en mer. Si en théorie son efficacité est incontestable, dans la pratique son utilisation est loin d'être généralisée. En cause ? L’inconfort (48%), l’habitude (42%) et l’absence d’utilité (37%) selon une étude réalisée par l’IFOP pour les Sauveteurs en Mer… Et pourtant en France, on dénombre 20 000 noyades accidentelles par an, responsables de plus de 500 décès.

 

 

Boire la tasse

 

Alors comment communiquer sur le risque de noyade, vendre son nouveau produit et éveiller les consciences sans faire du larmoyant et même mieux, prendre le contre-pied des campagnes antérieures ? Tribord et l’agence Rosa Park donnent la leçon. Pour le lancement de sa veste de flottaison Izeber50, la section mer de Decathlon a fait un sacré pari: « L’objectif du lancement de ce produit est de rappeler la nécessité de se protéger. En utilisant l’humour, qui permet de faire passer certains messages plus facilement, on souhaite miser sur l’ouverture et traiter d’une autre manière un sujet grave »,  explique David Martinelly, Directeur communication chez Tribord.

 

Et l’idée est aussi brillante qu’inattendue avec une séance dégustation d’un genre un peu particulier sur le vieux port à Marseille : tester sans le savoir la « pire boisson du monde » composée à 100% d’eau de mer, puisée au large de St Malo. Avec un vrai-faux stand et ses hôtesses, les passants se voyaient offrir une canette baptisée Wave. Et les réactions sont savoureuses. Entre rejet immédiat et mine déconfite, les cobayes d'un jour n'ont que très peu gouté ce breuvage aux allures de boisson énergisante. « Avec ce dispositif, on souhaitait personnifier la noyade. Un manière de dire : " voici le goût de la noyade " », précise David Martinelly. Consolation, les participants se sont vu remettre une réduction de 30% sur la veste Izeber50. Ce dispositif sera également déployé dans les magasins Décathlon, en France et à l’international.

 

 

Une alternative crédible

 

Si la veste en question n’a pas les qualités d’un gilet de sauvetage, son utilisation a plusieurs avantages. Le premier, et il est de taille, c’est sa capacité à se faire oublier. Porté comme un habit lambda, il est confortable, protège du vent et du froid. Autre aspect important : son impact psychologique. « Quand vous tombez à l’eau sans gilet, la peur et la panique prennent le dessus sur tout le reste. La veste de flottaison va justement permettre de tranquilliser la personne car elle multiplie par 3 ses chances de survie », argumente David Martinelly. Sur 25 % des noyades liées aux activités de navigation, 8 cas sur 10 auraient pu être évitées grâce au port d'une veste de flottaison selon la SNPN. Il y a un peu plus d’un an, Guy Cotten lançait l’opération digitale et pertinente « Sortie en mer » qui plaçait l’internaute en mauvaise posture : scroller pour ne pas se noyer. Immersive ou humoristique, ces campagnes montrent que l'on peut traiter de sujet sensible avec créativité et audace. Suffisant pour bouleverser les mentalités ?

 

 

Et apparemment cela n'a pas l'air très bon..

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