AccueilLA CONVERSATION« FAIRE BOUGER LES CHOSES AVEC DES CHANGEMENTS SYSTéMIQUES »

« Faire bouger les choses avec des changements systémiques »


Publié le 20/03/2017

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Alexandre Mars, fondateur et CEO de la Fondation Epic, qui réunit des compétences technologiques, marketing, business et sociales au service de la lutte contre les inégalités touchant la jeunesse à travers le monde, est un serial entrepreneur, expert en nouvelles technologies et philanthrope engagé. Il viendra s’exprimer lors du Digital Trends du 23 mars prochain*, dont INfluencia est partenaire

 

INfluencia : quel est le but de votre fondation ? Comment fonctionne t-elle ? Combien de projets financez-vous ? Lesquels ?


Alexandre Mars : la Fondation EPIC a pour but de changer la façon dont les gens donnent aux organisations sociales. Pour cela, nous sélectionnons les organisations sociales les plus impactantes dans le monde et nous proposons aux entreprises et particuliers de les soutenir financièrement. Au début de chaque année, nous ouvrons notre processus de sélection à toutes les organisations sociales du monde. L’année passée, nous avons passé au peigne fin les dossiers de plus de 1900 organisations : nous avons 45 critères de sélection. Avec mes équipes, nous nous rendons sur le terrain pour visiter les organisations avant de finalement annoncer les finalistes qui rejoindront le portefeuille d’EPIC.

 

Cette sélection draconienne apporte une confiance totale à nos donateurs, qui sont assurés que leur don aura un impact majeur. À ce jour, nous comptons 29 organisations sociales (dans 11 pays différents et sur les 5 continents) dans notre portefeuille auxquelles nous apportons un soutien financier. Ces organisations s’occupant exclusivement de jeunes dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la protection de l’enfance, et de l’accès à l’emploi.

 

Nous avons aussi développé une application mobile permettant aux donateurs de véritablement comprendre l’impact de leur donation. Grâce à cette web app, ils peuvent par exemple savoir combien d’enfants ont reçu leur vaccin. Notre modèle est totalement transparent. Notre travail au quotidien est de changer la trajectoire de jeunes à travers le monde ayant eu moins de chances que d’autres. 

 

 

INfluencia : vous financez tout à partir de vos propres deniers ? Qu'est ce qui vous a amené à cette démarche ?


AM : un de mes objectifs a toujours été de mettre mon succès au service des autres. Avec beaucoup de travail mais aussi de la chance, j’ai ainsi pu développer puis revendre ces entreprises et donc gagner de l’argent. Cette réussite m’a permis, il y a un peu plus de 2 ans, de créer Epic. J’investis à hauteur de 2M par an dans EPIC pour couvrir tous les frais opérationnels qui permettent aux donateurs de voir l’intégralité de leur don reversé aux organisations.

 

 

INfluencia : vous menez une campagne pour convaincre les entreprises de donner ? Ça marche ? Pour quelle raison ? Avez vous des exemples d'entreprises ?

 

AM : soyons clair, il faut faire bouger les choses avec des changements systémiques. Il est important de mentionner qu’aujourd’hui déjà, des entreprises se sont engagées dans ce sens. Je prendrais ici pour exemples 4 entreprises. Caudalie, marque de cosmétiques bien connue en France, donne 1%, non pas de ses profits, mais de ses revenus! Sycomore, un groupe de gestion patrimonial reverse quant à elle 1% de ses profits. Dans une dynamique similaire, les groupes Dior et Derichebourg vont prochainement mettre en place le système d’ « arrondi sur salaire »  qui permettra aux salariés de reverser quelques euros de leur salaire à des organisations sociales.

 

 

INfluencia : Alexandre Jardin, dans une interview à Influencia il y a un mois, insiste sur le désarroi de la population face aux politiques et à l'état centralisateur, et promeut le rôle de la société civile. Vous allez plus loin en demandant aux entreprises de se substituer en partie à l'état ? Est ce vraiment leur rôle ?


AM : les entreprises qui réussissent en ont les moyens. Ce sont ces entreprises que nous allons voir pour leur dire « Vous faites des profits, votre rôle vis-à-vis de la société, est d’en redonner une petite partie ». Certes, ces entreprises paient aujourd’hui des impôts sur ces profits mais il est de leur responsabilité d’en faire un peu plus. On voit qu’aujourd’hui, les gouvernements (nationaux ou locaux) sont surendettés et parfois impuissants, c’est donc notre rôle d’en faire plus. Qu’il s’agisse d’un individu ou d’une entreprise, redistribuer 1% est bénin. L’État peut jouer un rôle législatif, par exemple, l’Inde est le seul pays à avoir implémenté cette loi qui oblige les entreprises, aux revenus supérieurs à 90M d’euros à reverser 2% de leurs profits aux organisations sociales. Grâce à cette mesure, l’Inde a pu changer la vie de millions de personnes.

 

 

INfluencia : au sein de la candidature de Paris pour les JO 2024, vous présidez le comité « Sport et Société »  et vous êtes engagé pour porter cette dernière. Pour quelles raisons ?


AM : les Jeux sont le plus grand événement planétaire. Une célébration unique qui rassemble le monde dans sa diversité autour de valeurs positives et inspirantes. Mais les Jeux vont bien au-delà car ils ont la capacité de faire changer les sociétés en apportant une réponse, qui passe par le sport et son message. Paris 2024 veut œuvrer au développement d'une société plus solidaire, plus durable, plus inclusive et qui s'engage pour les générations suivantes. Cette candidature est en réalité un message de la France au monde : un message humaniste qui veut rassembler et inspirer tous les Français. Pour la première fois les enjeux sociaux sont au cœur d'une candidature. Ces thèmes sont similaires aux objectifs d’EPIC, il me tenait donc à cœur de présider ce comité « Sport et Société ». 

 

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