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La seconde vie des déchets alimentaires grâce à Axibio


Publié le 17/09/2018

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Avec près de 50 ans d’expérience professionnelle cumulée, Pierre-André Galy et Marc Eyraud se sont découverts des talents de « start-upper » sur le tard. Leur machine qui trie et compacte les déchets alimentaires est promise à un bel avenir. Tout juste lauréate du Concours Innovation d’Ernst and Young, elle est aussi incubée par La Poste pour se rendre au CES 2019 à Las Vegas. Avec tout qui va bien du glocal et environnemental au quotidien en passant par le made in France... Go !
 

 

Près de quarante ans après son ouverture, la « chasse au gaspi » est toujours d’actualité. Lancée en 1979 par le ministère de l’Industrie pour encourager les automobilistes à moins appuyer sur l’accélérateur afin de réduire leur consommation de carburant, cette lutte contre le gaspillage s’est étendue ces dernières années à bien d’autres secteurs. 

 

Récupération des papiers, du verre et des plastiques… Les particuliers et les entreprises sont aujourd’hui encouragés et parfois même obligés de trier leurs résidus afin de protéger l’environnement. Les déchets alimentaires sont, eux, le plus souvent toujours jetés à la poubelle alors que leur traitement permettrait de produire, par exemple, un parfum comme s'essaye à le démontrer la maison Etat Libre d'Orange, mais aussi et surtout de l’énergie tout en sauvegardant notre jolie planète. Pour tenter de résoudre ce problème, Axibio a mis au point une machine capable de trier et de compacter les biodéchets avant leur valorisation.

 

 

43 kilos par an et par Français

 

Les deux hommes au cœur de ce projet ont roulé leur bosse avant de devenir start-upper. Pierre-André Galy a plus de 20 ans d’expérience professionnelle derrière lui. Il a notamment travaillé seize ans dans la sidérurgie chez Usinor puis ArcelorMittal. Marc Eyraud a, lui, oeuvré pendant 23 ans chez Plastic Omnium où il a fini au poste de directeur général d’Envicomp, la filiale électronique et informatique de la Division Plastic Omnium Environnement. Ces deux cadres supérieurs se sont rencontrés un peu par hasard. « J’avais durant ma carrière été confronté à des problématiques environnementales et j’ai un jour discuté avec une personne qui travaillait dans la méthanisation », se souvient Pierre-André Galy. « Marc était, lui, ingénieur de formation. Nous avons parlé des enjeux liés au traitement des déchets et à l’énergie et nous avons réalisé que nos expériences cumulées nous permettraient de lancer un projet en commun ».

 

Les deux entrepreneurs s’intéressent rapidement au problème des déchets alimentaires qui sont encore très peu revalorisés en France à la différence d’autres pays comme l’Allemagne. « Chaque Français produit en moyenne 43 kilos de déchets alimentaires par an, cela représente un volume annuel de 12 millions de tonnes en France. Or une tonne de ces résidus est capable de produire entre 100 et 300 m3 de méthane, soit l’énergie pour rouler de Paris à Munich en voiture », souligne l’ancien directeur commercial & marketing d’ArcelorMittal Construction


 

Pas de temps à perdre

 

Un loi européenne oblige, depuis le 1er janvier 2016, toutes les entreprises qui produisent plus de 10 tonnes déchets alimentaires chaque année de les traiter en les composant ou en les envoyant chez des méthanistes. Et à partir de 2025, toutes les collectivités locales devront proposer aux citoyens une solution pour trier et collecter leurs résidus alimentaires. Après trois ans de recherches et de tests, Pierre-André et Marc Eyraud ont mis au point une machine capable de trier, de compacter et de peser les biodéchets.

 

Leur prototype, l’Axibio A-600, a déjà gagné le Concours Innovation d’Ernst and Young. Leur start-up fait aussi parti des quinze entreprises qui ont été sélectionnées par l'incubateur de La Poste pour se rendre au CES 2019 qui se tiendra du 8 au 11 janvier à Las Vegas. L’Axibio, qui est aujourd’hui vendu au tarif de 19 000 euros mais qui peut également être loué, est destiné aux sociétés, aux cantines et aux collectivités qui servent plus de 350 couverts par jour. Deux lycées utilisent déjà cette machine qui pourrait intéresser plusieurs milliers de clients potentiels. « Nous travaillons également avec une municipalité afin de mettre au point une solution de collecte, de tri et de compactage des déchets organiques des particuliers », révèle Pierre-André Galy. Une jeune pousse fondée par des « anciens » cadres de multinationales qui souhaitent protéger l’environnement tout en promouvant le « Made in France »… Axibio ne manque pas d’attraits.

 

 

 

 

 

 

 

 

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