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Bienvenus dans le star(tup) system


Publié le 11/01/2018

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Alors que la 4ème révolution industrielle est amorcée en France, les start-up fleurissent tant qu’on pourrait appeler cette merveilleuse époque, le Printemps Français…

 

 

La French Tech, la France S’Engage, les travaux de Cédric Villani, les tweets du secrétaire d’État au numérique... La France, Monsieur Macron l’a affirmé, sera la nation des start-up !

 

En France, il naît des hubs, fablabs, incubateurs et accélérateurs. Des milliers de femmes et d’hommes s’activent, s’époumonent, itèrent, scalent, pivotent. Tout cela donne le tournis. Tout va vite, tout va très vite en fait. Il faut se tenir à jour, être à la pointe, se lever tôt, très tôt; une idée géniale le matin sera obsolète le soir, si tout va bien. Bref, le work in progress est devenu un état d’esprit, le pitch une incantation aux dieux. Bienvenue à StartupLand, le monde de l’incertitude et de la précipitation.

 

 

Le futur est déjà là

 

Les start-up redéfinissent nos environnements, notre façon de voyager, manger, travailler, se déplacer d’une ville à l’autre. Elles facilitent le travail des entreprises devenues fragiles à force de robustesse. Le plus gros asset d’une start-up reste son agilité. Sa capacité à réagir et son absence de crainte face aux questions qui remettent tout en cause. La logique a changé de camp : elle ne demeure plus en l’immobilisme par temps d’orage mais dans la possibilité de tout casser et reconstruire différemment.

 

Les incubateurs ont commencé à avoir le vent en poupe, il y a une quinzaine d’années en France. C’était à l’époque où personne ne savait comment donner de l’oxygène aux jeunes pousses et garantir leur croissance quand seuls les mastodontes industriels faisaient légion. On y apportait confort (bureaux, connexion WIFI, paperboards, fauteuils déglingués et mini frigos RedBull), des moyens humains (consultants, experts, professionnels et des anges du business faisant l’aumône en matière grise et en signatures de chèques) et des moyens administratifs bien-sûr; de loin l’idée géniale quand on sait combien l’administration publique en France était simple et légère.

 

Quinze ans plus tard, l’espèce sait davantage se nourrir seule et n’a plus les attentes de jadis, mais de nouvelles. Et le risque est de rigidifier une chose qui doit rester volatile. Les incubateurs tendent à se « normer », et malgré eux privent les start-up de réel et de concret. L’incubateur a un goût d’école de commerce pour entrepreneurs, ce qui lui donne tout son capital sympathie mais tend à créer de l’assistanat. Ce dont les start-up ont le plus besoin aujourd’hui, c’est de sponsors. De gens qui se « mouillent ».

 

 

Microcosmos

 

L’écosystème est devenu dense si bien qu’il est difficile de comprendre tout ce qui se crée, ce qui marche et échoue. L’enjeu réside en choisir « sa championne », la nourrir pour la faire grandir tout en l’autonomisant : en lui présentant des contacts clé et la jeter, non pas dans le bain mais dans l’océan, pour qu’elle apprenne par elle-même à nager. C’est le désir des start-up aujourd’hui.

 

De par sa croissance aigue, StartupLand sert à boire et à manger, devient une attraction, une sorte de caution « Innovation » d’institutions et de grands groupes, que l’on amène tel un clown pour qu’elle « pitch ». Mais aujourd’hui, on pitch à tort et à travers devant des publics épuisés des « On est parti du constat que… » finissant par « Du coup, nous ce qu’on propose c’est... ». Une demande médiocre ne peut que produire une offre médiocre.

 

Ne faisons pas des CEO et autres Product Owners en herbe l’exotisme de l’époque. Le pitch est génial quand il est inspirationel et éducatif mais retenons que cela reste du « temps homme » que beaucoup facturent sans vergogne pour bien moins de pertinence et que la start-up s’étouffe à mesure que le temps lui manque. Comme nous le disions plus haut, tout va trop vite dans le monde enchanté de StartupLand et tout le monde hélas ne survit pas. Or, les start-up sont les garantes du monde de demain.

 

Il paraît que le Star System a pourri les artistes. Tâchons d’éviter le star(tup) system. Elles sont beaucoup trop précieuses. N’en faisons pas des bêtes de foires -ce qui aura pour effet de les vulgariser et d'en galvauder l’idée toute entière- et autant qu’elles s’astreignent sans cesse et toujours à l’innovation, essayons d’apporter à cela les échos nécessaires.

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