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Le féminisme étudiant s'expose dans les rues


Publié le 08/03/2020

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À l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, les étudiants de l’ECV réalisent une campagne d’affichage sur l’Égalité Femmes-Hommes en partenariat avec la ville de Fleury-Mérogis et l’Atelier Corbin. 

 

  

Ce dimanche 8 mars 2020 était célébré à travers le monde la Journée Internationale des Droits des Femmes. Une commémoration qui porte les stigmates d’une lutte ancestrale -la première tentative remontant au 28 février 1909- mais également l’espoir -candide ?- de jours meilleurs. En témoignent la foule de dispositifs mis en place tout le week end pour des participant.e.s heureu.ses.x de ne pas voir cette journée être vidée de son sens. Le spectre marketing n’est jamais bien loin. Comme évoqué samedi dernier, The Family accueillait par exemple dans ses locaux un important rassemblement dédié à nos jeunes pousses sur les thématiques de l’éducation à l’ère numérique et de l’égalité des sexes dédiés. À l’initiative des ateliers She Can Code et Panpan Média, l’évènement permettait de déconstruire certains stéréotypes de genre dès le plus jeune âge, avant que ceux-ci viennent polluer nos marmots. De son coté, l’association Toutes en Moto -une association théâtrale de toute évidence- investissait le Quai Branly avec un village d’animations comprenant des foodtrucks, une tombola, des concerts et même un quizz géant sur l’univers des 2 roues. La Conciergerie organisait quant à elle une exposition et un cycle de conférences mettant à l’honneur les femmes fortes de notre histoire, intitulé les « Femmes en révolution » et à découvrir jusqu’au 3 avril 2020. Enfin, la journée de samedi se clôturait pour les plus valeureu.ses.x par une soirée organisée au Centquatre avec la projection du film « Haut les filles ! » de François Armanet, un karaoké 100% féminin orchestrée par Aline Afanoukoé, et un dj set pour vous laisser sur les rotules.

 

Mais comme trop souvent, après la soirée alcoolisée survient la gueule de bois dominicale. Et c’est avec un certain dégoût que nous avons découvert les images des militantes maltraitées par les forces de police lors de la « marche féministe » organisée samedi soir à Paris. Plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées place de la République, aux slogans de « la fête est finie, les féministes sont de sortie », « la honte », hommage au départ d'Adèle Haenel de la cérémonie des césars, ou encore « on se lève et on se soulève », allusion au texte de Virginie Despentes paru dans Libération. Des cris de ralliements auxquels ont succédés les coups et les gaz lacrymo des CRS. Certains d’entre eux ayant été capturés par les téléphones portables de passants médusés en train de pousser -et c’est un euphémisme- des militantes dans les escaliers d’une bouche de métro. Une phrase prononcé par l’un des CRS et entendu par une manifestante finira par dégouter les quelques internautes encore complaisant avec la police : « «Qu'est-ce qu'elles ont, elles ont toutes leurs règles ce soir ?». Le combat est loin d’être gagné.

 

 

 

 

 

La parole à la jeunesse 

 

À l’occasion de cette nécessaire commémoration, et dans le cadre des engagements pris par la ville de Fleury-Mérogis pour les droits et l’égalité des femmes face aux hommes, les étudiants de l’ECV Paris présentent du 5 au 27 mars une exposition de rue intitulée « Femmes, la moitié de tout ! ». 27 travaux des étudiants en 3e année de Bachelor Design de l’ECV sont installés tout au long de cette période au cœur même de la ville -sur les panneaux d’affichages, les abri-bus, les accueils publics de la Ville de Fleury-Merogis ainsi qu’au Centre culturel André-Malraux- et dévoilent leurs visions du droit des femmes à être la moitié de tout et à être la moitié représentative quand les grandes décisions doivent se prendre. Organisée par la ville de Fleury et sous la Direction Artistique d’Arnaud Corbin, graphiste et enseignant sur le campus parisien de l’école, cette nouvelle campagne a pour objectif d’ouvrir le débat et d’interpeller les habitants de la ville sur les questions de la place de la femme dans la société, dans l’espace public et sur les situations discriminatoires, d’insécurité et de harcèlements qu’elles subissent au quotidien. 

 

 

 

 

Elle sera complétée par 6 visuels réalisés par les élèves de la Réussite éducative qui apporte un soutien global aux familles en poursuivant un double objectif : accompagner individuellement les enfants de 2 à 16 ans pour favoriser leur épanouissement et lutter contre le décrochage scolaire ; soutenir et renforcer le rôle des parents. L’inauguration de ce temps fort de la Ville a eu lieu le 7 mars à 18h00 à la Salle André Malraux. Des gifs animés ont également été créés par les étudiants et une série de magnets sera également mise à disposition des habitants. Le vernissage a regroupé les 33 affiches et proposé plusieurs animations en lien avec cette exposition dont la présence du groupe Muzikadanc à 19h et un spectacle « Au Chœur des femmes » à 20h30 présenté par la compagnie Sans Lézard. Pour découvrir l’exposition dans son intégralité, c’est par ici.

 

  

La fête est finie

 

Rien ne sert de se voiler la face : nous sommes encore loin d’une société où cette phrase prononcée par un CRS lors de la manifestation, et que nous vous rapportions en début d’article, sera enfin jugé comme un vestige d’une époque révolue. Et ce n’est pas en laissant la dimension marketing envahir les futurs éditions de cette Journée des Droits des Femmes que l’on y arrivera. Dans la pratique, par flemme, ignorance ou mauvaise volonté, beaucoup parlent de « journée des femmes », voire de « fête de la femme ». Avec, dans son sillage, les sempiternelles opérations marketing de type « un kir royal offert pour Madame » ou « un vernis à ongles acheté, le deuxième gratuit ». Mais comme le déclarait le secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes sur Twitter en 2018 : « le 8 mars, ce n’est pas un jour en l’honneur des femmes, un hommage à la beauté des femmes, [...] c’est une journée pour rappeler le chemin qu’il reste à parcourir » en matière d’égalité entre les sexes. Comme le soulignaient à l’époque plusieurs comptes féministes sur Twitter sous les hashtags #PasDeFleurs et #8mars : « On ne veut pas des cadeaux, mais des droits effectifs et des salaires égaux ! » ; « Gardez vos bouquets et arrêtez de nous violer » ; « J’veux pas de lingerie, j’veux du sexe consenti ». Dommage que certain.e.s ne comprennent toujours pas l'évidence de ces messages..

 


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