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Montblanc, le stylo du pouvoir


Publié le 08/06/2015

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Chaque mois, Jean Watin-Augouard et Franck Jaén nous racontent une légende de marques. Aujourd’hui Montblanc, qui associe son nom à la culture de l’écriture depuis sa naissance il y a 109 ans.

 

Les banquiers de Wall Street l’appellent « the power pen » (le stylo du pouvoir). C’est en 1906 que débute son histoire. Deux entrepreneurs allemands, August Eberstein, ingénieur, et Alfred Nehemias, banquier, rentrent à Hambourg d’un voyage effectué aux Etats-Unis, où ils ont découvert le premier stylo plume jamais inventé. Doté de son propre réservoir, il n’oblige plus son utilisateur à faire usage d’un flacon d’encre. Claus-Johannes Voss, négociant en papeterie, avec lequel les deux hommes d’affaires conçoivent des projets de business, est sûr du potentiel de cet instrument d’écriture. Ils décident de mettre en commun leurs compétences et leurs ressources financières. Leur volonté : commercialiser un stylo plume facile à utiliser, avec une exigence de qualité. Deux ans de développement dans leur manufacture d’Hambourg sont nécessaires pour produire Le Rouge et Le Noir, « le stylo plume qui ne fait pas de taches ». Convaincus que ce stylo plume peut être encore amélioré, les trois associés lui apportent un certain nombre de modifications techniques et le redessinent. En 1910, un nouveau stylo arrive sur le marché. Il a pour nom « Montblanc », et sur son capuchon, une étoile blanche rappelle le sommet enneigé du massif alpin et ses six vallées glacées.

 

 

 

La pièce de maître

 

En résine noire et cerclé de petits anneaux plaqués en or, le Meisterstück, la « pièce de maître » ou « chef-d’œuvre », inspiré du mouvement Art déco, voit le jour en 1924. Le design du stylo emblématique est modifié en 1934 et restera quasiment inchangé à ce jour, seul le canal qui permet d’alimenter l’encre a été amélioré, il y a onze ans. En 1983, la collection se pare de métaux précieux – or massif, argent massif et vermeil –, le Meisterstück Solitaire entre dans la légende. Autre caractéristique de ce stylo façonné à la main, le nombre 4 810 gravé depuis 1929 sur chacune des plumes en or. 4 810, c’est la hauteur estimée, au début du siècle dernier, du toit de l’Europe. 4 810, c’est aussi le nombre de diamants incrustés dans le Meisterstück Solitaire Royal, dont la valeur approche les 125 000 dollars.

 

 

 

 

Instrument d’écriture au design intemporel, le Meisterstück, devenu objet d’art, est consacré au MOMA, le musée d’Art moderne de New- York, où il s’expose désormais.

 

 

L’« Art d’Écrire »

 

Depuis ses origines, Montblanc associe son nom à la culture de l’écriture. Le langage et son expression écrite, fondements de toute civilisation, restent des moyens incontournables pour conserver la trace d’une expérience unique, d’une découverte majeure, ou consigner simplement les grands moments d’une vie, avant de pouvoir les transmettre. « Montblanc, l’Art d’Écrire », la signature publicitaire atteste en 1986 des liens culturels de la marque qui, depuis les années 1930, a initié de nombreux partenariats internationaux dans les domaines de la littérature, de la danse classique et de la musique. Créée en 1992, la fondation d’entreprise Montblanc pour la culture soutient et récompense par un « prix Montblanc des Arts et de la Culture » les mécènes des temps modernes à travers douze pays. Lauréat 2015, Laurent Dumas, président du groupe immobilier Emerige, collectionneur et mécène engagé, se voit récompensé pour son implication auprès d’une génération émergente d’artistes contemporains.

 

 

 

 

Engagée également auprès de l’UNICEF depuis 2004, pour mettre un terme à l’illettrisme et faire la promotion de l’écriture en la rendant accessible au plus grand nombre, la marque de luxe ne s’éloigne pas des réalités de son temps.

 

 

 

 

Aujourd’hui, Montblanc appose son nom sur des montres, des bijoux, de la maroquinerie, des stylos, quatre piliers sur lesquels s’appuie la marque pour signer en 2011, un parfum : Legend, la fragrance pour homme. Les produits à l’étoile blanche se multiplient, lentement, car la marque a pris son temps pour se diversifier. Est-ce le secret de sa réussite ?

 

 

 

 

Maîtriser le temps

 

La plume de votre Meisterstück ne glisse plus sur le papier comme au premier jour, l’écoulement de l’encre a perdu de sa fluidité, votre stylo tombe et se casse, Montblanc est capable de réparer, de changer la plume, de refaire entièrement votre instrument d’écriture, même s’il a trente ou quarante ans. Cette garantie de pérennité est une promesse de la marque faite en 1935 à ses clients touchés par l’inflation et donc peu enclins à dépenser leur argent. Depuis, avec cette garantie à vie du Meisterstück, Montblanc témoigne de son engagement envers les possesseurs de ses instruments d’écriture. Un acte fort, signifiant qu’elle est totalement convaincue de la qualité parfaite de ses articles. Une excellence que l’on ne peut atteindre qu’avec le temps, il en faut pour créer des pièces uniques et intemporelles. Pas moins d’une centaine d’étapes successives sont indispensables à la fabrication d’une plume.

 

 

 

 

Quatre semaines sont nécessaires pour démonter avec méticulosité chaque pièce d’une montre, sans endommager sa parfaite mécanique. Tout comme le Meisterstück qui se lègue d’une génération à l’autre dans une même famille, les gestes minutieux se transmettent, chez Montblanc, de génération en génération d’artisans passionnés. Dans une période en pleine mutation qui nous soumet à un rythme toujours plus effréné, Montblanc veille à offrir à ses clients des produits conçus pour leur faire vivre l’expérience du plaisir des sens et du temps retrouvé. Devenir maître de son temps et pouvoir alors se consacrer à ceux qu’on aime, n’est-ce pas le seul véritable luxe que l’existence puisse nous offrir ?

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