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Une solution pour détoxifier les villes


Publié le 11/01/2015

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Capitale mondiale de la pollution de l’air, New Delhi est touchée par un véritable fléau écologique. Un entrepreneur et militant écologiste promeut le filtrage naturel par les plantes d’intérieur pour nettoyer l’air des espaces intérieurs. 


« Du fait des décès prématurés et problèmes de santé qu’elle occasionne, la pollution de l’air urbain coûterait, selon les estimations, 3 500 milliards de dollars par an aux économies avancées (pays les plus riches), ainsi qu’à la Chine et à l’Inde ». Le constat terrible émane du dernier rapport de l’OCDE, publié au début de l’été 2014. Si plus de 3,5 millions de personnes décèdent chaque année de la pollution de l’air urbain dans le monde, elle a fait 12% de victimes en plus en Inde entre 2005 et 2010. Un record qui ferait passer la Chine pour un bon élève du combat écologique.

 

Depuis le début de l’année dernière, New Delhi est devenue la ville où l'air est officiellement le plus dangereux de la planète devant Pékin et Le Caire. Conséquence logique, la pollution de l’air dans les espaces fermés fauche chaque année 1,3 million de personnes. Comment limiter la casse et réduire le nombre de poumons souillés ? En innovant, évidemment ! C’est ce qu’a fait l’entrepreneur et activiste indien Kamal Meattle, CEO du Paharpur Business Center, dans le centre-ville de New Delhi.

 

Son idée ? Détoxifier l’air intérieur en construisant une serre de 400 plantes différentes sur le toit et en installant 800 autres plantes dans les six étages du bâtiment. Toutes filtrent et nettoient l’air pollué qui arrive de l’extérieur via la ventilation. Autant dire que sur le principe, l’astuce est vieille comme l’hindouisme, mais encore fallait-il la mettre concrètement en pratique. En bon pionnier, ce patron sexagénaire diplômée du MIT a sorti le chéquier pour également réaménager tout l’immeuble et en faire le premier du pays à recevoir la certification Platinum du Green Building Council nord-américain.

 

 

Même les ambassades s’y mettent

 

Le Paharpur Business Center utilise cinq fois moins d’énergie par mètre carré qu’un immeuble lambda du sous-continent. Grâce aux plantes, il économise 10% d’énergie et réduit son impact environnemental en diminuant son empreinte carbone. « Le développement durable est un bon business et l’efficacité énergétique un fruit long à mûrir », résume Kamal Meattle dans un passionnant article du National Geographic. En 2009 lors d’un TED Talk vu en ligne par plus de deux millions de personnes, le militant écologiste et ancien camarade de classe de Rajiv Gandhi, Premier ministre assassiné en 1991, définissait son combat en deux mots : bon sens. Depuis janvier 2013, la société de Kama Meattle a exporté son système de filtrage d’air dans plus de 700 habitations de la capitale indienne et devrait rapidement équiper les écoles des ambassades d’Allemagne et des Etats-Unis, toujours à New Delhi.

 

 

La naissance d’un phénomène

 

Si le concept de purification de l’air par les plantes d’intérieur gagne des disciples, c’est bien que cela fonctionne. Une étude de 2008 du Chittaranjan National Cancer Institute et du Central Pollution Control Board prouvait que les employés non fumeurs du Paharpur Business Center souffraient beaucoup moins d’hypertension, de maux de tête, d’irritation des yeux et de problèmes respiratoires que les salariés d’un autre centre de bureaux de la ville. Pour Kamal Meattle, l’air de son immeuble est carrément aussi pur que celui de Davos, en Suisse.

 

Ce n’est pas par simple effet de mode que le Japon utilise des jardins écologiques dans certains hôpitaux, et que la Chine et la Corée du Sud s’intéressent à ce système finalement peu coûteux et facile à implémenter. « C’est un phénomène qui grandit », affirme Bill C. Wolverton, chercheur à la NASA et auteur du livre « Plantes : Pourquoi nous ne pouvons pas vivre sans elle ». La France quant à elle, a déjà intégré différentes solutions pour purifier l'air et les plantes font aussi partie du lot. Mais ne devrait-on pas renforcer cette alternative ?

 

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

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