17 février 2026

Temps de lecture : 3 min

Le tourisme spatial se développe pour les richissimes touristes… A quoi ressemblent ces voyages hors de prix, très polluants et très lucratifs ?

S'envoyer en l'air à plus de 100 km d'altitude a un prix. Entre l'apesanteur de Virgin Galactic et les séjours orbitaux de SpaceX, plongée au cœur du tourisme le plus sélectif au monde.

Vous connaissez les Maldives ? Vous êtes déjà allé en Australie ? La Polynésie n’a plus de secret pour vous. Et toi, l’année prochaine : Est-ce que tu viens pour les vacances ?

Pour ceux qui ne souhaitent pas partir avec David et Jonathan, une option -coûteuse- existe : l’espace.

Le tourisme spatial est de plus en plus à la mode chez les touristes aux poches très, mais alors très pleines. Le 22 janvier 2026, le fondateur de Civitatis, Alberto Gutiérrez, s’est envolé avec cinq autres passagers à bord de la mission NS-38 de Blue Origin

Grâce à ce vol suborbital à bord de la capsule New Shepard, l’entrepreneur, qui a fait fortune avec sa plateforme proposant des activités, des excursions et des visites guidées dans plus de 4250 destinations dans le monde, est devenu le quatrième Espagnol à atteindre l’espace.

« L’expérience a dépassé toutes mes attentes, à tous points de vue, y compris l’incroyable équipe de Blue Origin, s’est-il réjouit de retour sur le plancher des vaches. 

Monter à bord d’une fusée, vivre un décollage vertical, atteindre 5,5 G, flotter en apesanteur, voir la Terre et l’obscurité de l’espace… le tout en un laps de temps aussi court : je pense qu’il me faudra des mois pour assimiler ce que j’ai vécu.

J’espère que l’exploration spatiale continuera sur sa lancée actuelle et que, dans quelques années, nous pourrons effectuer des vols orbitaux, voire atteindre la Lune. »

Franchir la ligne de Kármán (100 kilomètres d’altitude), reconnue internationalement comme la frontière de l’espace, est devenue un must pour les courageux qui ont déjà tout.

S’envoyer en l’air pendant onze minutes chrono n’est pas donné. Blue Origin, qui appartient au fondateur d’Amazon, Jeff Bezos exige un dépôt de 150.000 dollars pour réserver un ticket mais le prix final payé par les passagers reste secret.

Virgin Galactic est nettement plus ouvert lorsqu’il s’agit de parler de gros sous. Pour voir la Terre à bord d’un de ses vols suborbitaux, le touriste doit payer un acompte de 150.000 dollars qui comprend une carte de membre d’une valeur de 50.000 dollars qui n’est pas remboursable.

L’astronaute amateur doit ensuite verser une enveloppe supplémentaire de 450.000 dollars environ un an avant le départ de sa fusée.

A ce jour, Virgin Galactic, qui a mis quatorze longues années à envoyer son premier pilote dans l’espace après sa fondation en 2004, a effectué douze vols et a transporté trente astronautes dont le fondateur de la société, Richard Branson. 

Blue Origin a une longueur d’avance avec 38 décollages et 86 passagers.

Durant ces vols suborbitaux qui atteignent une altitude comprise entre 80 et 100 kilomètres, les passagers expérimentent à peine quelques minutes d’apesanteur durant lesquelles ils peuvent observer la courbure de la Terre avant de redescendre.

Les vols orbitaux, beaucoup plus rares et onéreux, placent,eux, les voyageurs en orbite autour de la Terre. SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, est aujourd’hui le principal acteur de ce segment. 

En septembre 2021, la mission Inspiration4 a permis à quatre civils de passer trois jours en orbite à bord d’une capsule Crew Dragon.

D’autres séjours ont été organisés vers la Station spatiale internationale (ISS), notamment par la société Axiom Space, pour des montants estimés à plus de 50 millions de dollars par personne.

De nombreux voyageurs évoquent l’« effet de surplomb », ce choc émotionnel ressenti face à la vision de la Terre vue de l’espace, qui renforcerait la conscience écologique et le sentiment d’appartenance à une humanité commune.

Cet « effet secondaire » de l’entrée dans l’espace est un rien ironique quand on connaît l’impact environnemental énorme de ces vols. L’empreinte carbone d’un passager sur Virgin Galactic atteindrait 14 tonnes de CO2 éq et près de 33 tonnes sur Blue Origin. Pour tourner autour de notre planète en orbite, les émissions de chaque astronaute dépasserait les 650 tonnes

A titre de comparaison, l’empreinte carbone de la France atteint 8,2 tonnes de CO2 éq par personne, selon le ministère de la transition écologique.

Mais que sont ces quelques tonnes de CO2 quand on peut gagner beaucoup d’argent, répondront les organisateurs de voyage dans l’espace ?

Le tourisme spatial est en effet un business florissant qui rapporte gros. La valeur de ce marché aurait déjà atteint 1,3 milliard de dollars en 2024 et il pourrait approcher 40,4 milliards de dollars dès 2030, selon une étude de Dimension Market Research. L’appât du gain est, hélas, souvent le plus fort…

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